M*''' Chausse, mort qiicl(iucs mois après
ne s'y sent protégé que par le prestige, et la menace des représailles : car, que ferait le petit poste contre une attaque sérieuse? 20 000 fusils modernes viennent d'être vendus aux Chinois ici ; au-dessus de Canton la rivière est infestée de pirates, et les attaques sont journalières. La mission cependant a vécu, elle a prospéré; elle a élevé très haute et très blanche sur la ville chinoise la merveilleuse cathédrale.
La France compte à Canton un chef-d'œuvre d'architecture de plus. Le style très pur fait contraste avec le mauvais goût des cathédrales espagnoles du Tonkin, la banalité, pour ne pas dire la laideur générale, des édifices chrétiens de l'Extrcmc- Orient. Les matériaux, granits et marbres, proviennent tous de la Chine, et ce sont des ouvriers chinois — la plupart des catholiques — qui ont élevé sur la terre chinoise cette résurrection lointaine du Moyen Age occidental.
L'intérieur aussi est imposant et sévère : partout la pierre nue. La seule note de couleur vive est donnée par les énormes crachoirs de faïence verte, dans l'allée principale, à l'extrémité de chaque banc : le Chinois en se convertissant ne perd guère l'habitude de fumer; encore moins de cracher!
Sur cet emplacement s'élevait autrefois la résidence du vice-roi. Quand les Français prirent la ville, on dut l'emporter à moitié mort de frayeur dans un panier. Ainsi la cathédrale romaine est un monument d'une victoire française ; ses flèches triomphantes célèbrent une gloire française.... Mais le Chinois trouve qu'elles pointent trop haut dans le ciel; il croit qu'elles détruisent la bonne influence de la Pagode des Cinq Étages, qu'elles lui i)ortent malheur; et il les déteste!
La véranda de l'Hôtel Victoiia, dans l'île de Chamine, donne, par-dessus un étroit canal, sur le quai de la ville chinoise. Quel contraste entre les deux rives ! Du côté Europe, la solidité rigide et nue des quais de granit; de l'espace, de l'air, de la verdure, des allées
de grands banians. Du côté Chine, le grouillement des sampans qui prennent les trois quarts du canal : lentassement des maisons; — un petit pont en plein-cintre, à l'arche surélevée pour laisser passer les sampans qui débouchent d'un canal transversal. Les ingénieurs chinois n'ont pas ménagé de rampes d'accès, et le tablier du petit pont de pierre est un double escalier, comme un perron! A quoi bon d ailleurs des rampes d'accès? il n'y a pas de voitures; on ne s'occupe que des bateaux. — Au-dessus d'une boutique d'épicerie un grandécriteau en anglais me frappe :Eastern Acétylène Lighting C°; les inventions vont vite en notre temps!
Il est trop tard aujourd'hui pour pénétrer dans la ville : je préfère terminer cette journée déjà si pleine de sensations par une promenade à Honan.
Mon débarquement sur la rampe de granit glissante soulève les coassements d'une troupe d'enfants mendiants : j'en suis encore tout assourdi quand j'arrive à l'entrée du Monastère de la Bannière de l'Océan. C'est une belle perspective de portes monumentales où sont logées de gigantesques statues de bois polychromes, analogues aux Ni-o et aux Shi-tenno du Japon ; une longue enfilade de cours carrées, peuplées de beaux vieux arbres et dallées de granit.
Le pavillon principal est de grandes proportions, avec un toit double, couvert de toiles émaillées et orné de poissons flamboyants, de serpents tortueux et de griffons aboyants. De grosses lanternes pendent du portique : à travers la grille de bois on voit luire dans lonibre de chauds reflets d'or, de pâles reflets d'étain, et, comme éclairées d'une lumière livide, des fleurs en papier dans des vases de faïence.
Autour de la cour, sous la galerie, des inscriptions sont gravées sur des pierres noires, scellées dans le mur de briques blanchi à la chaux. Dans un coin, un arbre sacré est entouré d'un muret en maçonnerie hérissé de pointes de verre : de petits poteaux de granit soutiennent les branches tombantes.
