I. — Bourrache {Borrago officinalis
i^ Ligneux.
Soit d'abord la répartition du ligneux et des hydrates de carbone insolubles congénères, entre les diverses parties de ia plante.
Voici les résultats observés, à partir de Tépoque où il a été possible d'analyser séparément ces parties.
LIVKE I. — CHAP. I. — 4* PARTIE,
BÉPARimON DBS PRINCIPES LIGNEUX
Végétation normale.
Fiu
Fin
delà
de la
végétation.
Débute
Pl^te
floraison.
Plante
VégéUUon
delà
un peu
Fructift-
aéch^o.
commençante.
floraison.
étiolée.
calion.
sur pie<j.
■-•g mai.
lajnin.
12 juin.
7 sept.
7 sept..
Feuilles o,438
Tiges o,i32
Racines 0,033
Inflorescences 0,0
Poids absolus du ligneux, gr
gr.
o,3io
Poids total du ligneux. .
Poids de la plante
Poids relatifs du ligneux {en centièmes).
Feuilles
Tiges
Racines
Inflorescences.
Ligneux dans la plante totale
Plantes sans inflorescences.
Fiante
à inflorescences non développées.
33 juin.
Plante à
inflorescences rejetées.
"iojuin.
Poids absolus du ligneux,
gr- Feuilles 3,3;
Tiges 'i,i5 >
Pétioles 1,06 S
Racines 0,66 ^
Radicelles 8,71 j
Poids total du ligneux 8,955
Poids de la plante 3o,65o
gr.
Plante
à infloresc.
éliminées
pendant
deux mois.
7 sept.
Plante
à Plante Plante
l.i iaflo- à ù inflore»c.
kl rescences iaflo- éliminées
non rescences pendant
développées. rejetées deux mois.
aa juin. 3ojuin. 7 sept.
Poids relatifs du ligneux (en centièmes).
Tiges 47,9 f
Pétioles 47,35 S ^9,î« /O,^
Racines 48,8 t ^ ro ^
Radicelles 56,8 ' S ^"'^ ^^'^
Ligneux dans la plante totale. 43, i 60,0 68/{
L'accroissement absolu du ligneux a lieu continuellement ^t dans toutes les parties, pendant le cours de la végétation. Il porte principalement sur la tige ; les feuilles viennent ensuite et la racine en dernier lieu.
Il atteint son maximum, pour la tige, dans les plantes privées d'inflorescence ; ce qui confirme la relation inverse signalée plus haut entre Taccroissement des tissus et la fonction de reproduction (p. 4!H et 63).
Aussi les poids relatifs, du ligneux vont-ils de même en croissant dans toutes les parties simultanément ; TaccroisseiTient étant plus marqué dans la tige et dans la racine que dans les feuilles. La tige et la racine (tige souterraine) ofl'rent sous ce rapport une grande analogie.
Tous ces faits montrent la transition entre révolution de la plante annuelle et la végétation de l'arbre proprement dite.
2° Hydrates de carbone solobles et extrait.
La proportion de l'extrait traduit, aussi bien que celle du ligneux, la marche de la fixation du carbone et des éléments de l'eau dans le végétal.
tl4 LIVflE I. — CHAP. I. — 4* PARTIE.
\<}ï<\ la répartition des hydrates de carbone solubles et de IVfxtrait, entre les diverses portions du végétal :
HÉPARTITIOX bES HYDRATES DB CARBONE ftOLUBLBB BT DR L*BXTKAIT
Végétation normale.
Fin
Fin de la
de U végéUtion.
IMtHit floraiMo. PUnle
VégéUlioD do U Un peu Fnieli- téchêe
rommençanle. fluraison. étiolée, flcation. lor pied.
3()mai. 13 juin. ta juin. 7 wpt. 7 Mpl.
Poids a(^8o/us.
gr. gr. gr. gr. gr.
