DIVISION POLITIQUE DE LA CHINE
Une société n’est pas plutôt constituée sous un gouvernement régulier, que le sol sur lequel cette société s’est établie reçoit aussitôt l'empreinte de l’administration civile ou militaire qui la régit, et comme la forme même de ce gouvernement. La nécessité de diviser l'action du pouvoir régulateur, pour la
1" Livraison. (Chine moderne. 1
rendre plus efficace, lit établir de tout temps des divisions administratives qui n’avaient presque jamais aucune réalité dans la configuration du sol ; et ces divisions administratives n’ont eu le plus souvent d’autre durée que celle du gouvernement qui les établit. C’est ce qui fait que la géographie des États est si variable, si mobile, si changeante, tandis que la nature est immuable. Aussi,
L’UNIVERS
ceux qui ont voulu , dans ces derniers temps, constituer la géographie sur des bases plus stables, et rélever à l’état de science , se sont-ils efforcés de n’établir dans leurs ouvrages d'autres divisions que celles que la nature, dès le jour de la création, a imposées au domaine de l'homme. Mais ce système, qui peut avoir ses avantages quand on veut étudier la terre dans son ensemble, ne nous semble pas applicable à la description politique d’un peuple. Nous suivrons donc, dans la description géographique de la Chine , la division politique établie par la dynastie régnante, telle qu’elle est donnée dans la grande géographie impériale, publiée à i’èking vers le milieu du dernier siècle (*), et dans
(*) Ce grand et magnifiqne ouvrage est intitulé : ^ ; fi] — - f -fc il;-. Tithsing-i-tlioiing-tchi. « Géographie historique » et statistique complète de l’empire de la « Chine pour la dynastie régnante (des Tar- « tares-Mantehoox). •• Il est divisé en 356 livres dans la première édition publiée en 1744, et que nous possédons. 11 est si détaillé et fait avec tant de soins, qu’aucune nation européenne ne pourrait mettre eu parallèle un ouvrage de la meme nature. La description de chaque province est précédée d’une carte générale, et de plusieurs caries particulières des divisions et subdivisions de la province décrite. Les 34 a premiers livres de cet ouvrage sont consacrés à la description des
13 provinces dans lesquelles l’empire chinois a été divisé par la dyuastie régnante, et les
14 derniers à celle des royaumes étrangers. Chaque grande division de l’ouvrage est décrite d’après la méthode suivante :
x° Tableau synoptique des changements successifs et des dénominations diverses que les lieux décrits ont subis depuis la dynastie des Han , deux siècles avant notre ère, jusqu a nos jours ( Thoung-poit-piào ).
a° Carte géographique du lieu décrit, sans indication des degrés du longitude et de latitude ( tkoü ).
3° Ensemble de la province avéc l’indication des distances de toutes les villes à celle du premier ordre dont elles dépendent, et de leur situation relativement à Péking ' Thoung poït, kidng-jif).
4° Positions astronomiques , ou situation des lieux relativement au ciel (Fén-yè).
5° Géographie ancienne ; changements à diverses époques dans la circonscription et
le grand ouvrage chinois intitulé : Recueil des statuts ad m in istratifs de ta dynastie régnante, avec cartes et ptans(*)y livre 87 et suivants, Section yû-ti, ou Description de la terre.
1^ division territoriale de la Chine a changé sous les différentes dynasties qui l’ont gouvernée; c’est même un usage admis que la nouvelle dynastie arvenue au pouvoir modifie la distriution et la circonscription des provinces par un premier acte de souveraineté. La division de la Chine en quinze provinces, comme on la trouve encore indiquée dans la plupart des géographies européennes, est celle qui existait il y a deux cents ans, sous la dynastie •
U dénomination des lieux ( Kièn-tchi-yén kt).
6° Positions géographiques ; configurations des lieux ; localités remarquables (Htngcht).
7° Mœurs et usages (, Foùng-soiï ).’
8° Villes fortifiées, étangs et fossés (Tching-tchf).
9° Ecoles, établissements littéraires (HiÔhiao).
io° Tableaux de population ( Hoù-k/teoit ). n° Recensement des terres cultivées et en friche ( Ttùàn-fou )♦
ia° Administration civile (TchX-koudn).
1 3° Montagnes et fleuves ( Ckàn-tchoudn ). *4° Vestiges d’antiquités (Koti-Uf).
i5” Forteresses et moyens de défense ( Kouàn-yai ).
ifi° Ponts et gués (Tsindiring).
17° Digues et jetées [T(-yèn).
x8° Tombeaux ou tertres et monuments (JJngmoü).
19° Temples et salles consacrés au culte par le gouvernement {Tsé-miào).
2o° Temples et mouastères des sectes de Fo et du Tao ( Ssé-kouân ).
ai° Fonctionnaires qui se sont distingués dans l’administration de la province ( Ming hoàn).