De la Cour de justice voisine je ne puis voir que la première enceinte. Les piliers de granit de l'entrée, sharmonisant très bien avec les murs de brique bleue, produisent une impression de force et de solidité que donnent rarement les architectures du Japon. Le triple portique monumental, avec ses lignes raides et brisées, ses bas-reliefs massifs, ses grands caractères dorés, n'a pas l'élégance des ^orii japonais : mais il est empreint d'une grandeur barbare. Imposante aussi est la grande porte avec ses deux larges battants noirs, toute encadrée d'inscriptions en bleu foncé sur granit et en noir sur bois doré.
Conduit par le guide, je passe par des ruelles aux détours brusques, entre de grandes murailles de briques sans ouvertures. Nous arrivons devant une porte tendue d'étoffes blanches bordées de bleu : les papiers rouges collés sur les montants pour le nouvel an ont été recouverts de papier blanc. En travers de la ruelle un dais de nattes et de bambous, comme un reposoir, a été dressé : du sommet descend une sorte de lustre en papier multicolore où pendent des bandelettes blanches découpées. A droite de la porte sur le sol une inscription est placée dans un cadre de bois sous un petit toit semblable à celui de nos porte-couronnes, mais dont le faîte porte aux extrémités les poissons et au milieu le fruit symboliques. Il y a un mort dans la maison : elle restera décorée jusqu'à la levée du corps; et comme on attend l'arrivée des principaux membres de la famille, souvent l'exposition dure une demi-lune et plus.
Ma promenade à Honan se termine par la visite d'un jardin privé. Un bassin carré, bordé de granit, couvert de lotus où la petite pluie qui tombe a mis des perles; au milieu, un petit pavillon de thé, auquel conduit un petit pont en escalier à l'arche circulaire : les jardins chinois sont aussi artificiels que les jardins japonais, mais ils n'ont pas de ceux-ci la fantaisie charmante.
A un des angles du bassin, un grand panneau de bois est dressé, semblable à ceux qu'élève dans les rues
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de Chicago la réclame américaine. D'un côté, sur fond noir, se détache la figure mythique des deux éléments mâle et femelle, deux virgules, l'une rouge et l'autre Terte. entrelacées et qui ont forme vague de poissons : de l'autre, un gigantesque caractère siglUaii-ede c Longue Vie ». autour duquel volètent des chauves-souris aux ailes de fleurs blanches.
Derrière des barreaux deux ou trois visages de jeunes femmes, tout blancs de céruse. me regardent avec curiosité et enjouement : il paraît que le propriétaire du lieu a 15 femmes î Esl-ee pour cela que le jardin a un air d'abandon et que le portier fait payer 10 cents?
25 avril. — Je m'étais endormi aux longs cris pacifiques des veilleurs : je me réveille ce matin au bruit du tamtam et du canon! Dans la somnolence effarée de ce réveil en sursaut, je fais un rêve rapide : Chamine attaqué par Canton, un million de Chinois contre 6î» Européens ! Ce n'est qu'un cauchemar : mais il y a deux ans, en 1898, on put croire que la chose allait arriver : les 60 Eoropéens montèrent la garde sur le quai ; ils reçurent des pierres : que fût-il arrivé si un seul eût tiré? — D Ta dix-sept ans. le 10 septembre 18S3. Chamine fut piUé par les Chinois, et onze maisons — sur le peu — furent incendiées 1
A huit heures nous partons. Le petit pont à trois arches qui rehe Chamine à Canton est fermé du côté de la ville chinoise par une grille, afin d'empêcher la nuit, et même le jour, l'invasion des vagabonds.
Le soldat de faction, en tenue de service — tuniqpie noire couverte de caractères rouges, — ouvre les deux battants pour laisser passer notre cortège de trois chaises. La première, la plus belle, est fermée par d'épais rideaux noirs, c'est celle du guide : 3/^ Ah Cum John, troisième fils de Ah Cum, Guide de la Cité de Canton, attaché à VHôtel Victoria. Ainsi est libellée la carte qne, en gentleman correct, il vient de nous remettre. La deuxième chaise est celle d'un ami qui
m'accompagne; je suis dans la troisième. Nous deux, le guide, 9 porteurs, cela fait 12 personnes : on ne voyage guère seul dans Canton!
