‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 272 sur 292 · C1KK D'ARBRE · texte numérisé non relu

C1KK D'ARBRE

( Extrait de l'ouvrage intitulé : Nong-tching-

ihuouen-chou.)

« Avant les dynasties des Thang et des Song (du VII* au VIII* siècle de notre ère), la cire blanche dont l’on se servait pour faire des bougies était produite par les abeilles. La cire blanche produite par les insectes appelés latchong , ou insectes à cire, n’a commencé à être connue que depuis la dynastie des Youén ou empereurs mongols , c'est-àdire au milieu du XIII* siècle. Maintenant elle est devenue d’un usage général. On en récolte dans les provinces du Sse-tchouen, du Hou-kouang , du Lun-nan et du Fô-kien, ainsi que dans les districts situés au sud-est des monts Mei ling , etc. ; mats la cire d'arbre du Sse-tchouen et du Yun-nan est la plus estimée. •

Même ouvrage .

« Siu-kouang-ki (auteur de l’ouvrage précédent) ajoute : L’arbre niu-tchinç donne de la cire blanche. C'est un fait qui ne se trouve consigné dans aucun ouvrage historique antérieur à la dy-

nastie actuelle (il vivait sous les Ming, au commencement du XVII* siècle).

Maintenant cette cire abonde dans les provinces de l’est et du sud de la Chine. Précédemment j'avais conçu des doutes à ce sujet : je ne pouvais croire que cette cire n’eût pas été connue des anciens, et je supposais que leur silence tenait uniquement à ce qu’ils n’avaient

fias eu le temps de faire une excursion ointaine pour le vérifier par eux-mêmes. Mais j'ai vu des habitants de l’arrondissement de fVou-lcheou qui m’ont appris que c’était seulement depuis vingt ans qu'ils élevaient des insectes à cire. Dans l’arrondissement de Ou-hing, les cultivateurs me racontèrent que cet usage ne datait que d'une dizaine d'années. Dans mon pays même, on ne le connaissait pas non plus avant les cinq années qui viennent de s’écouler. Dans l'année keng-siu (en 1610), j'ai commencé à planter une centaine de pieds de niu-tcaing, et j’ai obtenu de la cire en suivant la méthode usitée aujourd'hui. Dans le village que j’habite, on voit aussi beaucoup d'insectes à cire {ta-tchong) qui naissent d’eux-mêmes.

La moitié des insectes qu’on place ici sur les arbres est prise dans l’arrondissement de Ou-hing ; l’autre moitié se compose d’insectes indigènes. Les gens du pays assurent que ces derniers sont préférables. Il résulte de ce qui précède uece produit était inconnu des anciens, 'aurais eu le droit de rejeter un fait aussi extraordinaire, si je ne l’avais pas vérifié de mes propres yeux. »

RKCOLTS XT KrURATIOK DR LA CIRE d'aRRRK.

( Extrait de l’ouvrage intitulé : Song-chithsa-pou.)

«L’arbre tong-tsing peut venir de graine. Dès qu’il est dans toute sa force, U convient d’y placer dans le cinquième mois les insectes à dre qui y trouvent leur nourriture. Dans le septième mois (août), on récolte ia cire. H ne faut pas la recueillir entièrement. Si l'on eu laisse une certaine quantité, l’année suivante, dans le quatrième mois, on en verra sortir de nouveaux iusectes à cire.

* Lorsqu'on a recueilli la cire, oo la fait d’abord sécher au soleil. Puis on couvre avec une toile l’ouverture d’un vase de terre, et l’on dépose la cire suc

cette toile. Ensuite on place cevase dans un chaudron de métal rempli d’eau bouillante. Bientôt la cire se fond et tombe dans le vase de terre. Elle se condense, se durcit, et offre une parfaite blancheur. Dès ce moment, elle est propre à faire des bougies. Quant aux parties les plus grossières, on les met dans un sac de soie que l’on jette dans l'huile bouillante. La cire pure se fond entièrement et se combine avec l’huile. On peut l’employer immédiatement à fabriquer des bougies.

