Décret impérial du 4 septembre
franches, imprudentes, des décrets impériaux eux-mêmes pour réveiller les défiances séculaires, ranimer la superstition nationale.
« Les Européens, ose déclarer l'Empereur', peuvent nous aider à atteindre là où nous autres tout seuls nous n'atteindrions jamais. Or il y a encore aujourd'hui quelques grands officiers, confinés dans le cercle étroit de leurs propres idées, qui osent dire des Européens qu'ils ne possèdent pas les principes de la vraie doctrine ! Ils ignorent qu'innombrables sont les lois de l'administration européenne, et les vertus de leur science et de leur religion! » — Belles paroles vraiment — mais si bien faites pour égarer le pauvre peuple chinois !
Pourtant l'opposition des mandarins, grands et petits, et aspirants mandarins, ne l'aurait peut-être pas emporté sur la volonté de l'Empereur, ou plutôt sur celle de ses conseillers réformateurs, si elle n'avait trouvé dans l'Impératrice douairière un chef énergique et dépourvu de scrupules. Elle vivante, la réforme ne s'accomplira pas. Les réformateurs savent que pour réussir ils doivent se débarrasser d'elle; elle sait qu'on en veut à sa vie. Une sourde lutte d'intrigues, une lutte à mort s'engage autour du faible Empereur : le 20 septembre 1898, l'Impératrice triomphe; elle reprend toute -puissante la régence de l'Empire.
Elle ne se contente pas de faire exécuter tous les réformateurs qu'elle peut saisir. Elle donne tout de suite satisfaction aux grands mandarins, en supprimant la liberté de représentation pour les petits fonctionnaires, les simples lettrés et les hommes du peuple-. Aux examens les amplifications sont rétablies; le degré spécial d'administration supprimé « comme trop favorable aux abus »3.
Il semble que par ces mesures l'oligarchie des man-