Dictionnaire encyclopédique de la langue
pleins et en mois vides (J 6) ; une subdivision a été faite par eux à la première classe ; les rarartères qui ne font que nommer ou qualifier les objets (noms substantifs et adjectifs) oui ete appelés mots morts (ssè tséu) ; ceux qui expriment la manière d'être, des objets ont été nommés mots virants (séngtséu) ou termes de mouvement (hotséu). Toutes ces espèces de caractères sont aussi invariables les unes que les autres.
8. La langue chinoise étant par en nature dépourvue des inflexions et dksinf.nc ts qui caractérisent la plupart des autres langues du monde, il a fallu, comme dans les nombres, trouver un principe qui y suppléât pour que In phrase chinoise fut rendue intelligible.
Ce principe, c'est le pnucipe de position.
9. « En général , dans toute phrase chinoise où il n'y a rien de sous-entendu , a dit M. Âbel Réunis, at ( Grrzrnmaire chinoise, p. 166), les éléments dont o|je se compose sont arranges de cette manière: le sujet , le verbe , le complément direct, le complément indirect.
Les expressions modificatives precedent celles auxquelles elles s’appliquent ; ainsi l'adjectif se met avant te substantif, sujet ou complément (*) : te substantif régi avant le mot qui le régtt (**); (adverbe avant le verbe ("*); la proposition incidente y circonstanciée. hypothétique, avant la proportion à laquelle elie je rattaéhe par un ■*
chinoise; par le même. T. J,r, ri* natlie. Marao et Paris, r84i. • to. Chinese and Engli.h Diclionary; by W. IL Medburst. Batavia, 3 vol. iu-8», lithographiés.
is. An Fnglish au Chinese voeabtilary; by S. XV. Williams. Macao, 1844, in-8». ‘
sa. Diclionary of lhe Hotte, n (Fo-Kirn) dtaleet; by W. IL Medburst. Marao, i83r.
O F*. : Clting fin, sanctus homo, un saint homme,
, (“) Min U, populos vU, la fore, du pan- Pe...
( ) dm min tseit tâi , plut es populi filin-
lum-morc vcneronl , 1rs peuples aeconrttreut auprès de l'Hmiwveur , ranime des fils près de leur père. (Livre des Vers.)
I, UNIVERS
adjectif conjonctif, ou par tins conjonction exprimée ou sous-entendue (*).
« La position relative des mots et des phrases, déterminée de cette manière, supplée souvent à tout autre signe dont i'ohjet serait de marquer leur dépendance mutuelle, leur nature adjective ou adverbiale, positive ou conditionnelle, etc.
« Si le sujet est sous-entendu , c'est que c’est un pronom personnel, ou qu’il a été exprime plus haut, et que le même substantif qui est omis se trouve dans la phrase précédente, dans la même qualité de sujet, et non dans une autre.
• Si le verbe manque , c’est que c’est le verbe substantif (**) , ou tout autre aisé à suppléer, ou qui a déjà trouvé place dans les phrases précédentes avec un sujet ou un complément différents.
" Si plusieurs substantifs se suivent, ou bien ils sont en construction l'un avec l'autre, ou bien ils forment une énumération , ou enfin ce sont des synonymes qui s'expliquent et sj déterminent les uns les autres (***V
(* ) Sorti yèou khi t véi , keoit woti khi te , pou kàn tsà U \o part , cl si habeant illorum (principum) dignilatem, ai non illorum virtutem , ne audeant faeere rilus musicamque : quoique certains princes occupent te troue des anciens et glorieux empereurs . s' iis rien possèdent pas les vertus , ils ne doivent pas oser prescrire de nouvelles cérémonies et une nouvelle musique.
(**) Dans les «m iens livres des moralistes et des philosophes chinois , la suppression du verbe substantif affirmatif est très-fréquente ; Kiün-tseh tcht Tao ; féi erilh y in , sapieotis via, ampla et obscura ; la voie du sage [est] ample et cachée! (Tchottug-youn(!.)
