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(*) Dès le commencement de nos études chinois aux lois de la typographie moderne,
chinoises , nous avions été frappé de la grande en réduisant autant que possible les éléments
importance de ce mode particulier à la lan- divers qui les composent à leur plus simple
eue chinoise, d'offrir en iiiémetemps, et pour expression. La connaissance du mécanisme,
le même caractère, deux groupes distincts; si ron peut s’exprimer ainsi, qui a présidé à
l’un représentant , ou censé représenter la la formation de la classe idéo-phonéttque des
forme générique de l'objet, et l'autre repré- caractères chinois, devait naturellement noos
sentant le son ou le mot de la langue parlée amener à suivre le même mode en typogra-
auquel cet objet répond. Cette composition phie. Aussi, dés i836, nous disions, dans une
des neuf dixièmes environ des caractères ebi- Nonci sur la fonte des types mobiles et un
nois, une fois bien déterminée et reconnue, caractère chinois gravé sur poinçons d'acier
fut pour nous un trait de lumière qui nous par M. Marcellin- Legrand , a l’inspiration et
montra le lien qui unissait en quelque sorte sous la direction de celui qui écrit ces lignes:
la langue fgitratsve de l’ancien monde aux « De toutes les langues du monde connu , lx
langues syllabiques ou alphabétiques du non- - plus difficile a représenter par les types
veau. Mous conçûmes dès lors 1a possibilité « mobiles est incontestablement la latWne
de soumettre la composition des caractères • chinoise. On peut même dire qu’elle a fait
aao L’UNIVERS.
Il n’existe pas dons le monde de lan- gîte plus riche et plus pauvre en même
- jusqu'ici le désespoir des plus habiles lypo- « graphes europécus. Les Chinois ont pris le « parti , après avoir essayé eux-mèmcs de « rendre mobile chacun de leurs innombra-
- blés caractères, de s’en tenir à la gravure
• primitive sur des planches de bois.
■ Presque tous les essais que Pou avait «faits jusqu’à ce jour en Europe, pour gra- « ver ces caractères, avaient eu pour résultat
• la réunion d'un plus ou moins grand nom- « bre de ces caractères, gravés sur bois, sans « jamais constituer un corps un peu riche et « commode. Il fallait donc arriver à faire « quelque chose de complet , de définitif ; il
• fallait résoudre le problème de représenter
• la langue figurée des Chinois avec le moins
• d'éléments possible , sans altérer cependant
• la composition des caractères. Une étude « attentive de la théorie de la langue figurée « des Chinois nous a amené à résoudre d’une « manière satisfaisante le problème ci-dessus
• posé, en classant tous les caractères chinois •> en deux séries ; l’nne comprenant les caracm tères indivisibles , et l’autre, les caractères
• divisibles typographiquement.
« Dans la première série se trouvent placés : « i° Les éléments symboliques, radicaux « ou clefs;
« a» Les caractères formés par ceux des ra- « dicaux dont la figure ne peut se séparer trpo-
• graphiquement des groupes additionnels ou
• syllabiques qui constituent leurs dérivés ;
« 3° Les caractères dont les éléments sont « tels que l’on ne peut également les séparer « des radicaux, à cause de l’union trop in- « time de leurs parties constituantes avec ces
- radicaux , sans en altérer la forme.
- Dans la seconde série , de beaucoup la
• plus nombreux , sont classés :
« i° Tous les groupes qui peuvent se join-
• dre aux radicaux ( dans la forme qu’ils « prennent en composition , forme représen- « tée dans le Tableau ci-dessus) sans en alté- « rer la forme et l’clégance. » (Nous donnons ci-après le catalogue de ces groupes additionnels ou phonétiques.)
« a* Les radicaux et les groupes qu’il faut
- graver sous deux formes différentes, etc. » Ce système de composition typographique
chinoise permet d’économiser la gravure de deux tiers au moins des 3o,ooo poinçons qu’il faudrait graver avec l'anc ieuue méthode, pour imprimer les 3o,ooo caractères qui se trouvent dans le Dictionnaire impérial de Khangdii. On a pu juger, par les modèles de ces caractères reproduits dans ce volume, par les éditions des textes chinois
de Confucius et du philosophe Lao-tscu , publiées cbez MM. Didot , en i83; et i838, ar celui qui écrit ces lignes, etc., de la eaulé et de la netteté de ces caractères ainsi gravés et composés. Ces mêmes types, qui ont naturellement trouvé en France des dépréciateurs , sont employés maintenant en Chine par des Européens, pour l’impressioa de livres chinois; et ces impressions, ainsi faites au milieu des Chinois par des Euro-
{>éens , dépassent en netteté et en élégance es plus belles impressions du pays. Nous avons en notre possession un ouvrage chinois-anglais, intitulé The Chinese Speaker (ouvrage posthume de M. Rob. Thom , consul anglais à Ningpo) , imprimé à Ningpo , en 1 846, avec nos caractères mobiles. Cet ouvrage peut assurément rivaliser avec tout ce que les presses chinoises ont produit de plus élégant et de plus beau. Les missionnaires américains ont aussi commencé , en Chine , l'impression d'une Bible chinoise, avec ces mêmes caractères.
