Décomposition de V acide iodhydrique
La décomposition du gaz iodhydrique, sous l'influence de la chaleur et sous l'influence de la lumière, a été l'objet d'études approfondies de la part de M. Hautefeuille, et surtout de M. Lemoine, qui a publié sur cette question un grand et très important travail.
Le caractère thermique véritable de cette réaction, rapportée à l'état gazeux, est à la limite des phénomènes exothermiques et endothermiques et laisse dès lors quelque incertitude. J'avais admis autrefois que l'union de l'iode gazeux et de l'hydrogène gazeux, à la température ordinaire, absorberait — o^'',8. Toutefois, en rectifiant mes calculs d'après les données les plus exactes, j'ai été conduit à admettre en dernier lieu que la combinaison dégage, au contraire, une petite quantité de chaleur (i), soit
H + I gaz = Hl gaz -f oC»i,/,
Dès lors, la décomposition inverse absorberait — o^"\4.
Si l'iode se sépare à l'état solide, elle devient au contraire exothermique : -|- 6^"', 4.
Mais, dans cette condition, le travail purement physique de la condensation de la vapeur d'iode ajoute ses effets aux travaux chimiques qui séparent l'iode de l'hydrogène. En outre, l'iode solide s'élimine presque entièrement du champ
(i) Thbrmochimie, Données et lois numériques, t. 11; p. i/|.
Berthelot. — Chimie vég. et agr. 11. — 27
de laction chimique, exercée entre cet élément et l'hydrogène. Dès lors cette action a lieu suivant deux conditions ditlérentes : suivant qu'elle se développe dans la totalité de l'espace occupé par l'hydrog'ène, opposé à la vapeur d'iode à faible tension, et par conséquent à faible masse relative; ou bien à la surface de séparation de l'iode solide, là où la masse relative de l'iode est de beaucoup supérieure à celle de l'hydrog-ène. Ces conditions sont peu favorables à la mesure des énergies susceptibles de déterminer la séparation de l'iode et de l'hydrogène sous l'influence de la lumière.
Une telle séparation a eu lieu, en effet, comme on le savait déjà, et je l'ai reproduite dans les expériences suivantes, qui définissent les débuts et le terme de la réaction.
1. Tube de verre blanc, épsds de o"*'°,5, rempli de gaz iodhydrique. Capacité : 3o centimètres cubes. Conservé dans l'obscurité. Au bout de cinquante jours, action nulle; gaz incolore. L'eau l'absorbe ensuite entièrement.
2. Tube semblable. Capacité : 'z'i centimètres cubes. Lumière diffuse. On opérait sur une table, où aucun rayon solaire direct ne pouvait arriver. Durée : la mars-a juin 1898. Commencement d'une décomposition qui a eu lieu progressivemont; pas d'iode libre apparent, mais un enduit intérieur brun jaunâtre, constitué par du periodure d'hydrogène