‹ Chine du sud et de l'estChapitre 59 sur 131 · MACAO · texte numérisé non relu

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et parmi les missionnaires on prévoyait 2 prêtres à Tllha de Hai-nan avec des appointements de 516^ p. 90 c. ctiacun.

Les forces militaires sont commandées par un général ; elles comprennent : trois compagnies d'infanterie portugaise, une batterie d'arrillerie, un peloton de cavaliers une compagnie d'Hindous de Groa, et une section de soldats ctiinois ; le tout formant un effectif de 450 hommes.

Le clergé est sous la dépendance d'un évoque. L'administration diocésaine, créée en i580, s'étend sur Macao, sur l'arrondissement du Hiang-chan-hien (Heong-chan, c), et sur toute fa préfecture du Tchao-lc'mg-fou (Cliiou-hing, c.) (depuis 1902).

Macao, 78.627 habitants (en 1896), compte 74.508 chinois, 161 étrangers européens et 3.898 Portugais (dont 615 nés en Europe).

La ville est située à rextrémité d'une presqu'île dépendante de la terre de Hiang-chan, sur le 22* 11' de latit. nord et le 111» 13' de longit. est de Paris. Son mouvement commercial est de 15 à 18.000.000 de taëis.

« Avec sa fraîche polychromie de murailles blanches, jaunes, mauves et roses, ornées de volets verts et vêtues de verdure, sous le ciel bleu, au grand soleil, Macao a un air de jeunesse et de gaieté. Pourtant c'est une cité vieille et demi-morte. Ces rues étroites, ces « calçadas » grimpantes et tournantes, sans trottoirs, paves de têtes de chats, rocailleuses ou glissantes, rappellent le siècle passé. En plein jour ces rues sont presque désertes. Dans la plupart la pente est trop raide même pour des pousse-pousse. Beaucoup de rues on ruelles serpentent entre de grands murs aveugles, sans fenêtres et même sans portes, par-dessus lesquels parfois débordent des verdures tombantes dont la luxuriance même dit l'abandon; entre lesquels résonnent clair les pas solitaires sur le pavé de galets. Quand ce ne sont pas des murs de couvents, ce sont les murs de soutènement des maisons en terrasse. Quelquefois dans ces murs s'ouvrent des soupiraux grillés donnant dans des sou.s-sols obscurs : ce sont les anciens « barracoons » où l'on enfermait les coulis en attendant de les vendre, au temps encore un peu éloigné où Macao était le centre d'opérations des négriers jaunes ». Weulehsee, I. c.

On a comparé le site de Macao ù celui de la principauté de Monaco ; l'hôtel Boa-Vista représentait le rocher de Monaco ; la Praia-Grande, la Gondamine ; la Fortaleza da Guia, Monte-Carlo. On pourrait encore ajouter que les joueurs viennent nombreux h Macao tenter les chances du fan-tan (ba^quan des Annamites).

Le quartier riche est celui de la Praia-Grande, promenade agréable, ombragée, ouverte sur la baie entre Boa- Vista et la « fortaleza de S. Francisco », et terminée vers le N. par un jardin dans lequel des concerts sont donnés. C'est sur ce boulevard que le Tout-Macao vient respirer la fratchéurf se montrer et potiner. Des habitations impor-

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tantes y eont édifiées : l'Hôtel Hing-kee, le Palais du Gouverneur, le Palais de Justice.

tf A côté de la noble cité portugaise, dit de Hubner, coupée d'avenues régulières, bien tenues, silencieuses, où l'herbe croit, la Cité chinoise, aux rues étroites, populeuses, bruyantes, exerce ses industries variées, et se livre à un eommerce actif. Tous les échanges de Macao avec G&nton, Hong-kong, Batavia, 6oa, se font par les négociants chinois et les jonques chinoises. L'élément chinois gagne constamment du terrain. Le Chinois représente la vie, le Portugais le sommeil, sinon la mort. Aussi voit-on des Chinois s'établir dans beaucoup de belles et anciennes maisons portugaises. La métamorphose est complète. L'image de la madone qui certes n'a manqué à aucune de ces habitations, est remplacée par l'autel des ancêtres. Tandis que les résidents étrangers si retirent parce qu'ils ne peuvent plus faire d'affaires, tandis que l'élément portugais, pur suite d'infusions multipliées de sang asiatique, se vicie et s'éteint ; le Chinois, grâce à son activité et à sa sobriété merveilleuses, opère ce que son gouvernement, ni par la force, ni par la ruse, n'a pu obtenir ; il vient, sous Tombre même du drapeau portugais, reprendre possession du territoire conquis jadis par les héros lusitaniens ».

