‹ Chine du sud et de l'estChapitre 75 sur 131 · Fott-toheou. (Foochow. a · texte numérisé non relu

Fott-toheou. (Foochow. a

L'Entrée. A iO eti3 milles au large, les îles Pai-kouan et Tongkouan au S. et Ma-tsou au N. de la double entrée du fleuve Min ; à rembouchure duquel se trouve l'île Wou-fou.

La seule voie praticable aux vapeurs est le chenal N. à droite des collines coniques et quelques hauteurs plus élevées, à gauche des mamelons avec quelques bouquets de bois. Puis les rives se rapproclient pour former la Passe Kin-pai^ bordée des deux côtés de batteries bétonnées et étagées et que força avec succès, en i884, Tamiral Courbet. Le fleuve s'élargit, on laisse sur la gauche le chenal du S., fréquenté par les jonques, puis on arrive à un second étranglement, la Passe Min-ngan, également flanquée de batteries fortement armées. Sur la droite, Vile Lcrsing^ puis, après le confluent des deux bras du Min, le Mouillage de la Pagode (Pagoda). Sur une hauteur isolée de l'île est élevée une pagode à sept étages, puis sur le continent s'échelonnent, sur un mamelon, des habitations; au pied s'étend un vaste établissement, c'est V Arsenal de Fou-tcheou et ses dépendances.

Les vapeurs mouillent ici Des embarcations à vapeur des compagnies de navigation prennent les passagers et les conduisent jusqu'à la ville, à 10 milles dans le N.-O.

L'idée de créer un Arsenal maritime impérial à Ma* moi, (l.) € queue du cheval », date de 1867. A cette époque, le vice-roi du Min-tcho, Tso T8ong-t*ang, passa un contrat avec deux officiers de la marine française, MM. d'Aiguebelle et Giquel. Cette vaste entreprise fut terminée en 1878, par les soins de ce dernier, qui devint le directeur du port de guerre. Il fut élevé de magnifiques ateliers pour la construction des machines et des chaudières et des cales pour les navires.

Lors de l'intervention de l'amiral Courbet, en 1884, les derniers contre-mai très français étaient partis depuis trois ou quatre années.

Après l'affaire de Bac-lé (juin 1884), au Tcnkin, l'amiral Courbet laissa les cuirassés Boyard et La Oalissonniêre pour garder les

Ï tasses extérieures et pénétra dans le fleuve Min avec deux torpileurs et huit bâtiments dont un cuirassé, portant 71 canons et l.oao marins.

Les Chinois laissèrent entrer l'escadre française, pensant ainsi la mieux détruire.

Le S3 août, à deux heures de l'après-midi, le feu fut ouvert entre les 10 bateaux français et 12 vaisseaux chinois. A six heures du

78 FOU-KIKN

soir, 9 navires de guerre chinois étaient coulés et le feu de lahatterie qui commandait l'arsenal était éteint. Les Français avaient eu tués et 27 blessés.

Le lendemain, on lit un court bombardement de l'arsenal. Le 26, l'escadre descendit le fleuve, détruisit les batteries de la passe Minngan et de l'île Couding; le 27, les ouvrages de la passe Kin-pai furent attaqués. L'escadre française avait mis hors de service 21 navires chinois, tué ou noyé 2.000 Chinois, démantelé cinq grands forts et rasé treize batteries, dont plusieurs cascmatées; mais elle avait eu 10 tués et 50 blessés et quehiues très légères avaries à ses bâtiments.

La Chine a élevé un monument aux Chinois, morts au combat de Pagoda.

L'arsenal, peu endommagé en 1884, était en assez bon état lorsque, en 1896, la Cbiae engagea une nouvolie mission française sous les ordres de M. Doyère, ingénieur du géaie maritime.

Pour gagner Fou-tcheou, on remonte le bras N. du Minkiang, séparé du chenal S. par la grande île de Nan-t'ai aux

Ê laines mamelonnées. Sur la dr. s'élèvent les montagnes de [ou-chan, couvertes do forêts et célèbres par leur monastère bouddique. Le fleuve s'anime de plus en plus, des Chinois tiennent des cormorans pécheurs, puis dos pagodes apparaissent, des chantiers de bois, des usines se voient sur les rives. Au N., la ville de Fou-trheou: au S., la « Colline européenne » avec ses grands pins, dans rile de Nan-t'ai.

Fou-tcheou-fou, 420.00 ) hab., est la capitale de la viceloyauté du Min-tcho, et celle de la province du Fou-kien. La ville est située à 27 milles de la mer, sur la rive gaucbe du bras N. du fleuve Min, sur le 26* 3' de latit. N., et le 117<» T de longit. E. de Paris. La Cbine avait promis par le traité anglais de Nankin (29 août 1842), l'ouverture de ce port au commerce étranger, mais cette clause ne fut exécutée qu'après la campagne franco-anglaise de 1860, lors de l'installation du bureau des douanes, en juillet 1861. Le commerce est de 15 à 18 millions de tacls.

Hôtel : Foochow Family Boarding House.

Club : Cosmopolitan C.

Consulats : de France, d'Angleterre, des Etats-Unis, d'Allemagne, du Japon.

sanques : Hongkovg Shanghai B. C— CfiarteredB. of India.

Curiosités : Nan-Vai. Wan-souei-kHao. Le Faubourg. La

Cité chinoise. Kou-chan.- Vierres sculptées. Vernis de Fou-tcheou.

Min-tchong. Sous les Han, royaume de Mln-yue (202 avant J.-C.), supprimé en liO avant notre ère et rattaché au kiun de Kouei-ki.

