‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 271 sur 292 · SOS · texte numérisé non relu

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petite quantité de feuilles naturelles; elles sont larges, plates, inégales, d’une couleur brun clair et verdâtre, toujours mêlées de poussière et de petits fragments de pétioles.

« L'infusion a peu de force , encore moins de saveur, et parfois un goût de fumée ; elle laisse aussi une sorte de sédiment noir au fond de la tasse. »

Thé* vert*.

uruim.

En chinois, H-t’ehûn (printemps fortuné).

« Cette étymologie est beaucoup plus juste et plus naturelle que celle qu'on lui a longtemps appliquée, en disant que son nom dérivait ae celui d’un négociant de l'Inde qui , le premier, aurait apporté ce tbe en Europe. C’est de tous les thés verts le plus généralement estimé, car la Compagnie des Iodes a jusqu'à présent donné des primes pour les deux meilleurs lots choisis dans ceux qu’elle achète annuellement , de même qu’elle le faisait autrefois pour le Congo; et ce motif d 'émulation a soutenu la qualité de ce thé, surtout à cause du renom qu’il donne aux négociants chinois qui obtiennent ces primes. C’est la première récolte du thé vert ; sa feuille est longue, étroite, charnue, bien tournée en spirale, d’un vert argenté, ou, pour mieux dire, couverte d’une sorte de fleur comparable à celle d’un fruit sur l’arbre. Ainsi ce thé ne doit pas être reluisant, comme le vendent quelques marchands qui lui donnent cette apparence factice en le frottant avec du talc pour qu’il soit plus flatteur à l’œil, ce qui dte peu de chose à sa qualité, mais ajoute beaucoup à son poids. L’hyson, en qualité supérieure, est ordinairement très-lourd, quoique très-sec et facile à briser. Il est très-sensible à l’action de l’air ; il a du reste ceci de commun avec tous les thés verts. Cette espèce n’ayant pas, comme les noirs, subi de torréfaction prolongée, ils sont bien plus aptes que ces derniers à se détériorer par i air, le temps ou l’humidité.

• Il faut , pour en obtenir la saveur, le faire infuser longtemps; alors sa feuille s’ouvre entièrement et devient très-souple. Si elle restait crispée , le

thé ne serait pas de bonne qualité. II teint l’eau d’une nuance jaune citron limpide, et la parfume d’une odeur agréable. Son goût est, comme celui de tous les bons thés verts, un peu âcre lorsqu'on le prend seul.

« Tous les tbés verts , de même que les tbés noirs, donnent à l'infusion cette même nuance plus ou moins foncée. »

hysoh nraioa.

En chinois, yù-t-iUn (avant les pluies).

* L’hyson junior est formé de petites feuilles très-délicates qui se cueillentde bonne heure dans la saison, ainsi que son nom l'indique : ■ avant /et pluies. > Cette récolte est peu abondante, et rend ce thé trop rare pour l’avoir naturel , surtout depuis quelques années, où les Américains en ont fait de si fortes demandes, que , ne pouvant y satisfaire loyalement, les Chinois coupèrent les feuilles d'autres tbés, et les passèrent à travers des tamis de certaine dimension, pour remplir d'une manière quelconque les commandes qui leur étaient faites. Les inspecteurs de la Compagnie des Indes s’aperçurent de la fraude, et n’eu expédièrent pas une seule caisse en Angleterre. Quand ce thé est naturel, la feuille est très-petite, délicate, bien crispée, d’un vert jaunâtre, et d’un arfttm très-doux ressemblant un peu

la violette. »

BTSO* tcmôo-là* (fleur perlée du bjion).

« C’est encore une variété du hyson de première qualité; sa feuille est la même, mais son arôme diffère entièrement des antres sortes. On assure que, « pour lui donner ce goût suave, on y mêle des fleurs de volea fragrans. »

Mais comme nous avons vu plus haut ue cette fleur sert à parfumer le pekoë, ont le goût est tout à fait différent, il est probable que c'est le mode de préparation dont on se sert qui lui donne ce parfum; toutefois ce moyen noua est inconnu. Ce qu’il y a de certain, c’est que l’hyton tchôu-lân est un thé qui se prépare pour quelques marchés seulement, car on est obligé de le commander une année à l'avance pour en obtenir de véritable. Son goût a peu d’analogie avec les autres thés verts ,

m euniveeb.

*P ration du parfum étrange qui y donune. »

HE8CT ni itwr.

En chinois, p'hi-fchd (ihê de rebut).

.. En préparant le hyson, on en retire tqutes les feuilles jaunes, coitimunes, et qui ne sont pas roulera, pour former le p'M-t'châ, qui se veqd trèsbon marché, et se consomme dans le$ ports de mer par les matelots et les gens des classes laborieuses. Son goût est un peu ferrugineux. »

rooexx x exaraa,

1» chinois; Irhiit*/ ekd (thé perlé).

