I.XXX l'art
que leurs noms aient été enregistrés, par centaines, dans les li%Tes chinois spéciaux, avec quelques appréciations de leurs œuvres, insuffisantes malheureusement pour permettre d'en définir le caractère et le style.
A mesure (|ue le temps s'écoulait, l'art se généralisait; les peintres s'appjifiuèrent à reproduire les fleurs, les animaux et excellèrent surtout dans le dessin du ciieval et de ses attitudes; sous la dynastie des Son^t la peinture du paysage fut très en vogue; plus tard, on vit les artistes se spécialiser, peignant ciiacun le même détail de paysage, la môme essence d'arbres, la môme plante, la même fleur; tel fut célèbre par ses bambo.is, tel autre par ses pivoines.
Au XIII* siècle, le nouveau bouddhisme importé du Tibet, le lamaïsme, remit en honneur la peinture religieuse. Aux siècles suivants, on consulte la tendance des peintres à aftiner leurs procédés, sans élargir le champ de leur inspiration; le talent de l'artiste s*appiique a une minutieuse reproduction des objets, au fini des détails plus qu'aux elTels d'ensemble.
Cest le signal d'une décadence qui s'accentue sous les Ming et alioutit à un style artificiel, à des formules conventionnelles qui subsistèrent pendant les xvii* et xviip siècles et produisirent des (ouvres qui se classent plutôt dans le domaine de la « Curiosité ;» que dans celui de l'Art.
Et comme c'est par ces (liuvres que la peinture chinoise nous est surtout connue, il s'établit une opinion défavorable.
Nous avons vu qu'il ne faut pas généraliser et on peut espérer que, plus tard, une ctonnaissance plus approfondie des livres chinois qui ont traité ce sujet, jettera quelque jour sur les belles époques de la peinture chinoise.
La ScuLPTruE. — Nous entendons parler ici de le grande sculpture, de la sculpture sur pierre, de la statuaire et nous serons forcément bref, car les œuvres de cette nature sont extrêmement rares en Chine et ne dénotent pas un grand elTort d'art. La pierre a été aussi peu employée par les sculpteurs que par les architectes.
Si nous remontons à l'origine de cet art en Cliine, nous sommes obligés de constater avec M. Chavanues (i) que : « La sculpture sur pierre parait n'avoir fait en Chine qu'une fort courte apparition avant l'époque où le bouddhisme est venu lui fournir des inspirations nouvelles. Les seuls restes qui nous aient été conservés se réduisent à quelques bas-reliefs dans la province deChan-tong. »
Ce sont ces restes qui font l'objet du très bel ouvrage dont nous venons de citer quelques lignes et que M. Chavannes a enrichi de
(1) La sculpture sur pierre au Urnivs des deux dynasties Han. — Paris, i«>3.