‹ Chimie végétale et agricoleChapitre 40 sur 227 · septembre i883. Plante en bon état ; fructification · texte numérisé non relu

septembre i883. Plante en bon état ; fructification

Poids absolus. relatifs.

Ligneux et hydrates de carbone inso- i s^-

lubles,etc ) ^^''^ ^^'^

Hydrates de carbone solubles, ex- ^

trait,etc ) ^'''^ ''''

Principes albuminoïdes 2,80 5,6

Sels solubles représentés par le carbo- ) .. ç ^

nate de potasse 1 *^ *"*

Matières fixes insolubles 5,93 1 1 ,8

Plante totale 5o,3i 100,0

8. 7 septembre i883. Plante séchée sur pied, répondant à un degré d'évolution plus avancé :

Poids absolus. relatifs.

Ligneux et hydrates de carbone inso- 1 s^-

lubies, etc i ='°'^''° '^'^

Hydrates de carbone insolubles, ex- i 0-0 n

trait,etc \ '-^^^ "'<'

Principes albuminoïdes i,6i5 4)9

Sels solubles représentés par le carbo- j ^ o ,,

nate de potasse ) ''

Matières fixes insolubles 2,877 8,4

Plante totale 34)02 100,0

Les huit échantillons précédents se rapportent à la plante i^ormale ; les trois suivants ont été examinés dans des concilions spéciales, destinées à écarter rinfluencc de la tloï'aison.

9. 22 juin. Pied vigoureux, mais sans inflorescence sensible ^végétation retardée) :

72 • LIVRE I. — CHAP. I. :^ PARTIK.

Lioneux et hydrates de carbone inso- i j*",,

lnUe,,etc { *'**^ ^'

Hydrates de carbone soiobles, ex- $ . ,

trait, ete » •'•^'■' *"''

PriD4^pes albominoïdes ^t'io ^*^À

Sels soiobles représentés par le carbo- > f.

Date de potasse ) '"'° ^''

Matines fixes insoiubtes i,56*> 7,7

Plante totale 3o,654> eoo,o

10. Red à inflorescences rejetées au moment de Fanalyse. "îojuin :

Poids alMolos. ndatUii.

Ligneux, etc 10,34 ^9,7

Hydrates de carbone soiobles, etc 4,06 a3,7

Principes albnminoîdes 0,8 1 4*7

Sels solables, etc i,33 7,3

Matières fixes insoloblea 0,78 4»^

Plante totale 17,13 100,0

11. Pi^îd dont les inflorescences ont été détruites systématiquement, au fur et à mesure, pendant deux mois et demi de végétation. 7 septembre :

Poidi

absolus. relatif».

Ligneux, etc 33,37 ^>4

Hydrates de carbone solubles, etc 6,78 14,4

Principes albuminoides 1,^9 3,3

Sels solubles, etc a,^io 5,i

Plante totale 47fi6 100,0

p]x[)oson8 les conclusions que Ton peuttirerdeces données, on |)a8.sant en revue les divers matériaux de la plante.

Commençons par les principes hydrocarbonés, qui définissent s|)écialcmont la fraction du carbone.

Ligneux et hydrates de carbone insolubles. — Les chiffres

observes montrent d abord que les poids absolus du ligneux et des hydrates analogues dans la bourrache croissent, depuis l'origine de la plante jusqu'au terme de sa végétation, et cela dans une proportion énorme et supérieure à tous les autres principes : ce qui est conforme d ailleurs aux faits connus.

Le poids absolu des hydrates insolubles est stationnaire au début et pendant la germination :

Dans la graine (amidun compris) 0,0098

Dans la piantule (i) (36 avril) 0,0078

Ce i)oids s'élève ensuite dans la plante :

26 avril 0,007

ag mai 0,693

12 juin 0,989

7 septembre 39,73

Idem (autre pied) 3o,3o

La proportion relative du ligneux croît également, depuis la piantule jusqu'à la plante en fructification.

CoDtièroes.

36avril 43,6

ag^ai 4«»7

13 juin 4^,4

7 septembre 59,1

Idem (autre) 56,9

Dans lagrame, le chirtVe des hydrates de carbone insolubles est maximum, parce qu'il comprend la réserve d amidon destinée à la [)remière alimentation du végétal, avant que ce dernier ait ac({uis la vigueur nécessaire pour assimiler le carbone extérieur.

Examinons maintenant h part le rôle des inflorescences.

La proportion du ligneux est le plus grande dans une f)lante

(i; \\ faudrait ajouter le ligneux des enveloppes et autres parties do la graine» demeurées dans le sol.

l'i LIVRE I. — CHAP. I. — S** PARTIE.

privée pystéoialiquement d'inflorescence, pendant un certain temps.