« Ce thé n’psf antre dhgse Que Ie fe- Son soigneusement trié et jforpté des feuilles les mieux roulées en petites boules très-serrées. Ce triage se fait eu le torréfiant, et l'on voit que ce sont les feuilles les plus (lues et les plus petites qui se roulent le mieux et le plus promptement, Leur chois forme cette sorte de graine ronde qui lui a valu le nom dp . petites perles de tiré. »

« 11 a donc plus de parfum qqe le hyson, et renferme mie substance plus active, parce une, la feuille élaut plus fortement roulee, le sue qu'elle contient se comprime davantage et se cmjserve mieux que dans tes autres thés verts, qui ne sont roules quVn lonueur seulement. Ce thé est très-lourd, 'un vert un peu plus foncé qqe le hyson, et ses globules doivent être tres-réguliera et sans poussière, car et thèse concasse moins facilement que Je hyson.

« 11 faut qu’il infuse longtemps pour déployer ses feuilles, çt il donne à l'eau une belle teinte d'un vert duré, »

lsrluii.

En chinois, tà-tchoU {grosses pertes).

«Cette sorte se forma, comme la pondre à canon, du triage de f Imon, et se fait de je même manière ; seulement les grains en sont beaucoup plus gros, parce que les feuilles sont plus larges t mais elles doivent être routée* en boules aussi serrées et aussi duree. Elles sont d'un vert argatiiè, et eontieu nent un principe moins actif que la poudre à canon.

< Kaempfer dit seulement que le thé ■

impérial préparé pour l’exportation se cueüie en février, quand le* feuilles pont e» bourgeons, et que le meilleur croît sur les montagnes,

« Mais comme cette récolte ne serait pas assez abondante pour fournir aux demandes des deux continents, te thé qui vient s, ms le nom d’impérial n’est autre que celui que noua indiquons ici. Il réclame tme infusion aussi longue que la poudre a canon. »

TOfcrmâ».

En chinois , tkin-kln ; dans le dtalrete it

Cnn Ion, (utt-k’ai (nom d’mie vallée).

« Cette sorte est moins commune que le p'hl-t'chà , quoiqu'elle se compose aussi du second triage de limon ; mais en général les feuilles sont larges, jaunâtres, mal roulées, car on apporte peu de soin à leur préparation ; en un mot, c'est le boité des tirés verts. Cependant il forme plus de» deux lier* des importations de thé vert de la Grande-Bretagne, parce qu'en raison de aon bai prix les détaillants le mêlent avec d’autres thé* verts. Son infusion est d une couleur brun clair tirant sur le jaune terne, et elle a souvent un léger goût de poisson (*}. »

Noueetui renseignements sur la culture des arhret à cire , extraits des auteurs chinais par M. Stanislas Julien, de linslimt.

« Les Chinois élèvent les insectes à cire sur trois sortes d’arbres, dont deux sont bien pomma en Europe- Ce sont le Miu-TCHiao ; r/i a s succedaneum , suivant il. Adojpbe Brpngniari), le toxg-tsixiî {liypiti um ylabrum, suivant A. Rémusat, police des manuscrits, tpine XI , p- 274, u* JS; cf.

Thunberg, Flora japon ica , p. 17; Kæmpfer, Amasa.ex , 898 et777, aux mole ibutta et Ipbeta), et le ch<juikin ou tux des lieux humides, qui parait être de la même famille que le mou-ms, ou sis arborescent (hibiscus syriacus, A. Remuiat, laça citala, n° 41; cf.

Kæmpfer, .Imain. ex., p. 444, au mot Mokksei , et Flora jtfpauico, p. 272).»

(*) Pour la! articles qui précèdent, süjct 1* Uaiwgnaphie du thé, p. 1 3o a 143.

CHINE MODKRiNK. 607

Arbre niu-tching.

(Extrait de l’ouvrage intitulé; Cheou-chi- (hong-kUao.)

« Cet arbre s'appelle niu-tching (littéralement vierge-pur) ; on le nomme encore tching-uiùu ( pur-arbre ) et lac/iuu ( cire-arbre ). U-çhi-tchin, (auteur d'un grand traité de botanique médicale) dit : Cet arbre brave le froid le plue rigoureux et reste toujours vert, c'est pourquoi ou l’a uppelé niu-tching (mot a mot, cierge-pur, ; comme pour le comparer a une vierge ou à une femme qui garde la chasteté. Dans ces derniers temps, on a commencé à y placer les insectes appelés lu-tchong (cire- insectes), ou iusectrs qui produisent la rire. Cet arbre s’appelle aussi tong-tsing ( hiver-vert ). Ou lui a donné le même nom qu'à l'arbre tongitsing (ligustnfin glabrum), qui est d une espece differente, quoique appartenant à la même famille.