« Lorsqu’on a élevé pendant trois ans sur un arbre des insectes à cire, il convient de le laisser reposer pendant trois ans.

• L’arbre choui-tong-tsing (le tongtsing des lieux humides), qui a de petites feuilles, est très-avantageux oour l’élève des insectes à cire. »

Même ouvrage .

« Dans les pays de Pa et de Chou (qui dépendent de la province du Ssetchouen), on ne sème les graines de cet arbre (tong-tsing) qu’apres les avoir fait tremper dans l’eau de riz pendant une dizaine de jours, et en avoir ôté la capsule (le péricarpe). Après une première éducation, on coupe l’arbre près du collet, et l’on y applique de nouveau les insectes lorsqu'il a poussé des jets vigoureux. Lorsqu’un arbre a nourri ces insectes pendant une année, on le laisse reposer l’année suivante. Pour recueillir la cire, il est nécessaire de couper toutes les branches de l’arbre.

On n’y doit laisser aucuns vieux rameaux, c’est-à-dire aucun des rameaux qui ont nourri des insectes à cire. »

(Extrait d’un ouvrage intitulé : Pen-thsaoloui-pièn .)

« La cire blanche d'insectes ne ressemble point à la cire blanche des abeilles. Elle est produite par de petits insectes qui se nourrissent du suc de l'arbre tong-lsing [ligustrum glabrum) et longtemps apres le convertissent en une sorte de graisse blanche qui se répand et s'agglutine sur les branches de i’arbre. Il y a des personnes qui s’imaginent faussement que cette matière est une déjection de l'insecte.

« Quand l’automne est venu, on l’en- 89* Livraison. (Chine modbbneA

lève en raclant, on la fait bouillir dans l'eau, et on la passe dans un filtre d’étoffe.

• Ensuite on la metdans l'eau froide, où elle se fige et forme une masse solide. Si on la brise, elle présente des veines brillantes et diaphanes comme la pierre blancheappeléecAf-Aao(xtéafffe).

Si on la mêle à une certaine quantité d'huile, elle fournit des bougies qui sont bien supérieures à celles de cire d’abeilles.

». Observation . Suivant Siu-kouangki, les bougies faites avec la cire pure d'insec/es à cire sont dix fois plus avantageuses que les bougies ordinaires.

« Si l’on y mêle un centième d’huile, elles necoulent pas. C’est pourquoi cette espeee de bougie est devenue d'un usage général. Les arbres à cire se cultivent en grand nombre sans nuire aucunement à l'agriculture. >

1KSICTU A. «lit.

j (Extrait du Pen~thjao-kang.mou.')

« Les insectes à cire sont d’abord gros comme des lentes. Après l'époque appelée mang-lchong (après le 5 juin), ils grimpent aux branches de l’arbre se nourrissent de son suc et laissent échapper une sorte de salive. Cette liqueur s’attache aux branches , et se change en une graisse blanche qui se condense et forme la cire d’arbre. Elle a l'apparence du givre. Après l’époque appelée tchou-chou (après le 23 août), on l’enlève en raclant, et on l'appelle alors la-tcha, c'est-à-dire sédiment de cire.

« Après l’époque appelée pe-lou (après le 7 septembre), cette cire se trouve agglutinée si fortement à l’arbre, qu’il serait fort difficile de l’enlever. On fait fondre cette matière, et on la purifie en la passant dans une sorte de filtre en étoffe. Quelques personnes la liquéfient à la vapeur et la font découler dans un vase. Lorsqu'elle est figée et réunie en masse, elle forme ce qu'on appelle la cire d'arbre.

