I. ||| . ~ff\. ckî. [113]. Esphit
Génie d'en haut. 112 dérivés photiétiques.
Caractère figuratif primitif, destiné, selon les lexicographes chinois, à représenter aux hommes les manifestations «lu ciel par des rayons descendant vers la terre. Ce caractère est devenu le signe ou type générique déterminatif des diverses espèces de génies, de tout ce qui est supposé venir u'en haut, et de tout ce qui, sur la terre, est relatif aux êtres surnaturels. Il forme ainsi 1t2 dérivés idèo-phonétiques , par l’adjonction de 1 12 caractères différents qui, pris isolément, ont une siguiflcalion propre, mais qui , étant joints à un caractère générique , deviennent par cela même, dans la plupart des cas, des signes, non d'idées, mais de sons. C’est pourquoi nous les avons nommés des groupes phonétiques.
Ainsi, le caractère ci-dessus joint à ^ tchl ( mesure ; diviser), pris comme groupe phonétirque, de cette manière :
, signifie bonheur, félicité venue d’en haut.
— Joint à yéou ( droite ) , pris comme groupe phonétique : yéou,
il signifie ; secours envoyé par les esprits.
— Joint à ssé ( soi-méme ), pris comme groupe phonétique : IG ssé ,
il signifie sacrifice offert aux esprits ou génies.
— Joint à chln (heure), pris comme groupe phonétique : jjj|^ chln,
il signifie : chairs offertes dans les sacrifices (*).
Nota. Dans ces exemples, comme dans tous les autres composés de même nature (sauf quelques exceptions}, les
(*) Une autre preuve que ce n'est que le son que l’on a voulu représenter par le groupe chln , c’est que ce groupe prend aussi dans le même seus le délerminuiif générique joü, « chair des animaux, * pour indiquer des chairs offertes doua les sacrifices.
groupes phonétiques ont perdu complètement leur signification propre idéographique , pour ne conserver que leur valeur purement phonétique. On voit, par les exemples précédents, que ce qui autorisa l’emploi des caractères figuratifs ou idéographiques , comme signes de sons , ce fut la valeur phonétique qu’ils avaient acquise antérieurement comme signes d'idées. Le mot ou \' articulation de la langue parlée qu’ils représentaient idéographiquement leur devint inhérente; et cette articulation, dépouillée de toute signir fi cation, les suivit dans tous les composés où ils entrèrent comme groupes phonétiques : de sorte qu’ils représentent chacun un mot ou une articulation de la langue parlée, comme les lettres de nos alphabets représentent aussi chacune un son de la langue parlée. Ils ne different donc des éléments alphabétiques de nos langues européennes que parce qu’ils sont constamment adjoints à un élément figuratif (excepté dans la représentation des noms propres). Ce râle leur est d’autant plus naturel en chinois, qu’il y a un trèsgrand nombre d 'homophones, et que la langue parlée n'est composée que d’environ quatre cents expressions monosyllabiques (*).
(*) Il est très-probable que la nature monosyllabique de la langue chinoise, ainsi que le très-petit nombre de mots qui la composent, et par conséquent aussi le grand nombre A' homophones , viennent de la nature même de l'instrument qui a servi à les représenter. On doit supposer que si, dès l'origine, l'écriture chinoise se fût prêtée au développement de la langue, celtr langue, comme tonies celles des nations civilisées, se serait développée en s'enrichissant de mots composés et de formes grammaticales. L'écriture figurative hiéroglyphique, en se décomposant en éléments syllabiques , cl même purement alphabéùques , a bien plus favorisé le développement grammatical de la langue parlée égyptienne qu'elle a représentée, que l’écriture chinoise. Aussi la langue cupte n'est-elle pas restée monosyllabique et à l’état d’enfance, comme la langue parlée des Chinois; c'est ce qui fait qu'elle a pu être représentée par une écriture purement alphabétique, composée d’un petit nombre d'éléments, tandis que la langue chinoise parlée ne pourra jamais l'être ainsi , destinée qu’elle est par sa nature (qui
L’UNIVERS
Ainsi , dans les exemples qui précèdent le groupe ^ tchi , qui représente et signifie seul une mesure; diviser, n’a été adjoint au signe générique déterminatif 77^ esprit, pour exprimer le mot félicité, bonheur, que parce que ce mot, dans la langue chinoise parlée, se prononçait également tchi, avec le même accent ou la même intonation de voix. Par suite dti même
principe, ce même caractère prononcé tchi, se joindra à trente ou quarante autres radicaux ou déterminatifs génériques, pour exprimer trente ou quarante mots différents de la langue parlée, prononcé tchi ou khi (deux articulations qui se confondent très-facilement dans les idiomes asiatiques et même européens ).
Joint au signe déterminatif générique | ou A HOMME : il signi-
fiera ruse, malice, talent , parce que, dans la langue parlée, on exprimait l'idée de ruse ou malice humaine et de talent , par l’articulation khi , variante de tchi.
— Joint au signe déterminatif générique ^ femme : , il signifiera
femme publique , parce que , dans la langue parlée, on exprimait l'idée de femme publique par l’articulation khi.
— Joint au signe -déterminatif générique ou 'J1 coEitn : , il si-
gnifiera sentiment de haine, de répugnance, de violence, parce que, dans la langue parlée, on exprimait ce sentiment par l'articulation tchi.
— Joint au signe déterminatif ou J' eau : il sera en même temps
idéographique et phonétique (*) , et il
n’e*l telle toutefois que par l’influence de son écriture) à èlre éternellement enchaînée à son écriture figurative.
(*) C’est le motif qui aura fait choisir ici ce groupe, de préférence entre tous ceux qui se prononcent tchi, afin que le composé soit plus riche et en quelqne sorte plus parlant aux reuz. Le nombre de ces heureux composés est de prés de quatre cents.
signifiera une division ou une ramification d'un ruisseau.
Il en est de même pour tous les autres groupes phonétiques.