Cf. le Matin, 14 octobre
exiger des indemnités et n'ont jamais pu les obtenir.... Tous les peuples commencent à voir que la Chine ne cède pas à l'intimidation ^ » L'empereur Koang-Siu, à l'heure actuelle, de sa retraite de Singan-fou, lance peut-être à son peuple des proclamations aussi fîères.
Les Chinois ont la mémoire longue pour tout ce qui les flatte : ils se souviennent que les Européens sont venus tout d'abord mendier leur commerce, et qu'ils se sont soumis, de gaîté de cœur, par amour du gain, à toutes les humiliations : nous avons tort de croire que ce quis'estpassé depuis lors a changé leur mépris en respect.
Pourtant les événements de ces dernières années ont opéré un changement grave dans les âmes chinoises. La Chine s'est sentie menacée : elle n'a pas cessé de mépriser l'étranger; elle n'a même pas proprement appris à le craindre; mais elle a commencé à le détester d'une haine plus ardente et plus active.
Les derniers décrets impériaux n'affectent plus la souveraine condescendance, la tranquille fierté de jadis; on y sent la colère.
« Depuis trente ans les étrangers n'ont cessé de profiter de la tolérance de la Chine pour empiéter sur le territoire chinois et pour fouler aux pieds la race chinoise ! »
Quel aveu ! Et quelle modestie inaccoutumée dans les dernières lignes du même édit :
« Mieux vaut engager la lutte et faire de notre mieux que d'avoir recours à des demi-mesures de préservation qui comporteraient une disgrâce éternelle!... D'ailleurs notre nation compte plus de 400 millions d'individus, et il n'est pas difficile de sauvegarder la dignité de notre pays -. »
1. P. Couvreur, Choix de Documcnls, p. 417. — Voir, dans le même recueil, la relation officielle de la bataille de Foutchéou par le commandant chinois, où il est exposé que les bâtiments français étaient tous hors de combat : « car ils avaient leurs mâts inclinés. »