‹ Chine du sud et de l'estChapitre 76 sur 131 · FOU-TCHEOU · texte numérisé non relu

FOU-TCHEOU

gravés en creux : ces inscriptions sont la reproduction exacte de l'écriture, jusqu'aux bavures du pinceau.

c A nos pieds, dans l'encadrement des grands fûts à grosses écailles rouges, les rizières les plus rapprochées forment un serpentis de canaux et de digues dont la fantaisie contraste avec la régularité des terrasses sur les premiers ressauts de la montagne. Plus loin, s'étend une plaine vert pftle, uniforme comme un désert dont les villages seraient les oasis : des moins éloignés montent des cris de porcs et des sons de gongs mêlés. Au bord de l'eau, les rizières ont l'air de prairies flottantes, on dirait de grandes étendues d'herbes aquatiques ramassées, balayées par les courants et les remous.

« Des haltes sont ménagées de palier en palier. Les premières sont de simples abris, des pavillons ouverts aux piliers de granit, au beau plafond de bois peint. Puis ce sont de véritables petits temples où les bonzes vous offrent le thé. Tout cela parfaitement entretenu, propre, donne une haute idée de la richesse des moines. Les inscriptions sur les roches se multiplient, plus belles encore, dorées, peintes en bleu ou en vert. Nous avons cessé de monter : voici la porte élégante du monastère.

Tout, dès l'entrée, y respire la fraîcheur, le bien-être : les murs bien blancs ; les piliers et les charpentes d'un beau rouge brun ; les dalles très grandes et bien jointes ; les fleurs éclatantea et délicates qui égaient la sévérité grise et dure des granits ; les toits gracieux se détachant sur un fond de banians, de bambous, de pins et de pierres moussues, tandis que, au-dessus, culmine dans le ciel bleu et dans le soleil, le grand dôme de roc et de gazon.

« Nous gravissons la large rampe de granit qui mène à la grande porte, et par une belle cour dont les balcons sont garnis de fleurs, nous gagnons la salle de réception. Là, c'est l'ordonnance usuelle : les chaises carrées des deux côtés, et au fond, l'estrade des hôtes... Le réfectoire des bonzes est une haute salle sombre, où de longues tables de bois toutes nuea^ sont régulièrement disposées. Les moines, soixante à quatre-vingts environ, sont assis des deux côtés . un bol de riz, une soucoupe d'herbes cuites et deux basniettes. voiU tout leur couvert. Ils ont fait la prière en commun au

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commencement : le repas fini, ils yont en procession au temple se prosterner quelques secondes devant Bouddha... Dans la cuisine, de grands bassins de pierre pour cuire le riZ| des cuves ti laver, minutieusement propres 1 Des cheminées, et surtout des conduites d'eau ! Oui, et avec des robinets... L* a Hôtel du monastère », niché dans la verdure, est au bord d*une minuscule pièce d'eau. Les moines ont du goût : ils ont su conserver à ce pavillon pour étrangers assez de caractère. Les balustrades, les piliers, les cornes des toits, l'heureux mariage du bois et du granit donnent à l'ensemble, en dépit des fenêtres à l'européenne, une jolie couleur locale.

« Nous quittons à regret le monastère par un chemin encore plus pittoresque que celui de Tentré.e. On n'oublie pas de nous montrer la cloche qui sonne toute seule : le battant de bois est mis en mouvement par une chute d'eau à l'aide d*un mécanisme d'une ingéniosité primitive. A côté , s'ouvre une espèce de gouffre entre les rochers ; le fond est à sec. » (G. Weulersse, Chine ancienne et nouvelle.)

Kou-dian est très couru et les pèlerins viennent de loin se prosterner devant la relique de la dent de Bouddha. Le monastère compte trois bâtiments et autant de cours sur lesquelles donnent d'autres constructions plus petites.

Dans le temple principal trône le grand Fo. « au-dessus d'un grand autel, au milieu de décorations qui lui rorment une sorte a*encadrement dans un vaste retable. Beaucoup d'autres personnages mythologiques, dieux secondaires, peuplent ce lieu de prières ou, deux fois par jour, le matin avant le lever du soleil et le soir vers cinq heures, s'assemble la communauté des bonzes. La durée de leur office est d'un peu plus d'une heure. Les bonzes sont dispersés en deux chœurs ou deux parties égales, formant chacune un carré parfait composé de lignes parallèles. Dans le passage laissé libre entre les deux chœurs, on peut voir les allées et venues du principal officiant, lequel, après diverses cérémonies accomplies à Vautel, vient à la porte extérieure du temple faire des oblations de riz qu'il élève vers le ciel et répand sur le sol, avec accompagnement d'inclinations très profondes vers divers points de l'norizon. Durant les cérémonies^ le chant ne discontinue pas ; généralement monotone il prend, a certains moments, un caractère plus expressif, et l'on ne peut nier qu'il ne soit exécuté avec un ensemble parfait, mérite qu'il faut aussi reconnaître dans les divers mouvements, prostrations, inclinations qui accompagnent la prière. Une procession générale, sur une file, aux plis et replis les plus bizarres, termine la cérémonie. Pendant cette procession, le chant principal consiste dans l'invocation indéfiniment répétée du nom de Bouddha: 0-mi-io-?touk, chant dont la mesure est marquée par deux bonzes dont l'un frappe du tampon sur un énorme tambour, ta-hou^ et

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rautre sur une cloche. Ichong. Aux dernières évolutions de U procession, la mesure et le chant sont de plus en plus accélérés.

« Pendant Tofflce, les bonzes tiennent les mains jointes et les yeux modestement baissés, ils portent en écharpe une ample pièce d'étoffe jaune, leur vêtement sacré. Le principal dignitaire est revêtu a*un ornement qui a de Tanalogie avec la chape.

« Dans une cour, et sur un plan plus élevé, se trouvent dans des logements confortables, de nombreuses collections d'animaux vivants, des porcs, des chèvres, des poules, des canards, des oies, etc. Ils sont loffés et nourris par les soins des bonzes, jusqu'à ce qu'ils périssent ae leur belle mort Beaucoup de ces précieuses bêtes sont onertes au monastère, par de dévots pèlerins, en acquittement de quelque vœu. Dans ce cas, les donateurs doivent pourvoir, par des dons en nature ou en argent, aux frais de ces singuliers pensionnaires. A l'entrée de la bonzerie, un étang, aux eaux très lim- Îides. laisse voir une abondante variétés de poissons conservés dans es mêmes intentions sacrées. » {Les Missions catholiques^ 15 février, 1878.)

Une centaine de bonzes dépendent de Kou-chan, mais la moitié desservent en province d'autres temples ou vont quêter ou faire des cérémonies dans des f imilles.

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