‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 3 sur 292 · POSITIONS ASTRONOMIQUES DES LIMITES DE L’EMPIRE · texte numérisé non relu

POSITIONS ASTRONOMIQUES DES LIMITES DE L’EMPIRE

« A l’orient du méridien de Pé-king , le territoire qu’habitent les trois clans on tribus , au milieu de la mer , dans une grande Ile (Tarrakai ou Segalien,, est situé à :ll° 20’ de longitude orientale. A l’ouest du même méridien, Khechi-ko-eurh (Kachegar) , à l’occident des monts Thsoung-ling , est situé a 47° de longitude occidentale. Vers le nord, Tchang-nou-ou-liang-haî , Tolo-sse-ling, sont à 56° 40' de hauteur du pdle nord (à 56° de latitude nord); au midi, Yaï-tcheau de Khioungtchéon-fnu (Ile liai -non), de la province de Kouang-toung , est à 18° 23' de hauteur du pdle nord. Ce qui fait que

Digit

(*) En manlcliou Soungari.

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de l’est à l'ouest [l’empire chinois, en 18I8[, embrasse une étendue d'environ 78° [mille neuf cent cinquante lieues de vingt-cinq au degré (*)]; et du midi au nord , il comprend 38“ [neuf cent cinquante lieues] (**). »

dette immense domination des empereurs chinois, que les géographes officiels de l'empire résument ainsi avec orgueil, est plus nominale qu’effective dans les contrées barbares qui avoisinent la Sibérie et le Turkestan; mais néanmoins cet empire chinoistartare est le plus vaste, le plus populeux et le plus ancien empire du monde. A ces trois titres différents il mérite donc éminemment l'attention des géo- " graphes, des hommes d’F.tat et des historiens.

Nous ajouterons ici quelques observations à l’esquisse un peu trop concise des géographes chinois qui précédé.

L’aire de l’empire chinois, si l'on en excepte peut - être celle de l’empire russe, à cause de la Sibérie , est la plus étendue, la plus vaste de la terre. Il n'en est aucune qui possède autant de côtes maritimes sur un océan, il est vrai, très-dangereux, mais par cela même renfermant plus d’obstacles aux agressions de (lottes étrangères. I je grand Océan est, pour la Chine, une grande et admirable frontière (surtout si le gouvernement chinois possédait jamais une marine comme les États européens) , de .plus de mille lieues de développement.

Au nord, l’empire chinois confine à la Sibérie russe. Ce sont les montagnes que les Chinois nomment chaînes du repos élevé, extérieures (Aï-king-ganling ), et quelques géographes européens, monts Stannvoï, Yablonnoi, Alpes daouriennes , qui forment la limite la plus septentrionale de la domination chinoise du côté de la mer d'Okhotsk{**‘).

(*) l’Ius du cinquième de I* circonférence du globe.

(*“) Ta-tsing-hoci-ticn-thou , L. 87, 3-5.

(“**) Un traité passé, en 1891, entre ta Chine cl la R nssie , à Àertchinsk , a déterminé ces limites de la mauîére suivante : Le fleuve Amour ou Saghalien-oula (en chinois /A'lounp-kiang, fleure du dragon noir) et toute la Mongolie demeurent aux Chinois. La chaîne do Stanovoi ( aï-hing~gan-/ing\ 11310118;

Les monts Allai (en chinois , Kin-rhan, monts d'or) forment sa limite septentrionale, là où l’Irlich et l’Obi prennent leur source. A l’ouest, où les géographes chinois placent les G o-sa-khe ou Kosahs , sont les frontières occidentales de l’empire chinois. Ces Gosakhe sont les Kirghiz , ou Kara-kirghiz du Turkestan. Le lac Balkach, sur cette extrême frontière , appartient encore à l’empire chinois. C’est du versant sep-

par des Toungous , les uns indépendants, les autres tributaires de l'un ou de l'autre empire, fixe la limite septentrionale entre l'empire chinois et l'empire russe. I.c.s Mau- I choux appartenant à la Russie sont cédés à la Chine. La Russie s'engage à ne jamais les recevoir comme transfuges. Les sujets respectifs, munis de pasxc-porls, ont la liberté d'aller d'un pays à l’autre, d'y acheter, d'v rendre tout ce qui leur conviendra. Des différends étant survenus entre les deux grands empil es, un nouveau traité fut passé entre la Chine et la Russie, le si octobre 17x7, ratifié en 17x8; c'est celui de Kinkta. 11 ne fait que continuer celui de 1(191 , relativement aux limites entre les deux empires. Ou y stipule seulement que la Russie pourra euvoser tous les dix ans à Pcking une caravane ou mission qui séjournera dans cette dernière ville. L'article 5 de ce traité est ainsi conçu :

« Les Russes occuperont à l’avenir à Pc.

<* king, le Kouan ou édifice qu’ils occupent « eu ce moment. D’après le désir de l'am- « bassadciir russe, il sera construit une église « avec l'assistance du gouvernement chinois.

