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CHIMIQUES

J'ai montré, dans le chapitre premier du présent livre, quelle distinction fondamentale on doit faire entre les réactions photochimiques endothermiques, par lesquelles l'énergie lumineuse est transformée en énergie chimique, et les réactions exothermiques, dans lesquelles Ténergie lumineuse joue simplement le rôle de déterminant auxiliaire ; le travail principal étant accompli par des énergies purement chimiques. Je citerai notamment l'union du chlore et de l'hydrogène, et les oxydations diverses (acide oxalique, sels ferreux, effets de la réduction des sels d'argent et congénères, etc.)? oxydations prises à tort par divers auteurs comme mesure des énergies lumineuses. C'est de cette mesure que je me propose de m'occuper dans le présent chapitre.

On est tout d'abord obligé d'écarter, en principe, de la présente recherche les exemples aujourd'hui innombrables des réactions chimiques employées en photographie avec le concours des matières organiques, et souvent aussi en présence de Toxygène de l'air; ces réactions étant presque toutes exothermiques, c'est-à-dire les énergies mises en jeu étant dordrc purement chimique. Il en est de même des actions que la lumière détermine par oxydation et avec formation d'acide carbonique, dans le cours de la vie des végétaux.

11 est dès lors capital de définir et de découvrir une méthode rigoureuse, fondée sur une réaction endothermique accomplie par les énergies lumineuses, et qui permette de mesurer celles-ci et de déterminer rigoureusement le contingent qu'elles apportent incessamment, tant à la vie des êtres organisés qu'à la somme des énergies immanentes du globe terrestre.

Tel est le point de vue qui a dirigé les recherches que je vais exposer sur une série de réactions endothermiques, les unes nouvelles, les autres déjà signalées, mais non définies au point de vue qui nous occupe. J'ai examiné spécialement:

La décomposition de l'acide azotique pur par la lumière solaire, laquelle est endothermique et me parait fournir les éléments d'une première solution du problème général posé dans les lignes précédentes;

La décomposition endothermique de l'acide iodique pur;

La décomposition de l'acide iodhydrique, dont le signe thermique est incertain ;

Les réactions de l'oxygène sur l'iode et sur les hydracides, ainsi que les actions réciproques.

La décomposition endothermique de l'oxyde de mercure, etc.

J'ai fait également quelques observations sur la réduction bien connue du chlorure d'argent.

11 eût été très intéressant de pouvoir définir ces réactions capitales en physiologie, en vertu desquelles s'accomplit la réduction de l'acide carbonique avec dégagement d'oxygène libre, sous l'influence de la matière verte des végétaux. Mais cette réduction, objet de tant de recherches de ta part des botanistes, ne donne pas lieu à des réactions chimiques qui soient connues jusqu'ici avec précision et susceptibles

dès lors de fournir une base certaine au calcul de l'énergie emmagasinée.

Toutes mes expériences ont été exécutées à la température ordinaire, sous cette triple condition : lumière solaire directe, lumière diffuse, obscurité. Dans un certain nombre, j'ai cherché à distinguer les effets des diverses radiations, en absorbant quelques-unes d'entre elles par des milieux liquides, tels que l'eau, la benzine, les solutions aqueuses de bichromate de potasse, de sulfate de cuivre ammoniacal, les dissolutions d'iode dans Tiodure de potassium et dans le chloroforme. Les actions ont dû être prolongées pendant plusieurs mois, pour fournir des résultats mesurables.

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