C'est dans Tune de ces artères du quartier chinois que se tiennent les maisons de jeu, Casa do Jogo, principalement dans la Rua do Felicidade.

Le croupier prend une soucoupe creuse et puise au hasard une quantité de sapeques. Lorsque les enjeux sont placés, il découvre le bol et compte une à une les piécettes, avec une baguette et les place par tas de quatre. Le nomnre restant est le numéro gagnant.

Une Douillerie d'opium est installée dans la ville; elle appartient à un Chinois qui paie par an au gouvernement portugais un droit de monopole de 250.000 piastres.

L'opium brut venant de Malwa, de Bénarès, et en majeure )artie ae Patna, arrive en caisses contenant chacune 40 balles. Le )roduit recueilli du pavot est enveloppé dans une carapace de euilles séchos pressées, le tout formant une boule, appelée «balle», .e poids d'une caisse de Picul l.ao. \}m\ partie de cet opium est vendu à des Chinois faisant le commerce avec divers pomts de la contrée. En 1901 le total des droits perçus sur l'opium a été, à Lappa, de taëls : 177.432 dont 129,042 comme droits du li-kin valant en francs 532.298. L'opium ne peut sortir de M.aiv:^ç> "à'àxvà \xw ^w:vsîûs»

do MAOAO

Spécial du superintendant, en même temps maître de port (en 1903 c était un capitaine de vaisseau) ; il ne peut gagner un port chinois sans un « permis de passer les stations t. Cette autorisation de circuler est délivrée par la douane de Lappa moyennant la somme de taëls : 132.000 par caisse de 40 balles ('douane, 36,000; li-kin, 96.000).

La plus grande partie des caisses reçues par le monopoliste sont gardées à la bouiilerie pour la préparation de l'opium à fumer.

Les balles sont ouvertes par leur diamètre avec un couteau très coupant. Le contenu est place dans des grandes cuves de cuivre et additionné d'eau. Le tout est chauiTé par des petits fourneaux en terre réfractaire. Chatiue cuve a son fourneau ; il y en a dans diverses salles, souvent cloquante. Lorsque le produit est en ébul-

baguettes de nois dur, pour

Pendant les refroidissements, il est continuellement battu pendant que d'autres Chinois agitent au-dessus de larges éventails en feuilles

L'opium préparé l'épaisseur.

On le place dans des boites en fer blanc soudées. Ces dernières sont ensuite mises dans des caisses et envoyées soit à San-Francisco, soit en Australie.

Pour San-Francisco, une caisse vaut 500 taëls ou 31 1/4 catties, équivalent à 20 balles ou 60 catties d'opium brut. Pour l'Australie, une caisse vaut 600 taëls ou 37 l'2 catties, équivalent à 24 balles ou 72 catties d'opium brut.

. Les steamers des grandes Compagnies américaines et anglaises viennent mouiller à 12 milles de la Praia pour embarquer ces caisses.

Tour de la Colonie. En se dirigeant de la Praia vers le territoire chinois, une belle route en corniche domine la mer ; elle mène au fort de Guia dans lequel a été élevé un phare.

Sur la g., un petit cimetière portugais; sur la dr., celui des Parsis et des musulmans.

L'anse de la Praia de Gacilhas où échoua au xvii« siècle un des débarquements des Hollandais. La plage est dominée par la «fortaleza de Dona Maria II».

Près de la route, quelques tombes, avec des inscriptions en anglais, sont du xviii* siècle. Un jardin public sur les pentes d*un mamelon, surmonté d*un petit belvédère.

La langue de terre, qui réunit Macao à la terre chinoise, est commandée par la « fortaleza de Mong-ha ». La limite du territoire portugais est marquée par une porte imposante : Porta do Cerco, sorte d'arc de triomphe, portant bien en vue llannée 1849. Cette date oàt celle de l'assassinat du gouverneur Amaral (22 août) par des Chinois ^ la solde des

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