« Quand les insectes sont petits (c’està-dire viennent de naître), ils sont de couleur blanche. Lorsqu’ils ont produit de la cire et qu’ils ont atteint leur vieillesse, leur couleur est rouge et noire. Ils se rapprochent entre eux , et

s’attachent par paquets aux brandies des arbres. Dans le commencement, ils sont gros comme des grains de millet et de ri/. | dès que le printemps est venu, ils croissent |xtu à peu et deviennent gros comme des œufs de poule. Ils sont de couleur violette et rouge. Ils se tiennent par grappes et enveloppent lea branches; on dirait que ce sont les fruits de l’arbre.

* Lorsque cet insecte est sur le point de pondre. i> se forme une coque (littéralement une mai* oh) qui ressemble aux loges des mantes qu'on veif sur les mûriers. Cette ceque s'appelle communément la-tchong ( cire-graine ), ou luteeu (cire-fil*). L'intérieur est rempli d’œufs blancs qui ressemblent a de petites lentes. On les trouve réunis par paquets qui en renferment plusieurs centaines. A l’époque appelée li-kia (le 6 de mai), on recueille ces œufs, on les enveloppe dans des feuilles de ginembre, et on les suspend à différentes istaneesanx branches de l’arbre à cire.

« Après l’époque appelée mangtchong (après le 5 île juin), les œuf* éclosent et les enveloppes s’ouvrant.

Les insectes à cire sortent en rampant et se cachent d’abord sous les feuilles ; ensuite ds grimpent aux branches, s'f installent et travaillent à la cire. Il faut nettoyer avec soin la terre qni se trouve au pied de l’atbre, et empêcher que les fourmis ne mangent les œufs des insectes à Cire(‘). v

Renseignements sur ta plante textile tchounifl (urtica nieca) , extraits Jet lima chinois et comwiii/ues à C Academie des sciencsi , par M. SUuiaJax Julien.

cti.tum Dü TC/urv-ms (oirl-TCi stvea).

(Traité impérial (C, j riciiit, chinoise, lie. yl , tnt. S.J

« Pouf semer le tchou-ma dans le troisième ou le quatrième mois , on choisit de préférence une terre sablonneuse et légère. On le sème dans un jardin; si l’on n’a pas de jardin, oi* peut adopter un terrain situé près d’une rivière en d'un puits. On bêche la terre une on deux fois; ensuite, on forme

(') Voy. les Comptes reotlus hebdomadaires des séance* de l’Aeaderein deisciencM, par MM. les secrétaires perpétuels, i" semestre 1840, n° k5, x3 avril.

des plates-bandes larges d’un pied et longues de quatre pieds ; après quoi, on bêche enc ore une fois. On tasse la terre suuerucicllement . soit avec le pied, soit avec le dos de la bêche, et lorsqu’elle est un peu ferme, on l’égalise avec un râteau. La nuit suivante , on arrose les plates-bandes, et le lendemain, avec un râteau à petites dents, on retère la terre, puis ou la nivelle de nouveau.

» Ensuite, on prend un tiemi-ching (260 centilitres) de terre bumide et un Ito (â 2 centilitres) de graines, et on les mêle ensemble. Aven un h 0 de graines, 011 peut ensemencer six à sept plates - bandes. Après avoir semé , il n’est pas nécessaire de rerouvrir les graines de terre , car si on le faisait , elles ne germeraient pas.

« On prend quatre bâtons, dont l’extrémité inférieure est taillée en pointe, et on les enfonce en terre en les alignant, deux d’un côté de la plate-bande et deux de l’autre; l’on s’en sert pour appuyer une sorte de petit toit de deux ou trois pieds de haut , que l’on recouvre d’une natte mince.

« Dans le cinquième ou le sixième mois, lorsque la chaleur du soleil est devenue forte, on recouvre cette légère natte d’un paillasson épais. Si l’on ne prenait pas cette précaution, les germes de la plante seraient détruits par la chaleur.

