DURÉE
officielle
RÈi'.KE
8 oct. 1643.
7 fév. 1661.
27 déc. 1722.
18 oct. 1735
9 fév. 1796.
3 oct. 1820.
9 mars 1850.
11 nov. 1861 .
J2 fév. 1875.
5 févr. 1661.
20 déc. 1722.
8 oct. 1735.
7 fév. 1796.
2 sept. 1820.
25 fév. 1850.
21 août 1861.
12janv. 1875.
18 ans 61 »
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Relations avec rétranger.
Aux premiers siècles de son histoire, la Chine fut surtout occupée à constituer sa nationalité, luttant contre les invasions multipliées de ses voisins du Nord, de l'Ouest et du Sud, se débattant dans des convulsions intérieures sans cesse renaissantes et n'ayant ni le loisir, ni encore la puissance nécessaire pour se créer des relations extérieures que le caractère national, d'ailleurs, était peu porté à rechercher.
Plus tard, quand la renommée de quelques-uns de ses fondateurs de dynastie se répandit au dehors, quand sa puissance fut connue, elle vit arriver près de ses souverains des ambassades de différents peuples, mais elle en reçut plus qu'elle n'en envoya, restant instinctivement fermée, rebelle aux relations que la mer pouvait lui procurer, les entourant d'entraves gênantes et ne se prêtant pas avec bonne grâce aux établissements ou comptoirs commerciaux sur ses côtes.
Sous la dynastie des Tang seulement, du vu* au \* siècle de notre ère, la navigation chinoise prit un certain développement; les jonques visitaient la côte du Malabar et peut-être le golfe Persique, mais c'était là une navigation côtière,' tout au plus du grand cabotage et jamais les Ch-lnois, malgré leu4's nombreux ports et l'étendue
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LES VOYACtEURS ÉTRANGERS LI
de leurs rivages maritimes, malgré qu'ils aient inventé la boussole avant les Européens, n'ont passé pour un peuple navigateur.
Il en était autrement des Arabes, beaucoup plus entreprenants, beaucoup moins conflues dans leurs frontières ; ils commencèrent, avec la Chine, y infiltrèrent largement l'esprit musulman, y eurent des colonies et c'est par eux que l'Europe du Moyen Age connut l'existence, à l'Extrême-Orient de l'Asie, d'un grand empire dont les écrivains de l'antiquité ne lui avaient donné que de vagues notions et dont la civilisation pouvait lui paraître douteuse, à en juger par l'échantillon fourni par le torrent envahissant des Tartares Mongols qui pénétrèrent jusqu'en Hongrie.
Cette formidable invasion fut cependant l'occasion d'une entrée en relations de l'Europe, sinon avec la Chine, du moins avec les princes qui s'en étaient rendus maîtres. Le pape Innocent IV, tes voyant combattre les Musulmans, les considéra un peu comme ses alliés et résolut d'entrer en communication avec eux, non sans un secret espoir de les convertir au christianisme. II envoya M245-i246; deux missions de dominicains vers deux puissants Khans, Boschou et Batou. Ces missions eurent peu de succès, l'habileté et l'éloquence des religieux se heurtèrent à la ficre opinion que les princes tartares avaient de leur origine et de leur puissance et au respect quasi-religieux que leurs peuples avaient pour leur personne et leur autorité ; mais les ambassadeurs rapportèrent des renseignements intéressants sur les contrées qu'ils traversèrent et quelques notions sur la Chine. Ce fut le point de départ des tentatives d'évangélisation de la mystérieuse contrée ; les missionnaires eurent quelques succès ; un archevêché de Pékin était fondé par Jean de Monte-Corvino, qui mourut en 1333. Nous avons d'intéressants travaux, lettres ou relations de plusieurs missionnaires, jusqu'à la chute de la dynastie mongole des Yuan qui vint arrêter ce premier essor des missions catholiques en Chine.