Nous montons et descendons les marches du pont en arceau en face de l'hôtel et nous suivons une galerie haute et assez large qui borde le canal : c'est la seule voie un peu spacieuse que nous trouverons dans Canton. Brusquement nous nous engageons dans un dédale de ruelles et nos porteurs commencent à pousser des cris.
Ces ruelles — les rues de Canton — sont si étroites que les hommes doivent enlever leurs grands chapeaux de jonc lorsque nous passons : ils ont Fair de nous saluer; mais c'est sans doute une des multiples occasions où les « Barbares d'Orient » maugréent contre les « Diables d'Occident » ! Les femmes aux petits pieds, hideuses avec leurs larges pantalons de lustrine noire, se dérangent à la hâte, précipitant gauchement le pas de leurs jambes raides comme des jambes de bois.
Un pousse-pousse ne passerait pas dans ces rues; la circulation des brouettes même y serait difficile : tout le transport se fait à dos d'hommes. Ce sont d'interminables files indiennes, de véritables caravanes de porteurs en pleine ville : la rencontre de ces coolies, chargés d'un double fardeau aux extrémités de leur balancier de bambou, demande à nos hommes, pour ne pas accrocher, une habileté consommée.
Mais la manœuvre la plus compliquée est celle du croisement de deux chaises : elle ne s'accomplit pas sans grandes contorsions de bras, grands efforts d'épaule et accompagnement de grands cris. Si l'on tombe sur un cortège de mandarins, il faut se garer au plus vite dans une ruelle latérale. Enfin les tournants sont des problèmes : les brancards des chaises sont très longs, et presque chaque fois, malgré l'adresse des porteurs, leurs extrémités de cuivre raclent les murs.
Bien que les maisons ne soient pas hautes, ces ruelles étroites sont naturellement sombres. Elles le paraissent
moins lorsquelles sont couvertes de carreaux de papier huilé placés sur les auvents des toits. Ces carreaux ne protègent pas seulement de la pluie, ils tamisent et diffusent les rayons du soleil dans les courts moments de midi où lastre passe dans le champ de la rue. La multitude des enseignes multicolores, laquées et dorées, diminue encore Tétroit espace : mais ici, elles semblent y mettre de la lumière. La fraîcheur de ce clair-obscur en été n'est d'ailleurs pas sans charme, et sans doute aussi en hiver ces ruelles sont parfaitement à l'abri de la bise.
Les maisons, tout en briques, paraissent solidement construites. Lorsqu'on arrive à Hong-Kong, venant du Japon ou de l'Annam, on est tenté de croire que la solidité des maisons chinoises de Victoria est un effet de l'influence européenne. Mais les Chinois ont toujours su construire solidement, et l'on ne peut refuser à certaines de leurs villes, surtout à Canton, l'éloge que les Américains donnent à celles de leurs cités qui ont passé de l'Age du bois à celui de la brique ou de la pierre, d'être « substantially built ».
En général les maisons n'ont qu'un rez-de-chaussée, du moins sur la rue. Très souvent, il est vrai, elles ont, en arrière, une sorte d'entresol. Quelquefois même un véritable premier donne sur la rue par un petit balcon. Comme le sol où est construit Canton est très bas et très mou, les architectes chinois ont dû soutenir les murs par des contreforts qui supportent à leur extrémité l'auvent du toit, et, dans certains cas, à mi-hauteur, le balcon du premier. Ces contreforts rétrécissent encore la ruelle, d'autant que des marchands se sont souvent installés dans les intervalles en retrait — des marchands de petites choses minuscules de valeur infime : par exemple, des arachides par tas de douze, et même de cinq, à une sapèque le tas sans doute, deux millimes et demi!
