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II. — Décomposition de r acide iodigue

On sait que l'acide iodique pur et cristallisé, tant à l'état d'anhydre, P0^ qu'à l'état d'acide normal, I O^H, se conserve sans altération à la lumière diffuse et à la température ordinaire. J'ai trouvé que l'un et l'autre sont, au contraire, lentement décomposés, à la température ordinaire, par la lumière solaire directe ; ce qui montre que l'action chimique exercée sur eux commence seulement à partir d'une certaine intensité lumineuse ; précisément comme la décomposition du sulfure de carbone par la lumière dans mes essais précédents

L'altération de l'acide iodique cristallisé a lieu aussi bien dans un tube vide^ que dans un tube plein d'air. J'opérais sur quelques décigrammes. Au bout de vingt jours (mai et juin 1898), l'iode apparaît et commence à teinter l'acide blanc et pulvérulent. La décomposition continue, avec le temps et l'action solaire, jusqu'à rendre violette toute l'atmosphère du tube. En même temps, j'ai constaté la production de petites doses d'oxygène, représentant en un mois un centième environ décomposé de la matière initiale.

Cependant, au bout d'un mois, la décomposition était encore très faible ; comme si elle avait été arrêtée en raison

de l'absorption des radiations efficaces par la vapeur d'iode, et sans doute aussi par la condensation d'une mince couche d'iode solide, à la surface de l'acide iodique inaltéré.

Cette décomposition résulte probablement d'une séparation pure et simple des éléments.

Cal.

PO^ solide = 05 + 12 gaz —01,6

» -f- 12 solide — 48,0

De même pour l'acide normal

Cal.

2 103 H solide = 0» + H* liquide + 12 solide — 4 1 ,«

») -fP gaz — 55/i

Ces réactions sont exothermiques, avec des valeurs absolues considérables.

Je rappellerai ici que l'iode ne se combine pas directement à l'oxygène ordinaire, sous l'influence d'une élévation de température, d'après mes expériences (i), même en opérant en vase clos et au bout d'un temps considérable. C'est l'un des exemples les plus nets des réactions exothermiques qu'une simple élévation de température n'effectue pas (a). J'y reviendrai tout à l'heure.

La combinaison a lieu, au contraire, sous l'influence de l'ozone, ou l'effluve électrique.

On peut se demander si, dans la décomposition de l'acide iodique par la lumière, une portion de l'iode ne demeurerait pas à l'état d'acide périodique. Mais cette hypothèse ne saurait s'appliquer à la totalité, puisque j'ai constaté la mise ^n liberté de l'oxygène dans la réaction. En tout cas, les données manquent pour évaluer exactement la chaleur mise en jeu dans une semblable transformation de l'acide iodique en acide périodique solide, anhydre ou normal. A

(i) Annales de Chimie et de Physique^ ô® série, t. Xll, p. 3i5. (2) Essai de Mécanique chimique^ t. II, p. 11, 23, etc.

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letat dissous d'ailleurs, la réaction serait endo thermique,

contrairement à ce qui arrive pour les chlorates changés en perchlorates :

7^05 dissous = 512 07 dissous + 1» solide absorberaient. — i34Cai,3

soit — i7^*',2 pour PO*^. Il est probable qu'il en est de même pour les acides anhydres. Mais cette réaction ne dég-agerait pas d'oxygène, contrairement à ce que j'ai observé.

Quoi qu'il en soit, la décomposition de l'acide iodique par la lumière ne saurait être prise pour mesure de l'énergie photochimique, en raison de l'état solide de cet acide, qui ne permet pas à la réaction de se propager au delà de sa surface ; surtout lorsque cette surface est recouverte d'iode condensé.

La formule de l'acide iodique est, on le sait, comparable à celle de l'acide azotique; la formation de l'anhydride azotique cristallisé par les éléments étant pareillement exothermique

Cal.

Az2 4.05 = Az2 0îi crist 4- ii,9

P gaz -4- 0£i = 12 05 crist + 6i ,6

Or on vient de voir que cette comparaison se poursuit entre les réactions photochimiques : les deux anhydrides, aussi bien que leurs hydrates normaux, Az 0^ H et 1 0^ H, sont décomposés par la lumière solaire. Leurs décompositions se distinguent, parce que l'acide iodique reproduit ses éléments, iode et oxygène ; tandis que l'acide azotique ne fournit pas d'azote libre, mais du peroxyde d'azote, un cinquième seulement de son oxygène devenant libre.

Au contraire, les dissolutions étendues de l'acide iodique, pas plus que celles de l'acide azotique, n'ont été décomposées à froid, en un mois, par la lumière solaire, dans les conditions où j'opérais.

Ajoutons enfin, comme pour Tacide azotique pur, que la lumière décompose l'acide iodique pur à la température ordinaire, suivant le même procédé que la chaleur le fait à une température plus élevée, vers 3oo°.

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