M. Medhurst , missionnaire anglais en Chine , qui a déjà publié plusieurs ouvrages en chinois et sur la langue chinoise * , en a parlé en ces termes :
« Un essai de foudre des types mobiles «chinois a été fait à Paris, sous la direcrion « de M. Pauthier, membre delà Société asia- • tique de cette ville. D’après quelques spé- • cimens qui ont été publiés, il parait qn’ils « sont beaucoup plus petits que les types de « M. Dyer, étant à peu près de la force d’un « gros-romain; et ils sortent des mains d’un « des plus habiles fondeurs de France. Ces « types chinois sont , sous le rapport de la « finesse des traits et de C exactitude des pro- * portions , supérieurs à tout ce que les ou- « vriers asiatiques pourraient produire. La « forme de quelques-uns de ces caractères « est un peu roiae et disproportionnée, ce «qui est dû en partie à l'inexpérience, en « partie à la tentative que les Français ont « faite de séparer et de combiner les éléments « de plusieurs caractères, afin de n’ètre pas « obligés de graver un poinçon pour chaque «caractère séparé. Mais, en somme, ils sont « extraordinairement nets et beaux (but on « the whole lhey are exceedingly neat aud « ha 11 (Lomé.) **. «
* M. Medhorst ■ publié par la lithographie ; l* Un y ocabutaue japonais anglais; Batavia, 1$io. a® Un Vocabulaire comparatif de» langue* cAinoitt, eorrenu* et japonais* , etc ; Batavia , *835.
3" Un Dictitnuiair* c/i mois- anglais , a vol. io 8" ; Batavia . 1841 , etc.
China; il» siale and proapects, 18 JS, p. UG6.
temps que la langue chinoise. Il n'y en a pas de plus riche comme langue écrite, et de plus pauvre comme langue parlée.
Cette dernière ne consiste qu'en 489 syllabes, ou plutôt monosyllabes primitifs (*), qui, par la variation des accents ou des intonations, peut s'élever à 1200. On comprend dès lors à combien de combinaisons les Chinois ont dû avoir recours pour exprimer oralement toutes leurs idées! Cette extrême pénurie du matériel de la langue chinoise est due, sans aucun doute, à l'elément graphique, opposé, dès l'origine. à l 'assimilation de toutes les prépositions et désinences qui, dans les autres langues, se sont insensiblement adjointes aux mots primitifs dont le fond de tous les idiomes est toujours formé.
Nous venons de dire que la langue parlée des Chinois ne consistait qu’en un petit nombre d'articulations monosyllabiques, augmentées en nuances par quatre accents différents. Ces articulations ont été analysées à une époque Indéterminée par les grammairiens chinois, qui ont consacré 36 caractères à représenter tous les sons initiaux usités dans leur langue, o ù chaque mot ne forme qu'une émission de voix, et où les sons finaux, dans le dialecte classique de A 'an-king, sont tous exprimés par des voyelles et des nasales. Ces sons initiaux sont arrangés dans un ordre constant et systématique, qui a la plus grande conformité avec l'arrangement de l’alphabet sanskrit. On les trouve ainsi disposés dans les Prolégomènes du grana Dictionnaire impérial de Khàna-hi, divisés en neuf séries, avec les dénominations des organes qui servent principalement à les articuler, et qui sont les mêmes qu’en sanskrit, c’est-à-dire :
1* Sons prononcés en appuyant la langue contre les dents inférieures , ou consonnes dento-gulturales;
2* Sons prononcés du bout de la langue contre les dents, ou consonnes dentales;
3° Sons prononcés en appuyant la
(*) Ce nombre peut encore être beaucoup réduit , plusieurs d’entre eux n’éiant que le même monosyllabe , différemment prononcé.
SI* Livraison. (Chine modbbne.)
partie supérieure de la langue contre le palais, ou consonnes palatales ;
4" Sons prononcés par les lèvres fortement serrées, ou consonnes labiales fortes i
5" Sons prononcés par les lèvres légèrement fermées, ou consonnes labiales légères;
6° Sous prononcés de la langue contre les dents supérieures, ou consonnes sifflantes;
7* Sons prononcés de la langue placée contre les dents de côté, ou consonnes chuintantes;
8° Sons prononcés du gosier, ou consonnes gutturales;
9° Sous prononcés partie avec la langue et partie avec les dents, ou semivoyelles.
Voici le tableau systématique de ces consonnes initiales, telles qu’elles sont classées dans les Prolécomènes du Dictionnaire impérial de Khang-hi , publie à Pé-king en 1716. Les lettres alphabétiques et les groupes par lesquels nous avons transcrit les caractères chinois nous ont paru être ceux qui représentaient le mieux les sons initiaux chinois.
consonnes «rruus.
N*mIm
Forte». A api > Am. Ténor*, rotrrs poosUnt
i. Dento-gutlur,«\ k.
kh,
ng,i.
a. Dentales, t.
th.