PEA.U
Les plumes paraissent avoir les propriétés que l’on remarque dans les cheveux; cependant on n’a pu, par une ébullition prolongée, observer aucunes traces de gélatine.
La soie est une production due «à plusieurs espèces de chenilles , particulièrement le phalena atlas et le phalcna bombyx : elle est en fils déliés blancs , jaunes ou rougeâtres : ces fils sont recouverts d’un vernis auquel la soie doit son élasticité ; outre le vernis , la soie contient une substance résineuse, de la cire, etc. , etc. On n’a que très imparfaitement examiné les propriétés de la soie elle-même.
De la Peau.
Le système organique des animaux est recouvert d une enveloppe plus ou moins épaisse , qui a pour objet principal üe le garantir de l’action des agens extérieurs* Cette enveloppe constitue la peau : revêtue de poils chez les quadrupèdes, de plumes chez les oiseaux , elle est en général nue , douce et flexible chez 1 homme. La prévoyance de la nature se remarque dans les moindres détails : la longueur et la finesse des poils se proportionne pour ainsi dire à l’âpreté des climats et à la destination de l’animal; les bêtes incapables de se garantir des rigueurs du froid sont revêtues aune fourrure épaisse ; chez l’homme, au contraire, la peau des organes essentiels seulement se recouvre d un poil léger. La tête de l’enfant se garnit de cheveux ; peu après sa naissance , et si l’enfant parvient «à l’âge viril , les parties génitales , la poitrine présentent le même phénomène.
La peau se compose en général de trois "parties : i ° V épiderme, ou couche extérieure, est mince, blanche, élastque, et paraît être une modification particulière d’albumine coagulée; il est insoluble dans l’eau bouillante et dans l’alcool : les acides les plus forts l’attaquent à peine , la potasse et la soude le dissolvent ;
:i94 COLLES FORTES.
2° le tissu réticulaire , situé immédiatement au-dessous : la nature de ce tissu est peu connue ; on sait seulement que la couleur noire des nègres est due à une substance colorante particulière qui existe dans le tissu réticulaire : cette substance jaunit par Faction du chlore. Le docteur Beddoes fit plonger les doigts d’un nègre dans une eau imprégnée de chlore : la couleur noire disparut, et se rétablit ensuite dans l’espace de quelques jours ; 3° 1 e derme , ou vraie peau, est une membrane sous-jacente, dense, épaisse et composée de fibres entrelacées, ayant la texture d’un leutre. Le derme soumis quelque temps à l’action de l’eau en pleine ébullition se transforme en gélatine , se dissout complètement, et forme une liqueur visqueuse, qui par évaporation constitue la colle-forte : la vraie peau serait donc de la gélatine dans un état particulier.
La peau sert à faire les diverses colles- forte s j combinée avec un principe astringent par l’opération appélée tannage , elle constitue le cuir : de là résultent deux fabrications importantes que nous examinerons avec quelques détails.
Des Colles-fortes.
La colle-forte est une substance cornée , demi-transparente , plus ou moins colorée, que l’on obtient en traitant les rognures de peau , les vieux parchemins , les sabots et autres débris animaux. On procède de la manière suivante : les matières sont d’abord lavées avec une eau de chaux destinée à les débarrasser des graisses et autres impuretés qu’elles peuvent contenir ; elles sont ensuite lavées à grande eau, autant que possible dans l’eau courante , puis on les met dans une chaudière où on les soumet à une ébullition prolongée ; quelques personnes prétendent que l’on ne doit pas faire bouillir. On écume avec soin ; lorsque la dissolution est opérée, on fait passer le liquide à travers des mannes d’osier ou de la paille, la colle filtre et arrive
TANNAGE. 3y5
dans une cuve placée au-dessous ; on remet sur le feu et on concentre au degré convenable. La colle est alors versée dans des moules de bois découverts où elle refroidit en prenant la forme d’une plaque , on la coupe ensuite en morceaux ou tablettes , on achève de la faire sécher puis on l’enfile avec, des ficelles et on la livre au commerce.
Pour se servir de cette colle il faut la briser et la mettre tremper dans de l’eau froide pendant vingtquatre heures ; lorsqu’elle est suffisamment ramollie, on la fait fondre sur le feu et mieux au bain-marie, elle forme une solution visqueuse que l’on applique avec un pinceau sur les deux pièces que l’on veut attacher l’une à l’autre ; la colle en refroidissant sèche, et fait adhérer les morceaux entre eux.
La colle à bouche dont on se sert dans la plupart des arts graphiques est un composé de parties égales de belle colle-forte et de sucre, aromatisé quelquefois avec une huile volatile agréable.
La colle de poisson s’extrait de certaines parties des entrailles de plusieurs poissons et surtout de l’esturgeon ; la plus estimée est celle que l’on tire de Russie; elle est sous plusieurs rapports préférable cà la coîleforte , aussi a-t-on cherché à la remplacer par la colle ou gélatine des os.
Du ^jnnage.
Cette opération est basée sur l’affinité qu’ont les parties gélatineuses de la peau pour le tannin , qui est un principe astringent de l’écorce de chêne et d’autres substances végétales. Le composé qui résulte de la combinaison de ces deux substances est le cuir.
Il est bien prouvé que si l’on ne fait pas sécher promptement les peaux, elles se putréfient et ne sont par conséquent propres «à aucun usage ; mais alors même que la dessiccation a lieu, qu’elle e.-! rapide et complète, les peaux ne peuvent servir h fabriquer des souliers et une foule d’autres objets : elles absorbent