‹ Chine ancienne et nouvelle. Impressions et réflexionsChapitre 48 sur 77 · Décrets impériaux^ 1898, p · texte numérisé non relu

Décrets impériaux^ 1898, p

naires catholiques. Ils essayaient de ne prendre à la civilisation occidentale que ce qu'elle a d'essentiel et de moins opposé aux traditions nationales — les notions positives qui, n'étant d'aucun pays, sont réellement de tous. Mais à la science occidentale ils donnaient aussitôt le droit de cité complet, lui faisant partager avec la littérature traditionnelle la domination des intelligences. Ils ont voulu aller un peu trop vite, et la précipitation fiévreuse de certaines de leurs mesures n'a pas été étrangère à leur chute et à la ruine presque complète de leurs entreprises K

Dès le 26 septembre 1898, c'est-à-dire six jours seulement après que l'Impératrice a repris le gouvernement, les écoles secondaires et primaires sont sinon supprimées, du moins abandonnées; les écoles supérieures seules sont maintenues.

« Les écoles supérieures sont utiles pour former des hommes de talent. En dehors des écoles supérieures qui, tant à la capitale de l'Empire que dans celles des provinces, auraient été successivement établies (sur lesquelles nous ne disons rien), pour ce qui est des écoles inférieures à fonder aux préfectures et aux souspréfectures. Nous ordonnons aux autorités respectives, après avoir examiné et comparé les circonstances, de s'en remettre au bon plaisir de leur peuple. Quant aux temples des ancêtres et aux pagodes qui existent dans les provinces, sans être cependant enregistrées dans les archives comme lieux autorisés pour le culte, si cependant le peuple ne s'y livre pas à des actes contre la moralité, ils continueront à exister comme par le passé, sans qu'il soit nécessaire de les transformer en écoles, ce qui causerait au peuple des embarras-. »

Par un décret du 9 octobre l'ancien programme d'examens exclusivement classique est rétabli.

« Nous ordonnons qu'à l'avenir, aux divers examens

1. Voir, ci-après, le chapitre sur les Causes du soulèvement chinois.

■2. IbicL, p. 61-62.

pour le doctorat, la licence, ainsi qu'aux examens annuels et préparatoires au grade de la licence, l'on se conforme entièrement aux anciennes règles; c'est-à-dire que les candidats soient examinés sur des pièces de vers, sur des compositions dont le sujet est tiré des canoniques, et enfin sur des réponses à certaines questions. En outre, nous supprimons le degré spécial dit de l'administration, comme étant trop favorable aux abus ^ »

Aucune place n'est laissée dans les examens à la science moderne.

Il est vrai qu'un décret du 10 novembre, ordonnant à nouveau la suppression de toutes les écoles primaires et secondaires, donne pour raison de cette suppression, que les cercles littéraires suffiront à donner l'enseignement scientifique moderne aussi bien que l'enseignement littéraire classique.

« Le but de l'institution des cercles littéraires était que l'on s'occupât aussi des sciences, et non pas exclusivement de l'interprétation des livres et des compositions littéraires. L'astronomie, la géographie, la stratégie, l'arithmétique, etc., qui ont tant d'importance pour l'administration de l'empire, font partie des connaissances que doivent posséder les lettrés, et dans les écoles (de fondation récente) on ne s'occupe pas plus d'autres sciences que de celles qui viennent d'être indiquées. Ainsi les cercles et les écoles ne sont qu'une institution sous des noms différents. C'est pourquoi il n'est pas nécessaire d'introduire des changements. En ces temps difficiles il faut surtout s'appliquer sérieusement à l'étude des connaissances nécessaires, et l'on ne doit pas affirmer que les sciences utiles à l'administration ne doivent pas être traitées dans les cercles littéraires 2. »

Mais un décret du même jour recommande de « suivre scrupuleusement les articles relatifs aux examens 'con-

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