‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 16 sur 292 · DIVISION ADMINISTRATIVE DE LA CHINE EN 18 PROVINCES · texte numérisé non relu

DIVISION ADMINISTRATIVE DE LA CHINE EN 18 PROVINCES

S’il était donné à l'homme d’embrasser d’un seul coup d’œil l’ensemble des phénomènes sensibles qui frappent successivement ses regards, et de concentrer, comme dans un seul foyer, tous les objets qu’il cherche à connaître en les divisant ; s’il pouvait condenser l’espace et rendre le temps simultané en les comprenant l’un et l’autre dans une vaste intuition, sa science serait moins imparfaite et sesjugements moins

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erronés; mais dans la nécessité où il se trouve de procéder par des fractions minimes d'espace et de temps, et d’étabjir, pour soulager son intelligence, des divisions arbitraires qui ne sont pas dans la nature, il en est réduit à ne pouvoir se former qu'une idée très-imparfaite des choses, et à ne constituer

?|u'une science également très-imparaite et soumise aux conditions bornées de son intelligence.

Dès la plus haute antiquité, la Chine a été partagée administrativement en plusieurs provinces. L’an 228C avant notre ère, Yü (*) divisa la Chine en neuf provinces, bornées, autant que possiule, par des limites naturelles. La 81' année du règne de Y ao [2277 av. notre ère (**)], elle fut divisée en douze provinces, trois ayant été ajoutées aux neuf précédentes déterminées par Yn. Nous 11e pouvons nous empêcher de faire remarquer ici un fait qui n'est pas sans quelque importance : c’est que, dans les plus anciens monuments géographiques qui nous restent de l'antiquité indienne et chinoise, les divisions administratives sont nommées lies (en chinois Tchéou, en sanskrit Dwipa) , comme si on eût voulu désigner les premières terres habitables après la retraite des grandes eaux , qui , comme on le sait par la tradilion et par la science géologique, ont couvert anciennement presque toute la surface de la terre (***).

Sous la dynastie des Tchéou (de 1 134 à 2.50 av. J. C.j , la Chine fut divisée en

(*) Voy. 1. 1, p. 47; et dans le même volume un aperçu de la géographie physique de la Chine, p. 5.

(**) h-lai- tusse, k. I, P a a.

("*) Nous trouvons dans le Chouë-wen , le plus ancien dicliounaire chinois , la confirmation la plus positive de celle conjecture. Le caractère tchéou y est defini : - Kspnce ,

- au milieu des eaux , qui peut être habité. » Il ajoute: « Autrefois, du temps de Yao * (1197 av. notre ère), les^populations s'étant • reucontrées avec le débordement des grau- " des eaux , ces populations se réfugièrent • sur les terres les plus élevées au milieu des «eaux; t'est pourquoi on nomma alors ces « retraites les neuf tchéou , ou les neuf pla- « teaux entourés d’eau. - Les Pourûnas indiens ne comptent que sept dccipas ou îles habitées. Voy. L I, p. ta et i3.

quinze royaumes feudataires, que Th s inchi-hoang-ti (221) réunit tous sous sa vaste domination. Les Han (de 202 av. à 220 apr. J. C.) rétablirent la division des neuf provinces dans la partie septentrionale de la Chine qu’ils occupaient exclusivement. Plus tard, lorsque toute la Chine fut réunie en un seul empire, la division administrative comprit quinze provinces. C’est cette division qui existait sous la dynastie des Ming, à l'époque où les premiers missionnaires européens pénétrèrent en Chine (*) ; division qu’ils ont décrite dans leurs ouvrages, et qui a été suivie jusqu’à nos jours par la plupart des géographes européens, quoiqu'une nouvelle division en dix-h uit provinces (non compris les populations tributaires) ait été établie dès les premiers temps de la dynastie tartare actuelle, dans le commencement du dixseptième siècle. C'est cette dernière division, telle qu'elle a été déterminée officiellement par les publications les plus récentes du gouvernement chinois, qui sera suivie dans cet ouvrage.

Chaque province de la Chine est divisée administrativement, à beaucoup d’egards , comme la France actuelle , c’est-à-dire, en circonscriptions territoriales déterminées qui répondent a celles que nous nommons départements, arrondissements et cantons; mais il y a cela de particulier en Chine , que certains arrondissements ou cantons 11e sont pas soumis à l'autorité hiérarchique delà province dans laquelle ils sont situés , mais ressortissent au gouvernement central de l'empire. Ainsi, les premières grandes divisions se nomnientYttnÿ(”)[propfnce*]; les premières grandes subdivisions d’une province se nomment Foit [ départements ] ; les secondes grandes subdivisions se nomment Tchéou [arrondissements], et les subdivisions de troisième ordre, Hién [ cantons ]; les districts se nomment Ting. Le département porte, le nom de la ville qui en est le chef-lieu, laquelle ville est toujours qualifiée de foù,

(*) Voy. t. I, p. 411.

(”) O mot signifie littéralement Inspection, Surintendance. Il est composé en chinois ancien des sigucs figuratifs oeil et main, symbole d'une bonne administration.

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L’UNIVERS

et est de premier ordre ; il en est de même pour les arrondissements et les cantons, dont les chefs-lieux sont aussi qualifiés de tchéou et de hién, et qui sont de second et de troisième ordre.

Le plus souvent une seule province forme un gouvernement; mais quelquefois un gouvernement comprend deux provinces.

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