22° Hommes et choses célèbres (Jtn-*vë). a3° bandits et vagabonds célébrés ( Lieoü - YÛ).
24° Femmes illustres par leur noblesse ou leur vertu (Lië-niu),
25® Saints et immortels (Sian-c/d).
26° Produits du sol ( Thou-tchàn ).
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bcéi 'icn-thoii, publié à Pé-king, en 1 8 1 8, in-f#.
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îles Ming (*) et dans le commencement de la dynastie actuelle , époque à laquelle remontent les premières notions ne la Chine communiquées à l'Europe pir les missionnaire» catholiques.
Ea Chine actuelle est divisée en dixhait provinces, qui comprennent tout le vaste territoire de l'ancien empire chinois, renfermé dans les limites que nous avons indiquées ailleurs (t. I, p. 5 et suiv.). De ces dix-huit provinces, dont plusieurs offrent une étendue et une population égales à celles de la France, dépendent encore d’immenses territoires beaucoup moins peuplés, situés dans les contrés limitrophes de lu Chine, et que la dynastie régnante, d'origine tartare, s'est adjoints depuis deux cents ans , soit par la conquête, soit par l'influence seule de sa civilisation, qui est incontestablement la plus avancée de toutes celles qui couvrent les vastes régions de l’Orient. Par ses possessions de l’Asie centrale, la Chine, située a l'extrémité du continent asiatique, où elle a vieilli isolée depuis plus de quatre mille ans, comme dans un monde à part, touche à l'empire de Russie, ne d’hier, et qui déjà pourrait l'envahir; par sa suzeraineté sur ie Thibet, elle touche aux possessions de l’empire Britannique:
deux voisinages plus dangereux pour elle, nation industrieuse et riche , que toutes les hordes lartares contre lesquelles elle éleva jadis ce fameux rempart de cinq cents lieues de longueur, ui deviendrait impuissant contré l’aviité civilisée de scs nouveaux voisins.
Voici comment les géographes officiels chinois qui ont publié, en 1818, le grand Recueil des statuts administratifs de la dynastie régnante, arec cartes et plans, décrivent les principales divisions politiques de leur vaste empire, et les principaux fleuves qui l’arrosent :
« La capitale ( King-sse ) est située
(*) C’est la division suivie dans la grande géographie des Ming, intitulée Tà-mtng-i-lhoùngnl,t, en 40 cahiers et 90 livres, qtii a servi de Isvse à celle de la dynastie léguante. CYst ntisù la division suivie dans t Atlas sinicus du P. Martini , dans la Description de la Chine du P . Duhalde, et dans la Chine de l’ahbé Grosier, etc.
dans le milieu du monde; à l’occident est la province que l’on nomme Tchi-ti ; c'est le territoire impérial ( ki-fou ). A l'orient est Ching-kinq (ou Moukden, la ville pleine d'abondance).
« Au nord de Ching-kitig est Kilin (Ki-rin, fards du bonheur), et encore au nord lié - loung-kiang [te fleuve du dragon noir) : ce sont les trois provinces les plus orientales de l’empire.
a Au midi du territoire impérial , il y a trois provinces : ce sont Chantoung ( orient de la montagne), Chansi {occident de ta montagne), et /tondu ( midi du fleuve). Au midi de la province de Ctum-toung sont les deux Kiang ( les deux grands fleuves), qui forment trois provinces : ce sont Kiannsou du Kiang-ndn ; Mgan-hoeï du Kiangnân et Kiang-si ( occident du Kiang). Au sud-est des deux Kiang est le Min-tchc, qui forme deux provinces : ce sont Fou-kien ( heureux établissement ) et Tché - kiang (fleure Tché).
« Au sud- ouest de la province de llo-ndn est le llou-kouang (le vaste territoire îles lacs) qui forme deux provinces : ce sont llou-pé ( partie nord des lacs) et Hou-nân (partie méridionale des lacs).
* A l’ouest de la province de Cltansi est le Chen-kan , qui forme deux provinces : le Chen-si (ouest du passage) et Kan-sou (crainte salutaire).
- Au midi du Chen-si est une province que l’on nomme Sse-tchouan (les quatre fleuves). Au midi des provinces de Kiang-si et de ttou-nun est le double Kouang, qui forme deux provinces.
L’une est Kouang-tmng ( l’orienl du Kouang) et l’autre Kouang-si (toccident du Kouang).
« Au midi de la province de Ssetchouan est le iùn-koueï, qui forme deux provinces : l'une est Yûn-ndn (le midi nuageux), et l’autre Koueï-lcheou (['arrondissement distingué).
