‹ Chine ancienne et nouvelle. Impressions et réflexionsChapitre 59 sur 77 · Décret du 1 octobre · texte numérisé non relu

Décret du 1 octobre

darins et le vieux conservatisme de la nation devaient être satisfaits. Est-ce l'Impératrice elle-même qui a surexcité la réaction jusqu'à faire éclater la guerre d'extermination à tout ce qui est étranger? On l'a affirmé. Il ne nous semble pas cependant que, dans les premiers temps de son retour au pouvoir, elle ait nourri d'aussi violents et insensés desseins.

Elle sévit sans pitié contre les réformateurs, parce qu'ils étaient, non seulement ses ennemis personnels, mais des conspirateurs; elle ne condamne pas toute idée de réforme. Elle déclare que son gouvernement « n'a pas d'idées préconçues * ». — « Pour ce qui se rapporte à l'administration, ce qui est utile, soit au gouvernement, soit aux gens du peuple, sans distinction d'ancien et de moderne, doit être successivement employé ^. » — Cinq joilrs à peine après son coup d'État, elle affirme sa volonté « de prendre en considération les deux partis extrêmes pour s'arrêter au juste milieu »•''. Ce n'est pas là le langage d'une femme affolée par la vengeance, ni aveuglée par la tradition.

Et plus d'un acte répond à ce langage. Des mesures sont prises pour assurer la protection des missionnaires et de tous les étrangers. Un missionnaire est même récompensé pour avoir dénoncé une conspiration; et les considérants du décret disent en propres termes que « les missionnaires étrangers de toute nationalité qui viennent en Chine prêcher leur religion se proposent d'exhorter tous les hommes à faire le bien »*. — La liberté de la presse, supprimée en ce qui concerne la critique des actes de l'autorité, est maintenue pour tout le reste. Les épreuves de tir à l'arc aux examens militaires, d'ailleurs maintenues par les réformateurs, ne font pas pour cela qu'on renonce dans les camps aux

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