Feuilles «»"7 o,o58 o,33 1 0,4 i o,;8 1
Tiges n,io8 o,i55 o,aoo 5,64 3,93j
Racines ^'^^^ySiiîStilo'ÔJj °»®'9 °''^'** °'^'*'
Inflorescences o^oo 0,0 )4 0,006 itoSo i,8o3
Poids des hydrates solubles dans la plante toi. ' 0,344 0,4)8 0,566 8,573 7,358
Poids de la plante 1,419 ^,136 a,446 5,oai 34tO)
Poids relatifs des hydrates solubles (en centièmes).
Feuilles 12,6 11,8 a5,3 7,3 11, 3
Tiges 3o,i 42»2 26,5 22,3 26,8
Racine» •'<'.o!SSS«.î',J;^j -M i8,3 ^8,8
Inflorescences 0,0 i '1,7 17,7 12,4 18.7
Hydrates solubles dans
la plante totale 17,2 21,1 q3,i 17,1 21,6
Plantes sans inflorescences.
Fiante privée Inflo- laflo- méthodique-
rescences resceaces ment d'in-
retardées. rejetées. floresceDces.
21 juin. 3ojuin. 7 sept.
Poids absolus,
gr. gr. gr.
Feuilles i,36 0,82 o,3.| i
Tiges 3,28 J o, .0^
uZ' I « 2,84 0,869
Pétioles 0,96 \
Racines 0,49 i , ^^
Radicelles o, 12 ) '^ '
Poids des hydrates solubles dans la plante totale 6,21 4,06 0,870
Poids de la pleudte 2o,65 17,12 47>ï6
Poids relatifs des hydrates solubles (en centièmes). Feuilles 19,4 i5,i 4»'
'^^' Il'' i .8,. ,6,8
Pétioles 3d,o s
Racines 35,o i
Radicelles 21,9 ) " ' '''
Hydrates solubles dans la plante totale 3o,i 23,7 14/»
Ainsi les principes solubles augmentent sans cesse en tiuantité absolue, pendant le cours de la végétation ; mais cet accroissement a lieu principalement dans la tige et dans les inflorescences. La tige est en effet la voie principale de la circulation des liquides, pendant la vie du végétal.
La proportion relative de l'extrait est également plus faible fJans les feuilles de Bourrache que dans les autres régions de la plante ; tandis qu'elle est plus forte dans la tige.
Vers la fin de la végétation, la richesse de la racine en matière extractive devient tout à fait voisine de celle do la lif?e. C'est là un nouveau rapprochement entre les fonctions de la tige et celles de la racine, dite parfois tige souterraine.
Il est accentué par l'analyse des radicelles, plus pauvres en extrait : ce qui montre bien que celui-ci n'est pas emprunté, pour une portion considérable du moins, au sol environnant.
La proportion relative de l'extrait dans les diverses parties de la plante est le plus grande possible, au moment où la floraison commence ; c'est-à-dire au moment où les déplacements de matière sont le plus actifs.
Dans la plante privée méthodiquement d'inflorescences, l'extrait tombe au plus bas : circonstance corrélative de l'accumulation des principes ligneux insolubles dans les diverses parties du végétal.
Z° Albaminoldes.
Venons à la répartition des albuminoïdes :
RÉPARTITION DBS PRI^tCIPBS ALBUHINOIDBS
Végétation normale.
Vrgélalion Débuts
commen- de la Un peu FrucU-
çante. floraison. étiolée. fication.
ai) mai. i3 juin. 12 juin. 7 sept.
Poids absolus des albuminoïdes,
gr. gr. gr. gr.
Feuilles 0*257 0,195 o,q52 o,453
Tiges 0,048 0,0335 0,070 o,65i
Racines o,oo3 o,o34 » o,o43
Inflorescences 0,0 o,o56 n i,586
Albuminoïdes dems la
plante totale o,3o8 0,309 o,3ai 3,733
Poids de la plante ir1i9 3,1:26 3,44^ So^qi
Poids relatifs des albuminoïdes (en centièmes).