» A l’occident de la province de Kansou est le Thsin-haï ou la mer Ferle (en mongol Koko-uoor). A l’occident de la province de Ssc-tchouan est le SU t h sang ( le secret trésor occidental , c'est-à-dire, le Thibet ), situé en dehors de la grande muraille.
L’tJNIVF.KS.
« Ching-king ou Moukden , avec le nord des provinces de Tchi-li, àe('h ansi, de Chen-si, forme les quaranteneuf bannières, distinguées par six serments de fidelité, des Mong-kou oïl Mongols intérieurs; et les bergers nomades, divisés en huit bannières, des Teliaho eurh (*) ( Tchakhar ou Tsak/iar), avec la partie nord du pavs qui est situé au delà de la mer de Sable Han- ■kai, désert de la Tnrtarie), forment les bergers nomades divisés en quatrevingt-six bannières et quatre commandements des A ’he-eurh-khe [ Khalkhn) (**) des Mongols extérieurs. A l’ouest de ces derniers sont les A'o-yjouto ( Kopto ou Kobto), et au nord de ceux-ci sont les Thang-nott-ou- lia nghai (***).
« Au nord de la province de Kansou sont des bergers nomades formant deux bannières; les O-lachen et les Khe-thsi-na. Au delà de la mer de Sable (désert de Kobi) et à l’occident est
Fleuves et rivières. « Le grand Kiang ou grand fleure sort delanidntagne nommée Mtn-chan du Sse-lchouan ;
(‘) Tribu mongole dont le territoire louche, à l'i' - 1 , à lu frontière des Krehitlm , il l’ouest à celle des T ouinét de Koitkou-k/uUii , nu sud , aux haras de l'empereur et à la province de C/wn-si , et nu nord aux Sounit et aux Jlmirban-kcoiikct. L’étendue de ee territoire est de mille (Voyez Trmkoutki , Voyage à Pc-king à travers la Mongolie, tome II , p. ,58.)
(**) Cette tribu est la plus importante par l’étendue des steppes qu’elle orrupe, par sa population et par son voisinage de la Sibérie. Elle confine au nord avec les gouvernements d'Irkotilsk, de Jenistrisk, de Tumsk et de Tobo/sk en Sibérie. Vers l'ouest, elle s’étend jusqu'au Turkcstan oriental et au territoire d ’/-//, où elle est bornée par le mont Bogda et le lac Balknch , etc. Son territoire a 0,000 li d’étendue de l’est à l'ouest, et 3,ooo du sud au nord, à aoo au degré. (Voy. Timkouski , Voyage; tome II, p. sa ; et suis.)
(***} Nommés aussi Ouriankhaï (Timkouski, tome I, p. (8o), tribus samovèdes et turques qui habitent les pays situés sur le Jêniiri supérieur et ses affluents.
(”**) Ta-tltsing-hori-tièn-thoû , L. 87, f» »-J.
il dirige son cours à l’orient, et il traverse les provinces de Hou-pé , Hounân, Kiang-si , Kgan-hoeï , Kiangsou, et se jette dans l’Océan. Son cours occidental se nomme k fleuve au, sab!e d'or (Kln-eha-kiang), et il prend sa source dans la mer Certc ( Thsing-hai , le Kolio-noor). Il coule d’abord au sudest, traverse la province de Y&n-n&n, fait un détourait nord, arrive dans le Sse-lchouan , et vient se réunir au Kiang. C’est à partir de cette dernière province qu’il porte seulement le nom de Kiang ou fleuve.
« Le Han choui ( ririère Han) sort de la montagne Pà-moung du Choisi; il coule au sud-est, et il arrive dans le Hou-pé, où il se réunit au Kiang.
» Le Hoang-ho, on fleuve Jaune, sort de la montagne Ko ta-sou-thsi-lao , de la mer P erte (Koko-noor) ; il dirige sa course au nord-est, traverse la province du Kan-sou, passe au delà de la grande muraille, fait un détour à l'est et ensuite au midi , entoure les bannières des 'O-eurh-to-sse ( Or/ous ou Ordos *) , où il devient le fleuve Thao (Ho-than), rentre dans la grande muraille .traverse la province du Chcn-si à l’est ,’ celle du ( han-si à l’ouest , fait tin nouveau coude pour se diriger à l'orient, traverse le Ho-ndn, soVt à l’orient du Kiangsou pour se jeter dans la mer.
* Le lloat sort de la montagne Thoung-pé (aux arbres à vernis et aux cyprès), se dirige à l’est, traverse les provinces de Kgan hoei et de Kiangsou , et se réunit au Hoang-ho.
« Le Thsi sort delà montagne Wang- «’o (de la demeure royale) du Ho-nân; il dirige son cours au midi , et se réunit aussi au Hoang-ho.
