‹ Chine du sud et de l'estChapitre 17 sur 131 · KI-YE XIX · texte numérisé non relu

KI-YE XIX

sans doute, des marchands qui fournirent au géographe Kia Tan (730-805) les éléments des huit itinéraires fort concis et parfois obscurs où il énumère les principales routes sortant de Tempire pour s'enfoncer dans les différentes parties de l'Asie (1). L'une de ces routes est celle qui, par mer, va de Canton jusqu'à Bagdad (2); le marchand arabe Soleyman, qui vivait au milieu du neuvième siècle, mentionne, de son côté, les nombreux navires chinois qui abordaient dans le port de Syraf, sur la côte septentrionale du golfe Persique (3).

Sous les cinq petites dynasties qui succédèrent aux Tang^ on n'a guère à signaler que l'ambassade de Tchang K'ouang-ye qui se rendit à Khotan et en revint, de l'an 938 à l'an 942 ; un certain Kao Kiu-houei, qui l'accompagnait, a bien décrit sa marche jusqu'à Cha tcheoUy à l'extrémité occidentale du Kan-sou, mais il est fort peu explicite sur le chemin qu'il suivit de ce point jusqu'à Khotan (4).

Revenant aux voyages des pèlerins bouddhiques pour en achever l'historique, nous devons nous transporter à l'époque des Song. Le premier siècle de cette dynastie, qui commença en 960, fut très glorieux; aussi les portes de l'Occident se trouvèrent-elles rouvertes. En 964, un décret autorisa trois cents religieux à aller chercher des livres sacrés en Inde ; suivant une autre version, ces religieux étaient au nombre de cent cinquante-sept et partirent en 966 ; l'un d'eux, Ki-ye, avait pris quelques courtes notes sur son voyage, qui dura jusqu'en l'an 976 ; elles sont trop sommaires pour être fort instructives (5).

Les textes historiques nous apprennent que de nombreux pèlerins se succédèrent jusqu'en l'année 1050 ; ils n'ont rien écrit ; mais cinq inscriptions chinoises, qui ont été exliumées à Bodh gayà, sur l'emplacement du glorieux temple Mahàbodhi, et qui sont datées, l'une de l'année 950 environ, trois autres de l'année 1022, et la cin- (|uième de l'année 1033, ont subsisté pour attester Jusqu'à nos jours le passage de quelques-uns d'entre eux (6). A partir du milieu du

(1) Cf. T'ang chou^ chap. XLllI, b, à la tin.

(2) Cf. YuLE, Cathay and the way thither, 1866, p. LXXVUl- LXXIX; — G. Phillips, Nestorians at Canton {China Review. vol. VIII, 1879-1880, p. 32-33).

(3) Cf. Reinaud, Relation des voyages faits par les Arabes et les Persans dans llnde et à la Chine, t. I, p. 13-14.

(4) Cf. Wou tai che, chap. LXXIV;— Abel Rêmusat. Histoire de la ville de IDiotan, 1820, p. 79-81 ;— Richthopen, China, vol. I, 1877, p. 536, n. 1.

(5) Cf. Ed. Huber, L'itinéraire du pèlerin Ki-ye dans Vlnde (BEFEO, t. 11, 1902, p. 256-259).

(6) Cf. Chavannes, Les inscriptions chinoises de Bodh Gayâ (Revue de l'histoire des religions, t. XXXIV, i«y6, p. 1-58, et t. XXXV, 1897, p. 88-112).

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HIU K'aNG-TSONO XXI

roi, pour éviter les chaleurs, était allé s'établir au nord du Bogdo ola, il franchit ces montagnes et se rend à Pei-fing qui fut aussi appelé Bichballk dès l'époque des Tang, et qui occupait l'emplacement de l'actuel Tsi-mou-sa, k l'ouest de Rou-tch'eng.

Quatre autres voyageurs (l), Hou Kiao (947-953), qui est antérieur à la dynastie des Song, Wang Yi (vers lOiO), Fou Tgheng (101«) et SoNG HouAN (i020), nous apportent des renseignements sur les contrées occupées par le peuple des Khitan dont le nom a donné naissance aux dénominations de Cathay et Kitai par lesquelles respectivement le moyen âge jusqu'à Marco-Polo et les Russes jusqu'à maintenant, ont désigné la Chine. Nous apprenons ainsi que la capitale supérieure des Khitan et leur véritable berceau étaient à la source du Tchagan mouren, affluent du Sira-mouren (à l'extrémité nord et un [leu en dehors de la province de Tc7ie-li)t que leur capitale du centre était la localité actuelle de Tchagansoubourgan, sur la rive gauche de la rivière Lohan, enfin que la sépulture du fondateur de l'empire Khitan était située non loin du confluent de la rivière Lohan et du Sira-mouren ; nous pouvons en outre voir quelles routes on suivait pour arriver en ces divers points à partir de Pékin qui était la capitale méridionale des Khitan.

I^es Khitan durent, en l'an lli9, céder la place aux Djourtchen de Mantchourie qui fondèrent la dynastie Kin^ c'est-à-dire d'or. L'ambassadeur Hiu K*ang-tsong (|ui, en U25, fut envoyé auprès des nouveaux souverains barbares, trouva leur résidence sur les bords d'un affluent de droite de la Soungari, l'Altclioucou ou rivière d'or, dont la dynastie tira son nom (1). La langue des Djourdchen est étroitement apparentée au mantchou et il n'est pas sans intérêt de constater que l'habitiit primitif de ce peuple était assez voisin de la localité d'Odoli d'où la tradition fait venir les Mantchous.

En l'année 1127, les empiétements jirogressifs des Kin obligèrent la dynastie chinoise des Song à transférer sa capitale de iCai-fong fou (dans le Ho-nan)t à Hang-tcheou (dans le Tcho-hiaiig). Si les Song ne purent plus ;dès lors entretenir de relations avec les pays d'Occident par la vole de terre, ils restèrent du moins en rapports avec eux par le» nombreux vaisseaux qui fréquentaient les ports du sud de la Chine. Un certain Tchao Jou-koua^ qui fut inspecteur du commerce maritime à Ts'iuan-tcheou (dans le Foit-kie7i)y écrivit entre 1205 et 1258 un traité sur les peuples étrangers {Tchou fan tche) (2) ; bien qu'il n*ait pas été lui-même un voyas^eur et que

(1) Cf. Chavannes, Voyageurs chinois chez lex KJiitan et les Joutchen, (Journal Asiatique, mai-juin 1897, p. 372-452, et mai-juin 1898, p. 301-439).

(2) Cf. HiRTH, Die Lânder des Islam nach chluosischen (juellen, 4894 (supp. au vol. V du T'oung pao), et divers articles du même auteur disséminés dans Toung pao (VI, 1895, ]). 149-UU), JHAS, 1896,

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