‹ Chine ancienne et nouvelle. Impressions et réflexionsChapitre 8 sur 77 · XIV LETTRE-PREFACE · texte numérisé non relu

XIV LETTRE-PREFACE

Youlait-on que Tœuvre de transformation pût s'accomplir avec la même aisance dans l'immense empire du Milieu que dans le Japon, qui est une île, ouverte à toutes les influences extérieures ! Et puis... la Chine a été violentée... les réformateurs chinois eux-mêmes ont voulu aller trop vite, alors le vieux conservatisme chinois s'est soulevé. » Et on sait le reste.

Maintenant, que va faire l'Europe? — Vous nous présentez deux politiques possibles : celle d'une intervention minima, celle d'une intervention maxima. La première équivaudrait à l'abstention ; la seconde aboutirait au partage. Vous les discutez l'une et l'autre, avec une abondance et une finesse d'aperçus qui font de ce dernier chapitre le chapitre vraiment capital de votre œuvre. Vous concluez que le partage est fort à craindre et vous le déplorez. Ce n'est pas assez dire : « la brutalité et en quelque sorte l'énormité » de cette solution vous inspirent « une tristesse profonde et une sorte d'effroi ». — « Quelle dangereuse éducation pour les peuples d'Occident... à l'heure où l'idée du Droit des Nations est encore si vacillante dans la conscience obscure du monde civilisé ! » Vous vous faites violence pour admettre un instant la possibilité de ce crime et sans doute afin de rassurer votre conscience, vous terminez par une citation de sir Robert Hart qui, malgré sa sympathie pour les Chinois, se résigne lui aussi à cette cruelle hypothèse

Espérons, malgré tout, mon cher ami, que la formule du problème chinois dont vous avez si bien analysé tous les termes n'aboutira pas à cette négation de la justice. Assez d'autres, parmi les Etats de

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