» Le Ya-lou-kiang , ou fleuve } n- /o«, sort du territoire de Kie-lin { Kirin ; , dirige son cours au sud-ouest traverse Ching-king ou Moukden , et entre dans la mer.
(*) Cette tribu est divisée en sept bannieres. Leur principal campement ci»! à 28 5 // à‘ l’ouest de Aoukou-khotô. Leur pays touche, à l’est, à celui des Tounict de Koukou-khoto ; vorsl’oucsr, au* Khalkhn , et vers le sud à la provint e. de Chon-si. Elle est à 1100 li de Pékin#. (Voy. Timkouski , "Voyage; tome II, p. a«8.)
« Le Si-liâo-ho (lleuve Lido occidental) sort d’au delà des frontières de la province de Tchi-li , dirige son cours à l’est , traverse le territoire de h'irin , se réunit au Liâo oriental , fait un détour au sud-ouest, rentre dans les frontières, traverse Cking-king , et se jette dans la mer.
« Le lleuve Louan sort d'au delà des frontières du Tchi-li, se dirige au midi, entre dans la grande murai lié, et se jette ensuite dans la mer. -
» Le lleuve Ifoin-thoung a deux branches principales : le Soung-hoa-kiang ( fleure aux fleure île pin (*)) et le Xûn ■ kiang ( fleuve Nàn ou Sounl). Le premier sort du territoire de Kir in , se dirige au nord, et franchit la frontière; il fait un coude en se dirigeant ail nordest, traverse Pé-tou-na ( ftédouné ), et sc réunit au Mun-kiang. En outre, il traverse le terriloire des trois dans l.a-lin , O-le-tsou (Or (suit), K/téhuu- /un, et sc jette dans la nier. Le Xun- Kinng sort du lcrritoircdeil/é-e«/7i-Aa/i ( Merglien ) appartenant au llé-loungkiang fleure au dragon noir), sc dirige au sud, traverse Pou-te-ho-thsi, Thsi- Ito-eurh (Tchitchichar), et se réunit au lleuve Soung-hoa ( soungaria ).
« Le Hé-toung- kiang , ou fleure du dragon noir ( Saghalien-oula ), sort du gouvernement du Tche-tchin-han (Tsetsén-khan, ou chef principal) des Kheeurh-khe ( Kliatklia ), se dirigea l’est, traverse Ni-pou-tsnu, Hou-lun-/>ei-eurli, Ya-khe-sà, fait un détour au sud-est, traverse les trois clans de Ou-lou soumou-tan ( Ourousamouden ) , tlc-loungkiang ( Saghalien } et K'gai-kiun ; il se réunît avec le lleuve Hoen-thoung.
» Le Yiin-ho (ricière a nombreux détours) est une rivière du Tchi-kiang et du Kiang-sou ; elle se perd dans le grand lac nommé Tai-hou.
« Le Yû-kiang se perd dans le lac Khoung-tse.
» Le Yii-hoang-ho (fleuve jaune l it) traverse les provinces de Chan-tonngel de Tchi-li ; il s’introduit successivement dans le Y-ho, le IT'en-lto, le fVel ho et le Tchang ho , et sc réunit au Tien.
* ix Sâng-khlén-ho t fleure du ciel des mûriers) sort du Chan-si, se dirige
à l’est, parcourt la province de Tchi-li, fait un détour au sud-est, et traverse la capitale à l'ouest, où il forme le Youngting-ho (fleure éternellement il se réunit aussi au Tien.
« Le Tche-kiang sort du Ngan-hoel , se dirige à l’est, traverse la province du même nom , et se jette dans la mer.
« Le Min-kiang sort du To-kien, se dirige à l’ouest, ou il entre dans la mer.
« Le Youe-kiang a trois branches :
la branche occidentale ( Si-kiang , nommé Tigre par les Européens , à son embouchure dans le golfe de Canton) sort du Yùn-ndn, sc dirige à l’est, traverse les provinces de Koueitcheou, Kouang-si et Kouang-loung , et sc réunit a la branche septentrionale ( Pé-kiang ) et à la branche orientale ( Toung-kiang) avant de se jeter dans la mer.
« Les rivières Sse-ling-kJte (Sélingga) et Tcha-pou-ko (Dzabkan) sont situées chez les bergers nomades, du nom de Khe -eurh-khé (Khutkha). La rivière Ta-khe-mou coule dans le Thang-nouou-ltang-hal. La rivière Khc-eurh-thsisse ( V/rlich ) a son cours dans le pavs de Koplo. La rivière l-li , celle de TAll-mou, coulent dans le territoire de I-li. Celles qui sont à l’ouest du fleuve au sable d’or (Kin-cha kiang), du nom de l.an-tsang ( caste étendue d’eau a gratuks cagues), de Khc-sa-ou-sou , de Ya-tou-ihsang-pau, coulent toutes dans le Tliibet. »