‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 259 sur 292 · MADAME TSAÏ · texte numérisé non relu

MADAME TSAÏ

.* Il existait autrefois dans le village de Tongtsun un youèn-waï, dont le fils unique avait lu tous les livres anciens et modernes. Celait un studieux jeune homme. Chaque jour son père , grand sermonneur, discourait à perte d'haleine; il rabâchait et ne songeait qu’à une chose , à mettre son fils dans l’obligation de concourir pour les places. Celui-ci n’aimait guère les vieilles moralités, eocore moins les longues remontrances; mais pressé, harcelé de toutes les manières , il partit enfin , et arriva à Tchang-ngan. Dans cette populeuse cité , il ne trouva pas un seul homme

Î|ui voulût le prendre sous sa protection. Il ut donc réduit à demander l’aumône dans les rues. Un jour il aperçut un grand personnage qui passait : c’était un conseiller d’une cour souveraine. Aussitôt , se prosternant jusqu’à terre, les mains croisées sur sa poitrine , et d’une voix suppliante , il invoqua son appui. • Je vous nomme premier intendant de l’hospice des vieillards, répondit le ministre : allez-y, et prenez soin de votre père et de votre mère. » L’étudiant , la bouche béante à ces paroles, se dit néanmoins à lui-même : « Mais si je deviens premier intendant de l’hospice des vieillards, comment pourrai-je soigner mon père et ma mère ? » Le malheureux ! il ne savait pas que ses parents avaient été contraints de se retirer dans un hospice pour y finir leurs jours. Il vint prendre possession de sa place. « Voilà mon fils , s'écria le père, du plus loin qu’il le vit; mon fils est maintenant direeleur. Ah ! ah ! on ne verra donc plus les grands et les hommes du peuple m’accabler de leurs dédains. Je présume qu’on aura provisoirement chargé mon fils de l'administration de oet hospice....»

L'UNIVERS

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