‹ Chimie végétale et agricoleChapitre 10 sur 227 · V. — Equation de la plante · texte numérisé non relu

V. — Equation de la plante

Les données précédentes étant obtenues, pour chacune des parties de la plante, il suffît de multiplier ces données par le poids relatif de la partie végétale correspondante et de faire la somme des résultats, pour rapporter ceux-ci à la plante entière.

Si l'on veut établir l'équation totale de celle-ci, voici comment on procède.

Le poids total de chaque partie étant donné, on additionne :

i ^ Le poids des principes albuminoïdes ;

a** Le poids du carbonate de potasse. Celui-ci est regardé

24 LIVRE U — GIIAP. I. — 1"*® PARTIE.

comme équivalant à celui de Tazotate initial et des sels organiques à base de potasse : ce qui, en réalité, est une évaluation trop faible pour ces derniers ; mais on Ta adoptée, faute de mieux et comme première approximation. Il existe d'ailleurs H cet égard une certaine compensation, comme il va être dit.

3<* Le poids des cendres insolubles.

4<* Enfin le poids de l'extrait hydro-alcoolique. Ce poids est trop fort, à cause de la présence des sels de potasse solubles ; mais, le potassium se trouvant aussi contenu en partie dans la matière insoluble, il n'a pas été possible de séparer les deux ordres de sels qui le renferment, et Ton a admis provisoirement la compensation.

Le poids de l'extrait donne en définitive une certaine notion, au moins comparative, du poids des hydrates de carbone solubles ;

5"* La somme de ces diverses matières, retranchée du poids total de la matière végétale, fournit approximativement le poids du ligneux et des hydrates de carbone insolubles (i).

Nous ne nous dissimulons pas les imperfections de ce procédé de calcul ; mais il ne paraît pas possible, dans l'état présent de la science, d'en adopter un qui soit tout à fait rigoureux. Tel quel, ce procédé permet des comparaisons essentielles et que l'on ne saurait atteindre autrement.

On obtient ainsi, en définitive, une équation approximative de chaque partie du végétal et finalement une équation du végétal entier, et l'on peut comparer sensiblement la répartition des diverses matières dans chaque portion du végétal, aux diverses périodes de la végétation.

(i) Le poids du carbonate de potasse étant moindre que celui des sels de potasse initiaux, le poids du ligneux est accru de la différence ; mais, par contre, le poids de l'extrait devrait être diminué de celui des sels solubles, ce qui fait à peu près compensation.

En efîet, la composition immédiate de la plante et celle de ses diverses parties se trouvent rapportées aux composants suivants, dont le mode de détermination vient d'être défini :

Ligneux et composés organiques insolubles;

Extrait soluble dans Talcool aqueux, consistant principalement en hydrates de carbone ;

Principes albuminoïdes ;

Sels de potasse, représentés par le carbonate qui en dérive (i) ;

Matières fixes insolubles.

Les matières grasses étaient en proportion trop faible dans les plantes que nous avons étudiées, pour qu'il ait été nécessaire d en tenir compte. Dans les plantes riches en huile, il y aurait lieu à un dosage spécial.

Indiquons la signification physiologique de ces composants.

Les végétaux se composent, on le sait, de trois groupes fondamentaux de principes :

Les pnncipes ternait^es hydrocarbonés ^ formés principalement aux dépens de Tacide carbonique tiré de l'atmosphère et peut-être du sol, et aux dépens des éléments de Teau, empruntée à la fois au sol et à l'atmosphère ;

Les principes azotés, tirés surtout du sol et des engrais, et, pour une faible partie en général, de l'atmosphère; Enfin les maiiè7*es minérales, empruntées au sol et aux

engrais, et, pour une très faible part, aux poussières do

ralmosphèrc. Or les principes hydrocarbonés sont représentés dans nos

analyses par deux ordres de corps, savoir :

(i) Certaines plantes renferment réellement du carbonate, préexistant à côté de razotate.

Les principes ligneux et analogrues, insolubles, et dès lors fixés dans certains organes;

Et les matières solubles^ sucre, gomme, etc., qui constituent surtout Y extrait h ydro- alcoolique. Ces derniers corps, à Topposé des autres, circulent dans les tissus du végétal et ser\'ent d'intermédiaires aux phénomènes de nutrition.

Les principes azotés les plus importants sont les albuminoîdes^ fondements du protoplasme. Dans nos analyses ils ont été séparés sous forme insoluble (emploi de lalcool aqueux et de la chaleur) et dosés à part. On sait qu'ils jouent un rôle capital dans les phénomènes de reproduction et dans la formation des jeunes tissus.

Enfin les matières minérales sont dosées sous deux formes :

Sous la forme de sels solubles, qui circulent dans les tissus, sels de po^a^^e,- principalement représentés par le carbonate (après calcination) ;

Et substances insolubles^ silice, sels de chaux, de magnésie, etc., localisées dans certains organes.

Le poids réuni des sels de potasse et des sels de chaux et de magnésie est proportionnel à celui des acides organiques, dans les plantes, telles que la Bourrache, qui ne contiennent pas d'acides libres. Les acides organiques étant produits le plus souvent par des phénomènes d'oxydation, ceux-ci sont mesurés, jusqu'à un certain point, dans les cas de ce genre, par le poids des bases contenues dans la plante; quoique cette évaluation n'offre pas une signification tout à fait rigoureuse.

Ces développements précisent le sens de nos analyses et montrent comment elles peuvent éclairer l'évolution de la vie végétale.

MÉTHODES d'analyse. 27

Pour compléter ces renseignements, nous allons donner deux exemples numériques :

L'un comprend toutes les données brutes d'une analyse ;

L'autre les données d'une autre analyse, réduites par le calcul en vue des comparaisons.

Envoi du 27 juin i883.

Page 1