FOTJ-TCHEOU 79

A l'époque des « Trois royaumes », les Wou en firent une dê|ieridance du Kien-ngan-kiun. En 282, les Tski détachent de celte circonscription le Tsin-ngan-kiun (Fou-tcheou actuel), qu'ils placent dans le ressort du Yang-tcheou, puis du Kianff-tcheou. A 1 avènement des Souei, et après quelques vicissitudes, ïekiun est supprimé et remplacé par le ïs'luan-tcheou, puis par le Min-tcheou et enfln

Ïiar le kiun de Kien-ngan. Sous les T*ang, apparaît le nom de Foucheou (7:25), après ceux de Kien-tcheou, Ts'iuan-tcheou et Mintcheou. En 74a est constitué le kiun de Tch'ang-lo, auquel est substitué de nouveau le Fou-tcheou (758). Sous le règne des « Cinq dvnasties », la région devient possession d'une famille nommée Wan^, puis les Leang en font un ta-tou-tou-fou (920). En 926, Wang Yen-nan y fonde le royaume de Min, que Wang Yen-kiun transforme en ïch'ang-lo-fou (933). Devient, en 946, dépendance des T'ang méridionaux et, deux ans plus tard, de TEtat de Wou-yue, sous le nom de Fou-tcheou. Les Song font de Fou-tcheou le chef-lieu du lou de Fou-kien (978), puis relèvent au rang de fou de Fou-ngan (1276). Les Mongols rétablissent (1278) le Fou-tcheou-lou, dont les Ming ont fait le Fou-toheou-fou (1368), capitale de la province de Fou-kien depuis 1376.

L'île de Nan-f ai^ longue de 16 milles, et sur laquelle résident les étrangers, est reliée à la terre ferme par deux ponts anciens : le Hong-chan-kHao « Pont de la montagne rouge, » long de 260 mot , peu fréquenté, et le Wan-soueikHao a Pont des dix mille années » sur lequel circule toute la population et qu'on atteint à Tîlôt de Tchong-toheou , «lie au milieu» du fleuve et faubourg trôs populeux.

Le Wan-souei-k'iao, long de 400 met. env., franchit le Min et débouche dans le faubourg de la cité chinoige. Ce pont fut construit vers le xii« siècle ; son tablier large de plus de 4 met. se compose de dalles de granit dont quelques-unes atteignent 14 met. de long, reposant sur des piliers, également en granit, au nombre de 40 et placés & des intervalles inégaux. Le pont est tortueux, bordé d*échoppes et de diseurs de bonne aventure. Les sam-pan peuvent passer sous le grand pont, mais les jonques deFoutchou, aux vives couleurs, doivent mouiller en aval de Tlle du Milieu.

Le Faubourg est traversé du S. au N. par une rue de 8.190 met. de long, étroite, bordée de boutiques et d'ateliers, conduisant du fleuve à la porte Sud de la cité murée, et se prolongeant encore, dans cette dernière, sur une étendue presque aussi grande, ce qui donne à cette artère une dimension de 6 kil. env.

La Ville chinoise est close de murs élevés, ayant 10 li d'étendue, percés de sept portes, plus quatre autres donnant

80 POTJ-KIEN

accès dand la cité par eau. Cette enceinte, reconstruite en 1871, sur des fondations plus anciennes, enferme trois collines boisées, qui ajoutent du pittoresque à la vue générale. Ce sont ces trois élévations qui ont fait donner le nom littéraire de la cité, San-chan. Wou-che-chan « Hauteur du rocher noir» occupe l'angle S.-O., Kieou-sien-chan « Collines des neuf génies » s'élève au S.-B. dans le quartier tartare. L'extrémité N. de la cité est dominée par une haute tour qui se dresse sur le troisième récif.

Les ya-mea des mandarins occupent beaucoup de terrain, et de vastes champs en friche se rencontrent dans la ville murée.

Parmi les pagodes : le Temple de la Reine du Ciel, dans le faubourg, est fréquenté parles marins.

On remarque encore, aux environs de la ville, la Tour blanche et la Tour 7ioire. Cette dernière est, d'après une inscription, du vu* siicle. Des statues hindoues y sont sculptées.

Excursions : Bonzerie des Letchis. Kou-chan.

La Bonzerie des Letchis, ainsi surnommée parce qu'elle est entourée d'un verger donnant ces fruits. Les Chinois l'appellent : « Monastère de la doctrine de l'antique pierre de l'Ouest. >

Le monastère bouddhique fut, dit-on, fondé vers le ix* siècle par Touk-ma, (2.), un saint personnage qui serait venu do l'Occident. Il est situé au N. de la ville, dans un parc ])lanté d'arbres séculaires, prés du fleuve Min, au milieu d'une plaine fertile entourée de montagnes. Viviers. Panthéon bouddhique remarquable par le nombre de ses statues.

Bonzerie de Kou-chan.

A deux heures environ de Fou-tcheou, en descendant le Min en sam-pan, on aborde sur la rive gauche du fleuve. Un chemin dallé , commode, mène au pied do la montagne de Kou-chan, dont le sommet atteint 884 met. Le monastère est à mi-hauteur, on y parvient par un escalier à larges marches de pierre. L'ascension dure plus d'une'heure.

« De chaque côté luisent de grands dévaloirs de roches nues, des pentes de granit suintantes, quelquefois ruisselantes d'eau claire : les eaux glissent sans mordre sur l'épaule (le la montagne. Sur les parois de roc droites ou fortement inclinées, partout des caractères sont at tintement

ss

Page 1