TANNAGE
l’humidité et se détruisent très vite par ie frottement. C’est pour remédier aces deux inconvéniens qu’on leur fait subir des manipulations qui les rendent capables de résister à la putréfaction , moins perméables à l’eau, plus fermes à la fois et plus flexibles, de manière qu’elles peuvent être travaillées avec plus de facilité et qu’elles s’usent moins promptement.
L’art du tanneur comprend plusieurs parties : les unes sont de simples opérations mécaniques, les autres de véritables combinaisons chimiques ; nous indiquerons les premières, nous insisterons davantage sur les secondes.
La première chose à faire sur les peaux fraîches est de les écorner , d’enlever les corps étrangers qui v adhèrent , et de les laver à la rivière.
La seconde opération a pour objet d’enlever le poil qui couvre la peau; ce poil est insoluble dans l’eau , et pour le séparer il faut d’abord diminuer son adhésion à la peau, soit par l’emploi des alcalis ou acides, soit par un commencement de putréfaction. Si l’on préfère les alcalis , c’est la chaux qu’on emploie ; à cet effet, on introduit les peaux dans une fosse où se trouve de la chaux vive , on verse de l’eau de manière à former un lait de chaux dans lequel trempent les peaux ; les fosses sont de trois espèces , suivant la force du lait de chaux; on les plonge d’abord dans le mélange le moins fort , puis successivement dans les fosses suivantes-; le temps qu’elles y restent varie avec leur nature, la température , la force de la liqueur alcaline.
On peut aussi dépiler les peaux en les plongeant dans une liqueur acide que l’on prépare en faisant aigrir par de la levure un mélange de farine d’orge et d’eau tiède. D’autres tanneurs emploient de l’eau aiguisée par de l’acide sulfurique : ce procédé se répand et paraît devoir être avant peu le plus généralement suivi.
Quelle que soit la manière d’exécuter cette opération , elle a pour but de gonfler les peaux , de