‹ Chimiothérapie sulfamidée de la blennorragie féminineChapitre 17 sur 19 · C. Marinetti · texte numérisé non relu

C. Marinetti

brièveté et la facilité du traitement que le résultat final. Mais il paraît utile de rechercher dans quelle mesure les sulfamides peuvent modifier la lutte contre la blennorragie sur le plan social. Les différents ser vices de vénéréologie, d'urologie, de gynécologie utilisent des sulfamidés dans le cadre de leur organisalion et ceci a conduit la plupart d’entre eux à une adaptation changeant leur fonctionnement.

La question se pose de la manière suivante :

Il existe en France un réseau de services antisyphililiques qui travaillent admirablement. Peut-on traiter la blennorragie dans les mêmes services et avec le même personnel, lorsqu'il n’y a pas possibilité de s'adresser à des services antiblennorragiques voisins ?

Pour l’homme on peut à l'heure actuelle, donner une réponse aflirmative et en bien des endroits, la question à élé résolue en ce sens.

Pour la femme la chose se discute pour les raisons suivantes :

Tout d'abord la blennorragie féminine n’est vue à son stade aigu que dans 1,5 % des cas. Les malades arrivent avec des lésions de longue date, bien plus difficile à guérir. Le diagnostic clinique est plus long a établir que chez l’homme, le gonocoque doit être recherché dans tous les repères, l'interprétation bactériologique est diflicile. La gonoréaction est plus délicate à faire et à lire qu’une réaction de Wassermann,

- D'autre part, la blennorragie féminine n’est pas

seulement faite de cervicites purulentes sur lesquelles

le sulfamide a une action élective. Il existe des lésions du col (kystes érosions) bien localisées sur lesquelles le sulfamide n’a aucune action.

— Quant au contrôle de guérison il est aussi long et délicat à établir que l’établissement du diagnostic positif.

Dans certains cas d’autre part, on pourra négliger la guérison complète de la malade pour ne penser qu’au gonocoque qu’elle peut distribuer.

Cela redonne au traitement sulfamidé toute sa valeur, puisqu'il fera disparaître le germe dans 80 ‘/ des

cas environ.

En résumé : le traitement de la blennorragie féminine sur le plan social se présente sous des angles divers :

— là où sont installés des services spécialisés en blennorragie féminine, le traitement mixte chimiothérapique et local donnera les meilleurs résultats,

— ]Jà où existent des services de gynécologie générale, le traitement est aisé et s'effectuera de manière très satisfaisante,

— ]à où manquent ces services et où existe seul le centre antisyphilitique il semble que l’on puisse se contenter de la chimiothérapie exclusive dont le résultat chez la femme sera inconstant, bien que satisfaisant pour la société. Le rendement de tels services risque d’être diminué par la difficulté du recrutement des malades sauf dans le cas de prostitution surveillée.

Enfin, il faut insister sur le grand rôle du médecin

à son cabinet pour le traitement de la blennorragie.

Conclusions.

1° Le traitement de la blennorragie féminine nécessitait autrefois des soins locaux minutieux, prolongés, souvent peu eflicaces. La chimiothérapie employée seule ou en association avec le traitement local permet d'obtenir des résultats nets, rapides et durables ;

20 Toutes les formes de la blennorragie bénéficient de cette thérapeutique, les formes aiguës étant plus rapidement influencées que les formes chroniques. Dans les formes très localisées, la chimiothérapie n'intervient qu'accessoirement en tant qu’adjuvant au traitement local indispensable : ainsi dans les bartholinites, skénites, kystes,

39 En résumé, les résultats obtenus sont :

Dans les cerviciles gonococciques :

Sur 19 cas, 17 bons résultats, soit 85 %.

Dans les cervicites non gonococciques :

Sur 11 cas, 6 bons résultats, soit 55 %.

Dans les annexiles aiguës :

Sur 10 cas, 6 bons résultats, 4 échecs.

PAS; DER Dans les annexiles subuiguës :

Sur 2 cas, 2 résultats discutables.

Dans les arthriles gonococciques :

Sur 4 cas, 3 bons résultats, 1 échec.

Les gonoréactions le plus souvent positives au début du traitement, sont devenues négatives sous l’influence de la chimiothérapie, parallèlement à la disparition du gonocoque dans les pertes ;

4° La posologie a été la suivante :

3 gr. par jour pendant deux jours ; 2 gr. par jour pendant deux jours ; 1 gr. par jour pendant deux jours ; 0 gr. 50 par jour les deux derniers jours.

5° Nous n’avons pas observé d’accidents. Une seule fois le traitement a été interrompu pour intolérance.

Un tiers des malades a présenté quelques incidents en particulier des troubles gastriques, mais sans aucune gravité ;

6° Nous avons souligné l'intérêt médical de cette nouvelle chimiothérapie, et nous avons insisté sur son intérêt social, car il y a une stérilisation rapide des pertes qui apparaît importante au point de vue prophylactique et diminue la fréquence des complications.

De plus, aucune de nos malades n’a été hospitalisée. Les résultats sont donc obtenus très facilement.

Pour donner au traitement son maximum de ren-

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