Décrets impériaux^ 1898, p
•2. Décret da 10 juillet, ibid., p. 12-13.
Un décret du 19 septembre nous donne justement le programme général des études dans une des écoles secondaires, qui doit être établie à Pékin même. On y enseignera « les langues et les littératures étrangères, ainsi que les connaissances les plus importantes sur l'administration et sur l'arithmétique ^ ».
Ainsi c'est bien un enseignement moderne occidental qui est créé, en concurrence avec l'ancien enseignement classique; ou plus exactement l'ancien enseignement classique ne sera plus que la moitié de l'enseignement nouveau. Les sciences étrangères sont formellement inscrites dans la partie nouvelle des programmes, et les livres d'Occident sont introduits dans les écoles, sous forme de traductions, au même titre que les classiques nationaux. Et même, dans l'enseignement supérieur tout au moins, ce sont des étrangers qui sont appelés à professer la science nouvelle.
Cet enseignement forme un système complet, hiérarchisé et unitaire, analogue au système américain. Mais, à la grande différence de ce qui existe aux États-Unis, les études y sont couronnées par des examens, consacrées par des diplômes qui ont une valeur officielle et qui créent à leurs titulaires un droit au moins théorique à une fonction publique. Les études en Chine ont toujours été la principale, pour ne pas dire l'unique voie d'accès aux honneurs et aux emplois : c'est pour cela qu'une réforme profonde et durable de renseignement serait en Chine de conséquence beaucoup plus grave et beaucoup plus directe qu'en tout autre pays. Une telle réforme est la condition nécessaire, mais aussi presque suffisante, d'une transformation radicale et rapide du régime politique, social et même économique.
Les réformateurs dont Kang-you-oueï était le chef conseillés d'ailleurs par des missionnaires anglais et américains, se montraient donc beaucoup plus hardis mais aussi beaucoup plus logiques que les mission-