Feuilles . 35,4 23,i 19,3 7,4
Tiges i3,4 6,6 9,4 3,6
Racines 8,3 6,6 » i ,9
Inflorescences 0,0 18,8 »• m, 3
• Dans la plante totale. 31,7 14,7 i3,i 5,6
Planto
Héchée.
sur pied.
7 »epl.
Plantes sans inflorescences.
Plante privée iDÛores- Inflores- méthodiquecences cences. ment (Tlnrelardées. rejetées, florescences.
22 juin 3o juin 7 sept.
Poids absolus des albumidoïdes .
gr. gr. gr.
Feuilles 1,4^ o,43 0,486
Tiges 0,32 ]
Pétioles o,i5 ) * '^
Racines ijoS ] ^ ,
Radicelles o,o3 ) ' '^
Albuminoïdes dans la plante totale. 24,19 0.81 1,49^
Poids de la plante 2o,65 17,1^ 47ȕ6
Poids relatifs des albuminoïdes {en centièmes).
Pétioles 5,4 i "^^^ ^'^
Racines i^o >
Radicelles 6.1 S ^y^ ^'°
Dans la plante totale 10,4 4f7 3,2
Le poids absolu des albuminoïdes croît pendant la vie, mais beaucoup plus lentement que celui des autres principes. Leur répartition est très caractéristique ; car les albuminoïdes se trouvent concentrés au début dans la feuille, sièg-e des parties vertes et du travail de réduction qui fixe le carbone et les éléments de Teau.
Plus tard, ils se portent dans le*s inflorescences et dans le fruit, où a lieu le travail non moins actif de la reproduction ; tandis que dans les feuilles, où la vie diminue, la proportion relative de la matière azotée tombe au quart de ce qu'elle était d'abord. Leur diminution relative se manifeste d'ailleurs également dans la tige et dans la racine, à cause de l'accroissenient des matières hydrocarbonées.
Berthelot. — Chimie vég, et agr, IL — 7
Précisons davantage, en analysant séparément la tige et les pétioles, réunis dans les analyses précédentes. Nous avons trouvé, en effet, dans une plante à inflorescence retardée (22 juin) :
3,7 centièmes de principes albuminoïdes dans la tige ;
5,4 centièmes dans les pétioles ;
Tandis que le limbe des feuilles contenait 20,5 centièmes de ces mêmes principes.
Les pétioles sont donc intermédiaires à cet égard, quoique bien plus voisins de la tige que du limbe.
Dans les racines et les radicelles de la même plante, la proportion des albuminoïdes était à peu près la même et voisine de 6 centièmes.
Tous ces faits sont dignes d'intérêt.
On peut confirmer ces observations par les analyses faites sur la plante privée méthodiquement d'inflorescences, analyses d'après lesquelles la proportion relative des albuminoïdes y est le plus faible possible^ Ce n'est pas qu'elle diffères dans les parties conservées, feuilles, tiges, racines, à la mêm(5 époque de la végétation. Mais les inflorescences n'existant pas, les albuminoïdes qu'elles auraient dû contenir ont disparu, sans profiter aux autres parties do la plante. Leur relation avec les fonctions de reproduction est rendue plus manifeste par cette contre-épreuve physiologique.
Il ne nous reste plus qu'à étudier les variations des matières minérales, solubles et insolubles, et leur répartition, dans les diverses conditions de l'évolution végétale.
4» Sels de potasse.
Les sels organiques résultent de l'association des bases minérales avec les acides organiques, lesquels sont en général
des produits d'oxydation, corrélatifs de la même fixation d'oxygène qui engendre l'acide carbonique et les azotates.
Examinons comment ils varient et où ils se localisent.
Rappelons d'abord que le poids des sels de potasse, tirés du sol et des engrais, croît avec celui de la plante, depuis un quart de milligramme jusqu'à 3 grammes environ {voir les tableaux ci-dessous). Mais leur proportion relative varie peu, de la plantule à la plante desséchée; car elle oscille entre 6 et lo centièmes. Le minimum répond à la plante privée d'inflorescences, c'est-à-dire à la prépondérance du ligneux.