‹ Chine du sud et de l'estChapitre 23 sur 131 · LES TS'IKG XXXXIX · texte numérisé non relu

LES TS'IKG XXXXIX

tributaires, avec la secrète réservée d'en reprendre un jour la possession.

Les Sociétés secrètes étaient nombreuses et turbulentes ; la plus emportante, celle des Triades, se crut assez forte, en i849,pbur ajçir au grand jour et, à cette date, commence cette révolte dite des T'ai-p'ing, qui fut «une véritable révolution. La lutte ne dura pas moins de quinze ans, pendant lesquelles les T'ai-p'ing ravagèrent plusieurs provinces et vinrent jusqu'à T'ien-tsin, aux portes de Pékin* Les armées chinoises n'en vinrent à bout qu'avec le concours d'officiers étrangers ; sous la direction des Français Tardif, Le Brethon, tués en 1863, et Bonnefoy, de l'Américain Ward, tué en 1862, des Anglais Gordon et Holland, et du Chinois Li Hong-tchang, qui a joué un si grand rôle dans les alTaires chinoises pendant la dernière moitié du xix* siècle, elles repoussèrent peu à peu les T'ai-p'ing et s'emparèrent, le 4 décembre 1863, do la ville de Sou-tcheou, un de leurs principaux centres. D'autre part, en 1862, comme les T'ai-p'ing menaçaient Chang-hai, une colonne franco-anglaise, s(ms les ordres des amiraux Protêt et Hope, opérait en même temps que les armées chinoises et, après avoir pris le camp de Wong-ka-dza et T'singpou, attaquait, le 17 mai 1862, la ville de Nan-k'iao qui fut emportée mais l'amiral Protêt fut tué au moment de l'assaut. En mars 1863 le corps franco-chinois, organisé par deux officiers de la marine française, Giquelet d'Aiguebelle, s'empara de Chao-hing ; le gouvernement de Ning-po était délivré de la présence des T'ai-p'ing.

Enfin, le 19 juillet 186i, Nankin tombait au pouvoir du général Tseng Kouo-ts'iuan ; les chefs rebelles se suicidaient on étaient exécutés. La révolte dcsT'ai-p'ing était terminée: les débris de leurs bandes se réfugiaient dans les montagnes et la France devait les retrouver plus tard au Tonkin sous le nom de « Pavillons-Noirs » •

Aux mêmes époques, la Chine eut à combattre une révolte des Musulmans qui, commencée au Yun-nan en 1855 par une querelle entre > mineurs, se prolongea pendant près de vingt ans et se termina par d'horribles massacres des révoltés, car il semble qiie les Chinois soient aussi jaloux de conserver leur civilisation que la barbarie dont elle a toujours été mêlée: des événements récents l'ont bien démontré.

Si les gouvernants chinois, pour apaiser ces rébellions, avaient eu recours aux lumières et à la bravoure des « barbares », comme ils nomment dédaigneusement les Européens, ils ne leur en conservèrent aucune reconnaissance et leur histoire, désormais, prend tout son intérêt dans leurs résistances à l'élément étranger.

HISTORIQUE

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