‹ Chine du sud et de l'estChapitre 30 sur 131 · PEINTURE LXXIX · texte numérisé non relu

PEINTURE LXXIX

décadences, comme partout ailleurs. Ces phases diverses, malheur* reusement, nous sont peu divulguées par les œuvres elles-mêmes et on ne peut guère en disserter que sur la foi des livres, nombreux d'ailleurs — car le Chinois a beaucoup écrit et un peu sur tout — qui en ont parlé et nous ont transmis les noms des peintres depuis plusieurs siècles; ce sont là des renseignements rétrospectifs qui intéressent Térudit plus que le voyageur, et le cadre de ce travail ne nous permet pas d'allonger notre exposé par des nomenclatures d'artistes dont les œivres ont généralement disparu.

Il nous sufAt de constater que la Ghme a possédé des écoles de peinture et des artistes dont les œuvres ont paru dignes d'être signalées à la postérité.

11 ne faudrait pas prendre ici le mot artiste avec la signification exclusive qu'il a dans nos civilisations. Aux temps anciens de la civilisation chinoise, en effet, les peintures ne paraissent pas avoir été l'œuvre d*hommes spécialement occupés à ce genre de travail : « Ceux qui s'y livraient, nous dit M. Paléologue, n'étaient pas exclusivement des artistes; c'étaient des lettrés, des philosophes, des hommes d'Etat qui s'y adonnaient comme à une occupation supé • rieure, digne des loisirs des esprits élevés, intimement liée à la culture littéraire (4) ».

Plus tard, cette situation se modifia et l'art de peindre s*étant développé eut ses praticiens, principalement — après l'infiltration bouddhique — parmi les moines et les bonzes. Cet art paraît avoir son origine dans récriture flgurative et l'enseignement du dessin se fait en Chine suivant les principes et les méthodes de celui de l'écriture ; l'instrument de travail est le même, le pinceau.

Comme ailleurs, les premières œuvres des peintres durent être reçues par les murailles et les Annales rapportent souvent que les empereurs faisaient ainsi orner les murs de leurs palais. Ce n'est qu'au III' siècle av. J.-C que Ton commence à signaler des œuvres coloriées sur tablettes de bambou ou sur de la soie fine. Au siècle suivant remonteraient les premiers essais de reproduction de la figure humaine.

Au premier siècle de notre ère, et surtout au deuxième, la vulgarisation du papier et le perfectionnement de sa fabrication apportèrent aux peintres un moyen nouveau qui donna à l'art du dessin et de la peinture un rapide développement, que le Bouddhisme vint encore accentuer; dans les monastères, les bonzes se plurent à retracer sur de longs rouleaux de soie les incidents variés de la légende bouddhique; ils firent école et, en dehors de leurs couvents, de nombreux peintres se firent assez distinguer dans leur art pour

[i) L'Art chinois p. 254.

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