(***} F.n chinois, comme d'ailleurs dans les autres langues , il y a des caractères qui ont souvent différentes acceptions , sur lesquelles l’esprit flotterait incertain , si on ne leur adjoignait dans la phrase un autre caractère qui détermine son acception. Ainsi, tao signifie conduire , voie , doctrine , rtc. ; s’il est adjoint à ton , chemin , de cette manière : tao- ton , il ne puurra signifier que voie , chemin. C’est là un des moyens fréquenta en chinuis, surtout dans le langage, parlé qui est si psuvrr en vocables differents, d’éviter les obscurités trop grsndes et les équivoques nombreuses du discours.
• Si l’on trouve plusieurs verbes de suite, qui ne soient pas synonymes, ni employés comme auxiliaires, c’est que les premiers doivent être pris comme adverbes, ou comme noms verbaux, sujets de ceux qui suivent (*), ou ceux-ci comme noms verbaux compléments de ceux qui précèdent (**).
« Ce peu de mots est le résumé le plus précis qu’on puisse faire de toute la phraséologie chinoise. »
Nous donnons ici, comme exemple, l’analyse d’une phrase chinoise. Cette analyse fera mieux comprendre à nos lecteurs les principes qui précèdent.
v 10 II 12 ta ta 16 16
a i jrèort pèn mots ; ssè yèou tchoùng chi; tcht ssô sien IteuH ; tseti kin Tao i. »
Littéralement : Res babent radices, ramosque; actiones habent finem, principiumque; cognosce id-quod prius, posteriusque; tune propè-acccdes viaro ( partirula fmalis). ( Td hlo .)
1. Le premier caractère de gauche (nous avons dispose les caractères de la phrase chinoise selon l'ordre européen) est un substantif indéfini , sujet de la première phrase, et qui signifie chose, objet tombant sous les sens. Il peut être pris au singulier ou au pluriel ; aucun signe particulier, si ce n’est le sens de la phrase, ne portant le lecteur à lui donner de préférence l’un ou l'autre nombre. Il en est de même du verbe qui suit.
Ce premier caractère est composé du radical 93 ( nieoû , bœuf) et du groupe phonétique v:ë (n* 4G5).
2. Le second caractère est le verbe substantif le plus usité en chinois. Il représente tous les modes , toutes tes personnes et tous les temps, sans aucune espèce d'inflexion; c’est aussi le
(*) Ssè sérrg y fort ming , mori, vive» , ou mors, vita, habent fatum ; vivre et mourir , ou ta tue et ta mort , sont réglés par la loi céleste.
(*■) Khi jin siào hoa, mamlucarc homt- Dinn irriaionis verba ; être f objet des railleries des autres.
Ml
sens et la disposition de la phrase qui portent l'esprit à lui attribuer le mode, la personne et le temps qui lui conviennent le mieux.
Il est composé du radical 74 (youé », lune) et du signe abrégé de la main (R. 29) qui se prononce u'éouÇV. n“480).
3.4. Ces deux caractères ont le même radical (75, mots, arbre). Seulement , pour le troisième, une barre horizontale a sa base indique que c'est la partie de l'arbre qui comprend les racines; et our le quatrième, une barre également orizontale à la partie supérieure indique que c’est la portion de l’arbre qui comprend les branches. C'est là le sens propre et primitif. Pris au figure, le troisième signifie base fondamentale , cause, origine; et le quatrième signifie effets , conséquence drun principe. Ces deux caractères sont le régime direct du verbe qui les précède.
5. Ce caractère, dont la composition est remarquable, est un substantif indéfini , sujet de la seconde phrase , et qui signifie ordinairement aussi chose , action , mais dans l’ordre moral. Il était composé primitivement du signe main (R. 29) et du signe parole (R. 149), dont il conserve les traces.