‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 223 sur 292 · I.ITrÉKATl BK Moptnsp · texte numérisé non relu

I.ITrÉKATl BK Moptnsp

Écrivain s (#t< premier ordre.

igs THSAÎ-TSÏO.

Qu’est-ce qu’un Thsaï-tseu, et que faut-il «.'tendre par ce mot composé, que I on rencontre si souvent dans les préfacés des écrivains chinois!1

M. Stanislas Julien a parfaitement explique le sens des doux caractères qui l’expriment : * Ue caractère Thsaï (pris isolement) désigne les talents naturels de l'homme, innalm ingeiùi dotes. |«ir opposition aux talents qui sont le fruit de i’etude (**). Tseu (Bis) est, d’après le dictionnaire de Khang-hi , une qualification distinguée qu’on emploie pour designer un philosophe, un pieux personnage ou un personnage élevé en dignité; mais Morrison fait observer qu’on l’applique souvent aux écrivains éminents qui ont traité de la morale, de la philosophie ou de la littérature (***).

Un Thsaï-tseu est donc un écrivain distingué, ou plutôt, comme l'a dit Kiaprolh, un liel-esprit. A ce sujet, il y a une remarque que je ne puis m’empécher dç faire , tirst que ce mot Thsaï-tseu a en le même sort dans la langue chinoise que le mot belcsprit dans notre langue française. « Il ne se prenait autrefois, dit* la Harpe, que dans un Sens très-favorable : c’était le titre le plus honorifique de ceux qui cultivaient les lettres... Aujourd’hui le mot de bel-esprit ne nous présente plus que l'idée d'un mérite secondaire.

Ce changement a dû s'opérer quand le nombre des écrivains qui pouvaient mériter d'être qualifiés de beaux-esprits est venu à se multiplier davgq-

O Siècle ici Youtn, Journal asiatique, cahier de septembre-octobre i85i, p. 'J S 4 4 aS-,

(") Hxamen critique, p. lit.

("**) Simple exposé, p. iG3.

Xliqilijod by ( '.nrulll-

toge. Alors ce qui appartenait à tant de ((en» n’a plus paru une distinction assez honorable , et l'on a ehrrché d'autres fermes pour exprimer la supériorité. » Ce changement 1res remarquable s'est opéra dans la langue chinoise. Au commcuremrnt de la dynastie des iMing. vers l'an 1404 de notre ère, on comptait sis Thsaî-lseu, beaux-esprits ou écrivains du premier ordre : le philosophe Tchouang-tseu, gui vivait quatre siècles avant notre er«; kliio-youen, poète de la dynastie des Tcheou; Sseina-thsien, le plus célébré des tqstorieni chinois t fe poète Tou-fou , le romancier Chi-naî-ngan, et Wang-cil i- fou, écrivain dramatique.

Sous les Thsing, on a d abord exalu du nombre des Tlisaï-tseu les quatre premiers écrivains que je viens de citer : puis on a mis l'auteur du Sonkôue-tchi à la place de Tchquang-tseu; l'auteur dti Hao-khieou-tchouen à la place de khiù-youcu, et l’auteur du Vu-kiaoTi à la place de Ssema-tlisièn.

E»t-ne volontairement, systématiquement qu’on a fait redescendre du rang supérieur qu’ds occupaient le plus grand philosophe de la secte des Taosae, le plus grand poète de la dvnastie des Tcheou, le plus célèbre des' historiens chinois, celui qu’on h surnommé le Prince de l'histoire, et Tou-fou, qui vivait dans le huitième sièeie de notre ère? Je n'affirme rien, mais j'incline à croire que le mot Tliaaï tseu a eessé d’être le titre honorifique de ces grands hommes, parce qu’il n'a plus paru une distinction assez honorable.

C’est dans la littérature que je me suis confiné ; je n’ai donc point à parler de la langue savante, des antiquités, de la chronologie, de l’histoire, de la géographie, de la médecine, de ta jurisprudence, mais de la langue commune. du coule, de la nouvelle, de la comédie, du drame, dil roman de moeurs, du roman historique, dit roman mythologique, de la chronique populaire, du poème et de tous les ouvrages tf Imagination. Il va sans dire aussi que je n ai point à parler des King ou des livres sacrés des Chinois. ni de Confucius, ni de Menoius, ni des anciens philosophes. Dans le premier volume de cet ouvrage, et dans

le chapitre qu’il a consacré h la philosophie, M. G. Pauthier a traité des King et îles philosophes; mais M. Pautluer et moi nous différons sur plus d’un point, et je dois en avertir le lecteur. Toutefois, si. parmi les monuments de la langue savante, on en trouve un grand nombre où l’histoire de la littérature n'a rien ou n’u que peu de chose à voir, il existe pourtant des ouvrages que l’on regarde à la Chine comme les chefs-d’œuvre de l’esprit. Je présenterai donc ici la liste des annir. s Tlisaï-tseu ou des écrivains du premier ordre qui ont laissé des chefsd’œuvre, sous le double rapport du style et de l'éloquence. Cette liste sera suivie de quelques notiers biographiques et littéraires. I. 'ordre que j'ai suivi est, comme on le verra, l’ordre des dynasties ou l’ordre chronologique :

usvs ntt Ancien» tmaI-tku,

Tso-chi ou Tso-khieou-ming.

Tchouang-tseu,

SSEM A-THSIEN.

Tou-fou.

Li-thaï-pe.

Han vu.

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