‹ Chine ancienne et nouvelle. Impressions et réflexionsChapitre 5 sur 77 · LETTRE-PREFACE XI · texte numérisé non relu

LETTRE-PREFACE XI

de conscience, d'initiative, l'ignorance technique. Ils sont d'ailleurs très capables de se mutiner et de se mettre en grève, tout comme d'autres : ils l'ont déjà prouvé. Quant aux capitaux, aux ingénieurs et même aux contremaîtres, où les trouver, sinon en Occident? Et si la Chine enfin réussissait à se transformer « en colonie industrielle surproduisante, encombrée de ses propres produits comme est notre Europe », serait-il admissible que tout y changeât, sauf le taux des salaires? Donc a le fantôme du péril jaune » n'est qu'un péril comme tant d'autres entre nations concurrentes, ce n'est, ou plutôt ce ne serait (s'il venait à prendre corps) qu'une de ces crises économiques presque journalières dans le monde et dont l'Humanité ne peut triompher que « par une perpétuelle division et redivision du travail ».

Mais la Chine est-elle capable de comprendre les sciences occidentales, d'aimer la science? C'est là une des données capitales du problème.

Votre chapitre sur l'Éducation moderne en Chine me paraît un des plus intéressants, un des mieux documentés de tout le volume. Vous aviez déjà parlé des collèges anglo-chinois de Hong-Kong, qui ne réussissent guère à inspirer à leurs élèves que du mépris pour l'Occident. Vous avez soigneusement visité plusieurs autres établissements-types : le collège des Jésuites de Zikaoué où la place faite au français et à la culture occidentale est récente et minime; le collège de Nanyang dirigé par des Missionnaires américains avec le concours de riches Chinois et qui vous paraît digne de servir de modèle aux Ecoles secondaires et aux Universités de la

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