‹ Chine du sud et de l'estChapitre 16 sur 131 · X.V111 LES VOYAGEURS CHINOIS · texte numérisé non relu

X.V111 LES VOYAGEURS CHINOIS

qui, annexé au Kapiça, en formait la capitale orientale. Il tomba malade, ne put rentrer en Chine avec le reste de l'ambassade et fit vœu de se consacrer au Bouddha; en qualité de religieux, il séjourna longtemps daus le Cachemire et visita les sanctuaires de l'Inde du centre. Après plusieurs années, il se décida entln à revenir dans sa patrie ; il traversa le Tokharestan et, notamment, parmi les cinquante-sept régions qui en dépendaient, le Kou-tou (Khottal), puis le Kiu-mi-tclie (Koumêdh, auj. Karatégin), le Che-ni (Chighnàn), et atteignit ainsi de nouveau Sourlei (Kachgar) et Yu-Vten (Khotan). Traversant successivement Wei-jong (Yaka-aryk), Kieou-tseu (Koutcha), OurhH (lisez Yen-hH =. Karachar) et Pei-fing iTsi-mou-sa^ près de Kou-tcKeng\ il arriva en 790 à TcKang-^gan. La courte notice qui traite de ses voyages nous renseigne sur les nombreuses fondations religieuses que des princes turcs avaient faites dans le Gandhâra et dans le Cachemire.

L'année 751, où Wou-k'ong se mit en route, est une date critique dans l'histoire de Chine. En effet, le 29 mai 751,1e royaume taï de Nan-tchuo, dont la capitale était Ta-li fou dans le Yun-nan, infligea uuc sanglante défaite aux troupes impériales ; pour se mettre en garde contre des représailles, le roi du Nan-tchao flt alliance avec le roi ou btsanpo du Tibet ; ainsi se constitua, au sud de la Chine, nne coalition formidable. D'autre part, en juillet 75d, le général Kao Sien-tche fut complètement battu par les Arabes près de la rivière Talas et cet échec retentissant marque la fin de la domination chinoise dans les régions autrefois soumises aux Tovrhiue occidentaux. La dynastie Tang^ pendant toute la seconde moitié de sa durée, qui s'étendit jusqu'au début du dixième siècle, fut peu capable désormais d'exercer son influence en dehors des limites de son territoire propre, et les voyages, par une conséquence naturelle, s'interrompirent. Rappelons cependant le nom de Tou HouAN, qui accompagna le général Kao Sien-tche lors de son expédition de 751, et qui revint par mer à Canton en 762 ; il avait vraisemblablement été au nombre de ces Chinois qui furent faits prisonniers par les Arabes à la bataille de Talas et qui apportèrent à Samarkand l'industrie du papier jusqu'alors inconnu à l'Occident de l'Asie ; il avait écrit une relation fKing hing hij dont nous n'avons malheureusement que quelques fragments (1).

Si, pour toute la dernière période de la dynastie Tang^ nous n'avons plus à citer de diplomates ou de religieux qui aient visité les pays étrangers, cela ne vent pas dire assurément que toute relation ait été suspendue entre la (]hine et le dehors; le commerce dut continuer à ])rali(juer ses échanges do lieu en lieu ; ce sont,

(1) Cf. HiRTH. Nachworle zur Inschrift des Ton1uhuhA%^, p. 3 et p. 70.

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