- Le prêtre qui réside à Péking et les trois « autres qu’on y attend selon les conventions, « seront logi'-s dans le Kouan , ou édifiée ri-

- dessus mentionné... Il sera permis aux « Russes d’adorer leur dieu, selon les rites de

- leur religion. Ou recevra encore dans cette « maison quatre jeunes étudiants, et deux

- d'un Âge plus avancé, sachant les langues « russe cl latine, que l’ambassadeur désire « laisser à Pc-king , pour apprendre les lan- * gués du pavs. Ils seront nourris aux frais

- de l'empereur, et auront h lilierlé de re- « tourner dans leur pays, aussitôt qu'ils au- « ront fini leurs études. «

C’est par celle clause adroite , de la jiai-l du plénipotentiaire de la Russie, que celle dernière puissance s’est ménagé un grand moyen d'information en Chine, et s'est ouvert le chemin de la capitale dr cet empire, entièrement fermé aux autres puissances européennes.

tentrional des diverses chaînes de montagnes qui forment cette immense frontière que sortent plusieurs grands fleuves pour se rendre dans la mer polaire , à travers la Sibérie, et quelquesuns nu couchant, dans la mer d'Aral.

Les monts Célestes {Jhlan-chan) dont la direction, comme celle des autres chaînes de montagnes que nous avons mentionnées ci-dessus , est généralement et principalement d'orient en occident ; les monts Célestes , dis-je , qui séparent la Soungarie de la petite Bouckharie , aboutissent sur lachaînc des Bolor-lagh (ou monts Botor) , qui joignent les monts Allai h V Hindou- Koueh. Ils constituent la frontière occidentale des possessions chinoises de l’Asie centrale avec le Badakchan , Y ilindou-kouch , le pays de A' afin , le royaume de Kachemiri; et de Lahorc, uï avoisinent le petit Tilibèt dépendant e la Chine. Les hautes chaînes de YHimûlaija, qui séparent le .Y épal et le lluiilrvi du grand Tilibèt, constituent une des frontières les plus imposantes et les plus stlres que la main du Créateur ait jetées entre des nations. Au sudouest, l'empire chinois confiné à l’empire birman et au royaume d ’Annam { Youé-nàn) ou Coclunchine, dont la civilisation est en grande partie chinoise. Une petite rivière et une muraille assez faible séparent la Chine du royaume de Toung-king et du Laos.

Comme la Chine ancienne, la Chine proprement d ite diffère essentiellement, sous tous les rap|K>rts , des autres possessions de l’empire dont nous venons de décrire les limites ; il est, par cela même, indispensable , pour ne pas donner une fausse idée des choses , de diviser l’empire chinois en Chine propre et en Dépendances ou possessions chinoises. Quoique ces dernières soient de beaucoup supérieures en étendue à la Chine propre, bornée au midi et à l'est par la mer Jaune, à l’ouest par la grande muraille, et au nord par le Kokonoor, le Tliibet et l'empire birman, sous les autres rapports , ces possessions lui sont très-inférieures, étant pour la plupart des contrées sauvages ou désertes , habitées par des lapidations barbares ou peu civilisées , d’où cependant s'échappèrent autrefois ces

grandes armées qui tirent trembler l’Europe et l'Asie. Les habitants de ces contrées diffèrent donc des habitants de la Chine propre en mœurs et en civilisation, comme ils en diffèrent en races et en langages. Ces deux divisions de l'empire sont aussi opposées l’une à l’autre que l’extrême civilisation et l’extrême barbarie. Il y a lieu d'être surpris de l’unité qui préside au gouvernement de cet immense empire, composé d'éléments si hétérogènes.

Dans les sociétés anciennes comme dans les sociétés modernes , en Orient comme en Occident, les villes capitales ont toujours été considérées comme de la plus haute importance. C’est là qu'est le foyer de l’action et de la pensée qui rayonnent dans toutes les directions ; c’est le siège du pouvoir législatif, administratif et exécutif, et par conséquent le moteur qui imprime le mouvement et la vie à tout le corps social, qui lui impose ses formes et sa direction. Aussi le plus souvent l'histoire d'un peuple a été absorbée dans celle de sa capitale, quoique a tort selon nous ; car l’histoire de Rome , toute grande qu’elle a été , a eu le fatal inconvénient de laisser dans l’oubli une très-grande portion du genre humain, qui certes , pour avoir été gouvernée par la cille éternelle , ne méritait pas moins sa place dans l’histoire.

Avant que de faire connaître en dc; tait chacune des dix-huit provinces qui constituent l’empire chinois proprement dit, et les territoires qui en dépendent, nous commencerons, ainsi que l'ont fait les rédacteurs de la grande Géographie impériale et ceux du Hecueil îles statuts administratifs de l’empire, avec cartes et plans , précédemment cités , par donner une description de Pé-king, la Cour du \ord, que les écrivains chinois nomment plus souvent King-ssc, Capitale, Chun-thienfou, / ilte principale obéissant au cielf).

(*) Les autorités que nous avons principalement suivies dans celle notice sont le 7Vj- Üising-i-dionng Ichi, et l’ouvrage chinois traduit par le P. Hyacinthe I'iilehourin, qui l a acconqtagnéd’tin magnifique plaude/V-Lu„‘t levé, en 1S17, par des ofücit-rs russes, et duut nous publions une réduction revue sur un

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