POULE
Traitement chimiothérapique commencé le 16 juillet.
Rodilone (1399 F), 18 gr. en quatorze jours.
Légère amélioration.
La malade est revue le 21 novembre 1938. L’épanchement a tendance à se résorber, mais les douleurs articulaires persistent.
Le 14 décembre 1938, nouvelles arthralgies.
Pertes vaginales abondantes contenant du gonocoque.
Traitement par le 693.
Les pertes disparaissent, mais surtout grosse amélioration du côté du genou. La malade, au bout de quinze jours, marche sans difficulté ni fatigue.
Le 26 décembre 1938, prélèvement négatif.
Le 12 janvier 1939, gonoréaction négative.
Le 15 février 1939, amélioration énorme.
20 mars 1939, guérison complète.
Malgré les examens négatifs et la disparition des douleurs au niveau du genou, un nouveau traitement de 10 g. de 693 est prescrit.
Le 11 avril 1939, elle va très bien.
Ogs. N° 20. — Bod... France, 20 ans.
Vient consulter pour une arthrite aiguë du poignet droit le 14 janvier 1939, accompagnée de petites douleurs dans les articulations temporo-maxillaire et sternoclaviculaire. = La radio du poignet est négative.
L’articulation est tuméfiée, violacée.
Les doigts sont œdématiés. L’œdème remonte jusqu’au milieu de l’avant-bras.
L'impotence fonctionnelle est complète.
Examen du cœur, négatif.
Peu de température (378 le soir).
RL
La malade ayant ses règles, un prélèvement ne peut être fait.
Une gonoréaction est faite le 19 janvier 1939.
Le traitement salicylé n'amène aucune cessation des douleurs, aucune amélioration de l’arthrite.
Le 20 janvier 1939, le coude devient à son tour gros, violacé, atrocement douloureux.
La gonoréaction s'étant révélée positive, la malade est soumise au traitement chimiothérapique par le 693, 3 gr. le premier jour, et en convoquant la malade chaque jour pour la suivre.
Le troisième jour les douleurs ont complètement disparu, les articulations ont repris un aspect normal, l’impotence a disparu.
Le 27 janvier 1939, va très bien.
Revue un mois après, aucune rechute.
Ogs. n° 31. — Vach... Marie-Louise.
Traitée par gonococcie depuis un mois par des injections de permanganate, sans traitement interne.
Vient consulter le 20 janvier 1939 pour une arthrite gonococcique aiguë du pied droit, gros pied tuméfié et impotent.
Gonoréaction positive.
Au bout de quatre jours, amélioration.
Revue huit jours après guérison apparente. Le pied est beaucoup moins gros.
Les pertes ont cessé.
Ogs. N° 50. — Dask... Emilie, 32 ans.
Vient consulter pour une arthrite aiguë du poignet,
apparue le 21 janvier 1939.
eve
— pas d'angine, — pas de température, — cœur normal.
Traitement salicylé sans effet.
Une gonoréaction étant très fortement positive, la malade est soumise au traitement chimiothérapique (693).
Aucune amélioration locale.
La gonoréaction reste positive.
Au mois de février les douleurs articulaires persistent, les examens de laboratoires restent positifs ; on traite la malade par des injections de sérum antigonococcique Pasteur. Douze piqûres :
— aucune amélioration, — les examens restent positifs.
Nouveau traitement chimiothérapique (693) en mars. Aucune amélioration locale.
La gonoréaction reste positive ; échec.
En résumé :
Sur 4 cas de rhumatisme blennorragique :
3 bons résultats,
1 échec.
Incidents.
Depuis le début de la chimiothérapie en thérapeutique on a signalé de nombreux incidents au cours du
traitement.
L'emploi des premiers dérivés sulfamidés, le 1162
et le 1399 F, avaient fait apparaître des incidents, quelquefois sérieux, surtout au cours du traitement des pneumococcies et des méningococcies où il fallait employer de fortes doses. Dans les infections gonococciques traitées par ces deux produits, les incidents sont fréquents mais sans être graves (thèse de Jacques Pellerat) :
Pour le 1162 la céphalée, l’asthénie avec sensation de vertiges son fréquentes.