En effet, le 22 juin, dans une plante vigoureuse sans inflorescence, le ligneux était à peu près le même que dans l^» plante commençant à fleurir :

43,1 au lieu de 46>3;

Mais, le 7 septembre, il s'élevait à 68,4 centièmes dans 1 plante privée d'inflorescences ; tandis que la plante qui avai* fructifié en contenait seulement 59, i centièmes.

Ceci s'explique en remarquant que, dans une plante privée d'inflorescences, tout le travail de la nutrition profite vl. l'accroissement des tissus ; la consommation due aux fonctions de reproduction étant supprimée.

Hydrates de carbone solubles et extrait, — Il convient de rapprocher des principes ligneux les matières extractives solubles dans lalcool aqueux, lesquelles sont formées pareillement, au moins en majeure partie dans les espèces que nous étudions ici, par des principes hydrocarbonés, sucres et autres. A la vérité, les corps sizotés y entrent aussi, mais pour une fraction minime et que nous négligerons, dans ce premier ordre de comparaisons approximatives. La proportion de l'extrait nous montre dès lors, conjointement à celle du ligneux, la marche de la fixation du carbone et des éléments de l'eau de^ns le végétal.

Les principes de l'extrait jouent un rôle essentiel dans le développement de la plante ; car leur association avec l'eau constitue les sucs qui circulent dans la masse des tissus et qui sont les intermédiaires des phénomènes de nutrition.

Les tableaux des pages précédentes montrent quel est l'accroissement graduel des matériaux solubles dans la plante.

Ils ont varié depuis le poids^ suivant :

Graine ... ofr^noo}

jusqu'aux poids que voici :

a6 avril o,oo34

ig mai 0,244

13 juin 0,448

Idem (autre) o,556

7 septembre 8,57

Idem (autre) 7,36

Ces variations sont aussi étendues, dans leur ordre, que celles des principes ligneux.

Cependant la proportion relative de ces deux genres de matériaux, qui comprennent les deux formes fondamentales des hydrates de carbone soiubles et insolubles, ne change pas beaucoup. En effet, dans la plante étudiée, à chacune des époques où l'analyse a été faite, le poids des principes soiubles est demeuré voisin du tiers du poids du ligneux ; sauf vers le début de la floraison, moment où un mouvement de nutrition et de transport plus actif répond à une proportion plus considérable de matériaux soiubles. Ceux-ci avaient alors un poids égal à la moitié environ de celui du ligneux.

Dans la plante privée d'inflorescences, au contraire, les j)rincipes hydrocarbonés insolubles tendent à prédominer; par suite, l'extrait, qui varie en sens inverse, tombe au plus bas, presque au cinquième du poids du ligneux (7 septembre).

Après avoir défini la formation, et la répartition des principes hydrocarbohés dans la planté, il convient de parler des principes azotés, lesquels contiennent d'ailleurs aussi du carbone et de l'hydrogène.

Principes alùuminoides, — Les tableaux relatifs à la composition générale de la plante montrent que ces principes sont stationnaires au moment de la germination.

Graine 0,0034

Plantule (26 avril) 0,00a J

ce qui est conforme aux observations de M. Boussingault. Puis ils s accroissent rapidement :

29 mai o,3o8

12 juin 0,309

Idem (autre plante) o,32 1

7 septembre 2,80

Idem (autre plante) i ,61 .')

jusqu'à atteindre mille fois leur poids initial.

On remarquera qu'aux débuts de la végétation ils se sont accrus plus vite que les hydrates de carbone solubles. En effet, le rapport entre le poids des hydrates et celui des albuminoides a varié d abord de la manière suivante :

26 avril 3 : 2

28 mai 4*5

La proportion centésimale de ces deux ordres de principes dans la plante totale étant :

26 avril 20,0 et 1 2,4

29 mai 17,'» et 21,7

Ceci répond à une formation initiale plus active et prépondérante du protoplasma, point de départ des formations ultérieures. Mais presque aussitôt les hydrates de carbone ont repris l'avantage, et cet avantage s'est accentué, depuis la floraison jusqu'à la fin de la fructification, suivant les rapports

suivants :

12 juin 3 : 2

7 septembre 4 • »

La proportion centésimale de ces deux ordres de principes étant respectivement :

12 juin 21,1 et i'i,7

Idem (autre) 23, 1 et i3,i

7 septembre 17,1 et ),<)

Idem (autre) 2 1 ,G et '1,9

Ces chiffres sont caractéristiques et propres à donner une idée de la faculté évolutive du végétal, aux diverses périodes de son existence ; faculté qui peut être regardée comme exprimée par la prépondérance croissante ou diminuante du poids du protoplasma, comparé à celui des hydrates de carbone exempts d'azote.

On comprend par là pourquoi le rapport des principes albuminoïdes au poids total du végétal ne varie pas beaucoup (14 à 21 centièmes), jusqu'à Tépoque de la floraison ; tandis qu'il diminue ensuite et se réduit à 5 centièmes environ, au moment de la fructification et de la mort du végétal. Ce résultat tient surtout à la formation prépondérante du ligneux et des hydrates de carbone.