La plus remarquable de ces relations est celle du long voyage que fit en Asie un moine franciscain, Odoric de Pordenone H), envoyé par ses supérieurs pour seconder l'œuvre de l'archevêque Jean de Monte-Corvino. Cette très curieuse relation embrasse une période de dou2e années ^318-1330). Parti de Padoue, Odoric s'embarqua ^ Constantinople pour traverser la mer Noire et arrivera Trébizonde, d'où, par l'Arménie, il gagna la Perse qu'il visita longuement avant de reprendre la mer à Ormouz, sur le golfe Persique. Après avoir entièrement contourné les Indes, abordé dans la péninsule indochinoise (royaume de Tchampa), il arriva à Canton, puis toucha
(i) Cf. Henhi Cordieh : Les Voyages en Asie du BiedheiLr^yx^ Frère Odoric de Pordenone.
Î.1I HISTORIQUE
plusieurs ports du Tonkin; à Ilaiifi-tolieou, reprenant la roule de terre» il se rendit à Nankin, à Yang-tcheou et, par le Canal impérial;. il arriva enfin à Pékin qui s'appelait alors Khan-bàliq; On n'a que de vagues données sur la date exacte des nombreux arrêts d'Odorir de Pordenone, mais on sait qu'il résida trois ans à Khànbâliq, où il put rerueillir pendant ce long séjour les curieux renseignements que donne sa narration sur les mœurs de la Cour mongole et des populations au milieu desquelles il a séjourné. Cette relation est précieuse sous ce rapport autant (fue par la sincérité et la bonne foi dont elle est imprégnée.
11 rentra en Europe par les provinces o«:cidentaIes de la Chine, le Tibet et, probablement, le Khoraçan et l'Arménie. Il mourut peu de temps après, en 1331, à ïîdine, où sa mémoire est restée en très grande vénération. En i755, le pape Benoît XIV le déclara Bienheureux.
Les Vénitiens, au temps de leur puissance, connurent aussi la Chine et l'un d'eux, iMarco Polo (1252-4324), est resté célèbre; il avait passé dix-sept ans près de Koubilai, le fondateur illustre de la dynastie mongole des Yuan, et a laissé, de ses voyages dans l'Asie Orientale, une relation fameuse, qui parut à ses contemporains incrédules tout a fait fabuleuse , si bien qu'à son lit de mort sa famille le supplia de la rétracter ou, tout au moins, de désavouer les passages qui semblaient les plus invraisemblables. Marco Polo refusa énergiquement et déclara n'avoir dit (pie la moitié des choses extraordinaires dont il avait été témoin ; on suppose que c'est par crainte dB l'incrédulité de ses compatriotes qu'il a omis déparier de la Grande Muraille de Chine. La suite des temps a démontré l'exactitude générale de cette relation et des observations du célèbre vénitien, qui eurent des conséquences de la plus haiile importance.
Si brèves et peu ordonnées (jue furent ses indications géographiques, elles ne tardèrent pas à intéresser les cosmographés et l'on vit sur les cartes du monde figurer la Tartarie, la Chine, le Japon, les côtes orientales et l'extrémité de l'Afrique. D'autre part, la prolongation indéfinie vers l'Est de ce qu'on appelait alors le Cathay donna l'idée d'y accéder directement par l'Ouest et c'est ainsi que Marco Polo et les savants qui, successivement, donnèrent du crédit à sa relation, promptement répandue et traduite en pinsieurs langues, préparèrent les deux plus grandes découvertes géographiques des temps modernes, celb' du Cap de Bonne-Espérance et celle des deux Amériques. La route du Cap ouvrait celle des Indes et de la Chine et désormais l'Europe allait s'efforcer de se mettre en rapports avec l'Empire du Milieu.
• Portugal. —En relation avec les Indes depuis lcvoya?;e de Vasco de Gama (1497), les Portugais ne lardèrent pas à pousser jusqu'à la