LXXXIV I/ART
D'autre part, M. Ernest Grandidier, conservateur du Musée de Céramique chinoise du Louvre, dit dans son bel ouvrage, La OéroAnique Chinoise (1894) , qu'à l'imagination des auteurs du Céleste-Empire, il faut ajouter inexactitude des traducteurs ignorants des procédés céramiques et l'insouciance des voyageurs qui ont appliqué à des objets identiques les mots poteries, grès, majo- Hquest faïence, porcelaine,
M. Stanislas Julien, d'après les Annales de Feou-lecmg, admet l'origine de la porcelaine sous la dynastie des Han (185 ans av. J.-G.— 87 ans après J..-G.). Mais, M. Grandidier pense qull y a là une inexacte interprétation des caractères de l'auteur ctiinois et des mots tao et yao: le premier signifie poterie émailiéo, terre, grès ou, tout au plus, porcelaine grossière; quant à yao c'est le four à cuire toute poterie, et ce mot ne peut qu'indirectement être appliqué à la porcelaine. A la vérité, les Ciiinois n'ont pas un vocable spécial pour désigner ce que nous appelons porcelaine: ils dirent ts^^u qui, rigoureusement ne veut dire que poterie fine, supérieure. En résumé, M. Grandidier estime que des doutes existent sur toute origine antérieure à la dynastie des Song (960—1260) et c'est entre les année 950 et lOCO qu'il place la découverte de la porcelaine kaolinique, la seule qui puisse porter ce nom ; tout ce qui a précédé n*est considéré, en Gtiine même, que comme grès céramiques.
Ces grès se fabriquaient en grande quantité dès le vii*i siècle, à Nan-tchang-tchen qui devint plus tard le centre de la fabrication de la vraie porcelaine, et comme en Chine tout se règle par décret impérial cette fabrication fut réglementée ofTiciellement et, au commencement du xi* siècle, l'empereur Tchen-tsong ordonna de marquer les pièces dos caractères King-to qui désignait son régne ; le telle sorte que les porcelaines impériales sont connues sous le nom le King-to-tchen et que la ville elle-même prit ce nom qu'elle a conservé.
Ces marques, au chiffre impérial, peuvent se traduire ainsi : « Fait pendant la période (ici le nom du règne) de la grande
dynastie » Mais la chronologie qu'elles semblent permettre
d'établir n'est pas rigoureuse parce que les Chinois ont été de grands contrefacteurs et falsificateurs. 11 est donc très difficile de déterminer la date exacte d'une pièce de porcelaine.
Cla88iflcation.il a été proposé plusieurs modes de classification des innombrables produits de la céramique chinoise. M. Jacquemart les divise en familles, d'après leur décoration : il indique les familles bleue, verte, rose et la famille chrysanthémo-peonienne. Mais M. Grandidier critique énergiquement cette classification et en propose une nouvelle, établie rationnellement par époques et nature des décors. Il distingue cinq époques :