Les rues sont encore embarrassées de distance en distance par des espèces de barrières. Imaginez de
fortes barres, semblables à nos barres de cabestan, dressées verticalement et s'engageant à leur extrémité inférieure dans les trous d'un seuil de granit, et à leur extrémité supérieure dans la rainure d'une poutre transversale scellée dans les deux murs. La nuit sans doute toutes les barres sont mises, fermeture complète : ainsi dans les cités du Moyen Age de grosses chaînes étaient tendues à travers les rues; le système chinois est encore plus primitif! Le jour, les barres du milieu sont enlevées, mais celles des côtés restent et resserrent encore le passage.
Ces rues n'ont naturellement pas de trottoirs : une dalle suffît à en couvrir la largeur d'un mur à l'autre, ou d'un seuil de boutique à l'autre. La marche est difficile sur ces dalles brisées, inégales, branlantes, polies par le temps, toujours humides et quelquefois jonchées de détritus ; les porteurs ont les pieds nus pour ne pas glisser à chaque pas.
Surtout dans la « Cité neuve », en dehors de la vieille enceinte, les rues, où l'on peut voir d'ailleurs à l'occasion errer des porcs et des volailles, sont relativement propres. Canton est une des cités chinoises les moins sales : je devais attendre de voir la cité indigène de Changhaï pour me convaincre que tout ce que l'on raconte de la saleté chinoise est au-dessous de la réalité. Les canaux de Canton, qui sont les boulevards de la ville, présentent déjà cependant à marée basse un spectacle assez chinois : tous les ruisseaux qui coulent sous les dalles des ruelles viennent y déboucher, et les ordures de toutes sortes se mêlant à la vase leur donnent l'aspect d'égouts en plein air.
Les rues de Canton présentent deux aspects opposés.
Les unes sont aveugles et mortes, entre des murs sans fenêtres, comme celle que j'avais suivie la veille à Honan : ce sont les rues qui passent entre les grandes propriétés. De distance en distance seulement s'ouvre une porte solitaire : ce n'est que la porte d'un vesti-
bule; car le principal corps de logis donne sur la cour intérieure. Encore cette porte est-elle barricadée. Le système de fermeture est le même que celui des rues, seulement plus perfectionné : la barrière est en quelque sorte d'une seule pièce, formée de barres rondes horizontales engagées dans un cadre de bois qui rentre en coulisse dans l'épaisseur du mur. A la porte des plus riches maisons ces barrières conservent leur forme rustique, mais le bois est alors verni, et même laqué.
Cette fermeture à claire-voie, au moins pendant le jour, est une nécessité en l'absence très fréquente de fenêtres. Un grand paravent dressé juste devant l'ouverture dérobe d'ailleurs la vue de l'intérieur à la curiosité publique. Rien n'égaie la sévérité des grands murs de brique bleue, sinon parfois la bigarrure des affiches très petites, mais de tons criards; ou une exposition de vêtements dont la muraille est alors toute tapissée.
Mais la plupart des rues de Canton sont au contraire bordées des deux côtés par des boutiques grandes ouvertes sur le dehors, boutiques profondes autant qu'étroites, et qui se prolongent généralement par de vastes arrière-boutiques.
Tous les degrés de la rusticité au luxe s'y rencontrent côte à côte. Les unes sont toutes nues : les murs grossièrement plâtrés; les marchandises, des sacs de riz par exemple, simplement posés sur des gradins de bois très bas; pour tout mobilier une table de vieux bois usé, vermoulu, crasseux, et de massifs escabeaux, où le personnel de la maison, dans les heures d'oisiveté, se perche et s'accroupit. Dans l'arrière-boutique, la préparation de la marchandise : à la lueur blafarde qui tombe d'une étroite ouverture dans le toit, on voit par exemple s'agiter de grands corps nus, et monter et retomber sans cesse avec un bruit sourd de gros pilons; c'est une décortiquerie. L'atelier est ainsi contigu à la boutique : quelquefois, comme nous l'avons déjà vu à Hong-Kong, il ne fait qu'un avec elle, et les matériaux comme les
résidus de la fabrication sont exposés pêle-mêle avec les objets fabriqués aux yeux de l'acheteur.