Avec le 1399, on observe surtout la cyanose.
La médication a dû être suspendue :
— 15 fois sur 57 intolérances avec le 1162 chez
152 malades.
— 12 fois sur 53 intolérances chez 96 malades avec
le 1399.
: Si l’on détaille les raisons qui ont obligé à cesser
le traitement on voit que:
PREDIEE Le 1162 a dû être interrompu :
— 8 fois pour céphalée, asthénie.
— 5 fois pour troubles digestifs (douleurs, vomissements).
— 1 fois pour métrorragies.
— 1 fois pour érythème accompagné de cyanose. Le 1399 a dû être interrompu :
— 15 fois pour cyanose, — 1 fois pour érÿthrémie, — 1 fois pour ictère à type catarrhal.
— 1 fois pour anémie,
— 1 fois pour métrorragie.
Sur les 96 malades, 3 fois la cyanose a été impressionnante et a dû faire interrompre immédiatement la thérapeutique.
Le 693 se révèle nettement moins toxique.
Sur les 53 malades nous avons été obligé d’interrompre une seule fois le traitement pour vomissements, diarrhée, et douleur épigastrique. Les selles étaient décolorées et la malade a fait un léger ictère.
Ces troubles sont survenus le 2° jour du traitement après dose de 3 gr.le 1°T jour. Immédiatement après l'arrêt du traitement les troubles ont cessé.
30 malades ont dit avoir parfaitement bien supporté le traitement sans ressentir aucun. trouble.
Chez 20 malades environ nous avons constaté des petits incidents bénins :
-— douleurs gastriques légères.
— sensation de brûlure, de pesanteur gastrique.
Le (ER
Ces troubles duraient une heure environ.
Une malade présenta une céphalée avec vertiges, une autre malade présenta unesensation d’anéantissement le 3€ jour avec fatigue musculaire (impression d’avoir été rouée de coups).
Enfin une malade présenta la 4€ jour du traitement une violente migraine avec température à 39 qui dura 3 heures environ.
A aucun moment ces incidents ne furent sérieux.
Nous nous sommes plus attachés à prévenir les accidents qu’à les traiter une fois leur apparition.
Pour les prévenir nous avons déjà annoncé au cours de ce travail les précautions que nous avons fait prendre aux malades :
— donner le médicament par dose fractionnée : O gr. 950 par prise,
— les malades se sont alitées pour la plupart les | deux premiers jours du traitement,
— pendant les 8 jours du traitement, nous avons fait supprimer de l’alimentation :
— les œufs — le chocolat.
— les purgatifs salins.
— les malades constipées habituellement devaient prendre au milieu de chaque repas 1 cuillerée à soupe d'huile de paraffine.
— enfin les troubles digestifs étaient prévenus par la prescription d'un régime alimentaire léger
et de poudres alcalines.
CRT Re
La thérapeutique n’a été gènée que d’une façon exceptionnelle.
Chez deux malades ayant été assez fatiguées, nous avons baissé la dose du corps 693 d’un gramme par jour pendant 2 jours.
En conclusion nous n’avons jamais constaté aucun incident grave.
Le 1/3 des malades seulement a présenté de petits troubles légers, bénins.
Commentaires.
Nous avons constaté que le 693 donnait dans tous les cas de blennorragie féminine d’excellents résultats. Cependant nous avons observé des échecs chez quelques malades. Ils sont dus à plusieurs facteurs dont les principaux sont :
— la chimiorésistance, — les conditions anatomo pathologiques spéciales, — l'intolérance.
Les autres malades ont bénéficié de cette thérapeutique par la complète disparition du germe, et par la rapidité du traitement.
Pour les annexites aiguës il fallait auparavant un à deux mois d’hospitalisation. Aucune de nos malades n’a été hospitalisée ; dans ce dernier cas, 4 malades sur 6 présentaient au bout de huit jours une grande amélioration tant au point de vue fonctionnel qu’au point de vue local.
Intérêt social de ce trailement.
Au point de vue individuel, les sulfamides ont réa-
lisé un progrès sensible se traduisant plus par la