« Tous deux naissent de graines et poussent aveu une grande facilité. L’arlirc niu-tching a des feuilles épaisses, molles et allongées. leur surface est verte, et l’envers estd'une teinte pâle. Elles sont longues de quatre à cinq pouces, et sont extrêmement touffues.

Dans le cinquième mois (juin), cet arbre doune une grande quantité de petites fleurs bleues < t blancbes. Dans le neuvième mois (octobre), les fruits sont formes. Ils ressemblent aux petits fruits appelés nieou-li-t.se. Ils sont disposés en grappes tellement nombreuses, que l’arbre en est rempli. Avant d'étre mûrs, ils sont verts ; à leur maturité, ils sont de couleur violette. L’écorce de l'arbre est blanche et onctueuse. »

Arbre tong-tsing.

• ta1 tong-tsing (ligustrum glabrum) s'appelle encore cho ni -tong-tsing (eaubiver-vert), c’est-à-dire le tong-tsing qui croit dans les lieux humides. Quelques auteurs l'appellent le tong-tsing à petites feuilles. Cet arbre ressemble au keou-kou-tseu (ileas aquifoiium , cf.

Kæmpfer, Aman. "X..7HI), mais il est plus touffu. Son tronc devient tellement gros , qu'il faut quelquefois deux personnes |iour l’embrasser. Il s’élève jusqu’à environ d» pieds. Les libres de

son bois sont blanches et déliées, fl est dur, lourd et susceptible d'un beau poli. Ses feuilles ressemblent a celles de l'arbre lou-tseu (cratægus bibas , Lourei ro, Flor. coch ., p. 3UI ), mais elles sont plus petites. Kl les ressemblent encore à celles de l’arbre tchun (frêne), mais elles sont aussi pluR petites. Elles sont minces, étroites , arrondies a leur extrémité, brillantes et propres a teindre en rouge. On cuit dans l’eau les jeunes pousses de cet arbre, on les fait tremper ensuite pour enlever lenr amertume, on les lave avec soin, et on les assaisonne pour les manger.

«Cet arbre fleurit dans le cinquième mois (juin); ses fleurs sout blanches, et ses graines ont la grosseur des teou (Hotichos). Leur couleur est rouge. On lient déposer sur cet arbre, aussi bien que sur l'arbre niu-tching, les insectes qui produisent de la cire. »

Arbre choui-kio.

«Les feuilles de l’arbre choui- kin ressemblent à celles du niu tcbiog, mais leurs côtés sont dentés en scie; elles naissent cinq par cinq. Cet arbre ne donne pas de fleurs. C'est certainement l’arbre que Li-chi tchin appelle niu-tachou ou V arbre femelle gui produit la cire.

« Dans le pays de Chou (qui dépend delà province au Sse-tcboucn), il y a un autre arbre sur lequel on place les insectes à cire, et qu'ou appelle tcha-la. Ses feuilles ressemblent a celles de la plante kio Ifihrusanthemum indicum). il croit encore plus rapidement que cette plante. Dès que l'arbre tcha-la (littéralement, a/ifiliguer-cire) a un an, on peut y placer les insectes à cire. An bout de trois ou quatre ans, son troucestgros comme une tasse à mettre du vin; mais bientôt il dépérit , et l'on ne peut ainsi eu obtenir de la cire que pendant fort peu de temps. Cet arbre est d’une esjièce différente du choui-kin. Il pousse rapidement, même lorsqu'on y applique des insectes à cire ; mais il a de la peine à devenir un gros arbre. Dans le pays de Chou, on eleve peu d’insectes à ciré sur I ’o rbre niu-tching ( rhus succéda neum) . Le plus graud nombre vit sur l’arbre appelé tduhUt. C’est pourquoi on doit

L'UNIVERS

préférer l’espèce d’arbre du pays de Chou (c’est-à-dire l’arbre tcha-ia). »

CULTURE DE L’ARBRE WIU-TCRIHO.

(Extrait de l’ouvrage intitulé : Pien-min-thou.)

« On sème les graines dans le dernier mois de l’année. Les premiers jets paraissent au printemps. L’année suivante, on le transplante dans le quatrième mois (avril). Lorsqu’il « atteint la hauteur d’environ sept pieds, on peut v appliquer les insectes à cire {latchong). On plante les arbres niu-lching à peu près de la même manière que les mûriers. On les dispose en lignes longitudinales et transversales, en laissant entre eux la distance d’environ un tchang (dix pieds). Alors l’arbre grandit et acquiert de la force. Il faut entourer les racines d'excellent fumier, et labourer tout autour de l’arbre une fois par an. S'il y pousse des herbes, il faut les Ôter avec le sarcloir ou la bêche. Parce moyen les branches deviendront vigoureuses, et l’on récoltera une grande quantité de cire. •

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