La boutique voisine au contraire est un petit musée : tout y est laques et ors. Les comptoirs, les chaises, les casiers revêtus de belle laque noire, quelquefois incrustés de nacre, reluisent et étincellent; un portique de bois sculpté et doré sépare la boutique de l'arrièreboutique. Celle-ci est éclairée d'en haut par de grands panneaux de papier demi-transparent d'où la lumière tombe mystérieuse et douce comme des vitraux d'une église : et justement au fond s'élève l'autel familial surchargé d'ors et richement enluminé de rouge. Un ordre, une propreté parfaite : malgré la large ouverture sur la rue, pas de poussière sur le miroir des laques, ni sur le chatoiement des étoffes de soie ; et sur la table où le patron fait ses comptes, les pinceaux sont rangés soigneusement avec l'abaque et la petite pipe à eau en étain.
La boutique et l'arrière-boutique constituent pour ainsi dire toute la maison : les gens y dorment, y mangent, y fument, y jouent, y rêvent à leurs heures de loisir. Ils y travaillent aussi. Mais en général le travail ne paraît pas les absorber : ils chantent et fument en travaillant. Les commerçants à leurs comptoirs ont tout le temps de s'éventer; et ils ont de longs moments pour mouler leurs écritures. Le mouvement de la rue est une source perpétuelle de distractions : le petit nombre des artisans fait aussi qu'ils manquent d'entraînement. Il n'y a que les manœuvres des arrière-boutiques dont le travail soit rude et incessant.
Nulle part de machines : partout l'outil, l'outil individuel. Quelquefois c'est une très ingénieuse mécanique, comme cette espèce de petit tour à main qui sert pour l'ivoire, et où la transformation du mouvement linéaire en mouvement circulaire s'accomplit au moyen d'un simple pas de vis.
Petits outils, petit travail : travail délicat, minutieux, à brûler les yeux, comme ce sertissage de plumes de
4é COSSE A>aENXE ET NOUVELLE
martm-pécheiir dans des bijoux d'argent, qui est une des spécialilês de Canton. Ces ouvriers font penser à des enfants appliqués à quelque jeu de patience, ou bien à des élèves d'une école professionnelle travaillant avec lenteur et scrupules à leur morceau de concours, une pièce d'apparat sans utilité pratique, un chef-d'ceuvre de virtuosité dont le principal mérite sera dans la difficulté vaincue : comme ces sept sphères. p»ercées chacune de quatorze trous, découpées dans l'intérieur d" une boule d'ivoire plus i>etite qu'une bille de billard !
Çà et là des notes d'Europe. Chacpie boutique un peu élégante a son horloge : et l'horloge marche, c'est-à-dire qu'elle fait son tic-tac, qui sans doute réjouit les Chinois. Car, pour marquer l'heure, c'est autre chose : à <Iuoi bon? en Chine — comme au Japon — on est si peu pressé! — Nombreuses aussi sont les machines à coudre, dont nous entendons à plusieurs reprises le battement familier.
Au passage je note deux boutiques à l'européenne. avec devanture vitrée : un photographe et un pharmacien. Quelques grands magasins sont fermés par des grilles en fer : les Chinois n'y pouvant plus peindre, suivant la coutume séculaire, un grand soleil rouge par moitié sur chaque battant y ont accroché deux demisoleils de bois.
Canton connaît déjà les raffinements de la réclame. A la porte d'une boutique, dans une niche rouge, une statue de cire, presque de grandeur naturelle, offre au public une boîte précieuse — de Poudre Dentifrice! Puisque les Chinois semblent tant aimer à se laver les dents, à quand le distributeur automatique?
Comme nous passons dans le quartier des soieries, du fond des boutiques, les enfants nous lancent un appel aigu, sifflant : SUk*. — Un peu plus loin des gamins s*amusent à arracher des touffes d'herbe au pied des murs^ et jouant au mendiant, nous les offrent en criant :