Sîlà Tcol dire soie, en anglais
CANTON 4i
Ten-sen!^ — Quand déjà nous sommes perdus dans limmense cité, si loin de l'Occident, ces quelques mots de langue européenne nous causent un naïf plaisir. Nous prenons plaisir aussi à lire les inscriptions d'une caisse d'emballage à la porte dune épicerie : Cornet Oïl
— Patent Cans, ces simples lettrefi imprimées au noir de fumée, que nous pouvons lire au moins, nous reposent du mystère obsédant des caractères dorés !
Notre première étape est au Temple de la Médecine : une splendide pièce de bois doré représentant un théâtre , suspendue au portique , marque l'entrée. Comme je sors mon carnet de notes, un attroupement curieux se forme autour de moi : on palpe l'étui de mon kodak, je sens des souffles haletants de rire dans mon cou, des poitrines nues se collent sur le carnet à peine ouvert! Ce n'est pas moi qu'on regarde, c'est ce que j'écris : l'écriture est une si grande chose pour les Chinois! Hélas! mes coups de crayon doivent me faire prendre en pitié par ces calligraphes accomplis; ils doivent n'y voir — ce qu'ils sont bien en réalité — < qu'un laid et barbare griffonnage » ; les « Diables d'Occident » ne savent pas écrire !
La principale curiosité du Temple de la Médecine, ce sont les bas-reliefs, de véritables « sculptures de terre cuite > tant le moulage est délicat. La couleur est d'un bleu gris très doux. Le sujet représente encore un théâtre : les divers plans se détachent avec une netteté parfaite, et le détail est traité avec un art consommé et un vif souci de l'exactitude. Sur le faîte du bâtiment principal trois divinités sont représentées : Longue Vie
— Bonheur — Bonne Chance : en terre cuite peinte, émaillée, d'une polychromie aux tons adoucis, elles sont de nobles proportions, et la disposition en est très décorative.
Autour des magnifiques piliers de granit du petit