Dans la plante privée d'inflorescences, la même cause détermine un écart plus grand encore ; les albuminoïdes se réduisant à la fin aux 3 centièmes du poids du végétal total. Leur poids absolu, I*^49, ne s'écarte pas assez de celui qu'ils présentent à la même époque dans le végétal en fructification (i»',6i5 et a8^'',8G,le 7 septembre), pour que l'on puisse affirmer qu'ils aient été détruits ; étant données surtout lés varialions individuelles du poids de chaque pied de végétal. Il faudrait la moyenne d'un grand nombre d'analyses pour décider ce point. Néanmoins il nous p£u*ait probable que les principes albuminoïdes, une fois formés, ne se détruisent pas notablement pendant la fructification.

En somme, la proportion relative des albuminoïdes varie en sens inverse de celle du ligneux. Elle décroît aussi, par rapport à celle des principes hydrocarbonés solubles; celle-ci varie au contraire à peine, pendant la végétation de la Bourrache.

Il ne nous reste plus qu'à examiner les variations des matières minérales, solubles et insolubles, et leur répartition, <^ans les diverses conditions de l'évolution végétale.

Sels iolubles, — Les sels organiques résultent de l^associnlion des acides organiques avec les bases minérales, et spéfrialement avec la potasse, bases tirées du sol et des engrais. (>s acides sont en général des produits d'oxydation, corrélatifs de la même fixation d oxygène qui engendre Tacide carbonique et les azotates.

Pendant Tincinération, les sels de potasse se changent en f-arbonale, sel soluble principal des cendres de la Bourrache. Nous avons regardé le poids de ce sel comme fournissant une mesure approchée de la dose des sels solubles de la plante.

Examinons comment ils varient et où ils se localisent.

D après les tableaux des pages précédentes, les sels de potasse croissent en poids absolu, en même temps que la plante, depuis un quart de milligramme (graine) jusqu'à 3 grammes environ.

Leur proportion relative varie peu, de la plan tule à la plante desséchée; car elle oscille entre 6 et lo centièmes dans le végétal. Si on Texaminc do plus près, on voit toutefois qu'elle est bien plus faible dans la graine (i,8 centième) que dans le végétal. Dans celui-ci, elle croit successivement pendant la vie :

a6 avril (3,i centièmes

39 mai 7,q

l'ijuin 9,6

Idem (autre) 1 3,/|

Le maximum se produit aux débuts de la floraison ; le poids relatif des sels solubles diminuant plus tard :

7 septembre (3,'| centièmes

Idem (autre) 8, a

ce qui s'explitjue [)ar l'accumulation des principes ligneux et insolubles dans la plante.

Le minimum observé (5, i centièmes) répond à la plante privée méthodiquement d'inflorescence, c'est-à-dire toujours à la prépondérance du ligneux (p. 74).

Matières minérales insolubles, — Ces matières, constatées après incinération, sont formées principalement de silice, de phosphate de chaux et de carbonate de chaux : les derniers sels représentent des sels organiques, tant solubles qu'insolubles, détruits par l'incinération.

Le poids absolu de ces matières va croissant dans la plante depuis o»',oooi 3 (graine) jusqu'à 3 grammes. Leur proportion relative est voisine, en général, de 10 centièmes à toute époque ; sauf un maximum dans la plantule.

Dans la graine et la plantule, lors de la végétation commençante, les corps fixes insolubles surpassent les sels alcalins solubles ; les proportions centésimales de ces deux ordres de principes, désignés, pour abréger, par les mots solubles et insolubles^ étant :

Solubles. insolubles.

Graine 1,8 et 9,5 centièmes

26 avril 6,1 et 17,6

39 mai 7,2 et 12,2

Au moment delà floraison, les proportions se renversent .

12 juin 9,6 et 8,4 centièmes

Idem (autre) 12,4 et 10,9

Mais l'accumulation générale des matières insolubles, à la fin de la vie végétale, produit un effet contraire.

7 septembre 6,4 et 1 1,8 centièmes

Idem (autre) 8,2 et 8,4

Il en est ainsi, aussi bien dans les plantes qui fructifient, telles que les précédentes, que dans le végétal privé systématiquement d'inflorescences, lequel a fourni :

7 septembre 5, i et 8,9 centièmes

Tels sont les faits obser\'és pendant la végétation de la Bourrache. Il est nécessaire d'examiner les autres espèces.

En effet, des études faites sur plusieurs espèces appartenant il des familles différentes, sont nécessaires pour bien préciser les problèmes et fournir les éléments convenables à leur solution. Nous avons présenté d'abord les analyses faites sur la Bourrache; mais nous avons étudié simultanément la marche annuelle de la végétation dans neuf autres plantes; nous allons donner les tableaux généraux qui résument ces analyses, et nous en comparerons les résultats avec ceux que nous avons obtenus pour la Bourrache.

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