« Avant que la plante ne germe, ou lorsque les premiers germes commencent à paraître, il ne faut pas arroser. A l’aide d’un balai trempé dans l’eau , on mouille le toit de nattes, de manière à tenir humide la terre qu’il recouvre. Chaque nuit, on enlève les nattes, afin que les jeunes pousses reçoivent la rosée.

« Dès que les premiers germes ont

rru, si l’on voit des herbe* parasites, faut les arracher immédiatement.

Lorsque la plante a acquis deux ou (fois doigts de hauteur, le toit n’est plus nécessaire. Si la terre est un peu sèche, 011 l’arrose légèrement jusqu’à la profondeur de trois pouces.

• On choisit alors une terre un peu forte, et l’on forme d’autres platesbandes pour v établir les jeunes plants. La nuit suivante, on arrose le* pre-

inières plates-bandes où sont encore les jeunes sujets; puis le lendemain matin, on arrose les nouvelles platesbandes qui les attendent. On les enlève avea la bêche, en conservant une petite motte de terre autour de chaque pied , et on les transplante (on les repique) à la distance de quatre pouces les uns des autres. On bine fréquemment.

« Au bout de trois à cinq jours, on arrose une fois ; puis , au bout de dix jours, de quinze jours et de vingt jours, on arrose encore.

« Après le dixième mois , on les recouvre d’un pied de fumier frais de bœuf, d’âne ou de cheval. »

n>mi si jkt extrait du Traite général d'agriculture, intitulé: Aong-lcluug-lluioueH-

chou .

« Lorsqu’on cultive le tchou-ma (urtica nicea) pour la première fois, l’on se sert de graines. Après qu’il est venu de semis , les anciennes racines donnent spontanément de nouveaux jets.

Au bout de quelques années, les racines se croisent et s'entrelacent , et il faut séparer les tiges et les replanter.

« Aujourd’hui , dans le pays de Ânking et de Kien-ning , beaucoup de personnes détachent avec un couteau des portions de racines et les replantent. Ceux qui n’ont pas pu se procurer de ta graine imitent aussi le procédé usité pour obtenir des plants de mdriers provenant des marcottes. Les résultats de cette pratique sont extrêmement rapides.

« Mais dans les pays où il n’existe pas de racines de tchou-ma , et où il serait difficile d’en faire venir de loin, il convient de recourir à la graine.

« Dès que les jeunes planù ont quelques pouces de hauteur, on les arrose avec de l’eau mêlée par moitié de jus de fumier. Après avoir coupé les tiges, il faut arroser immédiatement; mais cet arrosage doit avoir lieu la nuit ou par un temps couvert; car si l’on arrosait en plein soleil , la plante se rouillerait. Il faut bien se garder de faire usage du fumier de porc.

« Le tchou-ma peut être planté tous les mois ; mais il faut que ce soit dans un terrain humide. >

TXAi»spt.Airr*Tioit Pt m vt.tt: rriCATHi «

DD TCUOD-MA.

(Traité impérial d'agriculture y lir. 78, fol. 5.)

« Lorsque les touffes du tchou-ma sont très-fournies, on creuse la terre tout autour, et l'on en détache les nouveaux pieds, que l’on transplante ailleurs. Alors le pied principal végète avec plus de vigueur. Au bout de quatre ou cinq ans, les pieds anciens se trouvant extrêmement fournis , on les divise et on les replante sur d’autres plates-bandes.

« Quelques personnes se contentent d’abaisser les longues tiges, et obtiennent des marcottes par le procédé ordinaire.

«Quand une plate-bande est trop garnie , on en établit une nouvelle qui est bientôt suivie de plusieurs autres, De cette manière, les plants se multiplient à l'infini.

« On choisit d’avance une terre grasse qui a été bien labourée en automne , et On la fume avec du fmnier fin. Le printemps suivant, on transplante. La meilleure époque est celle où la végétation commence ; la seconde époque (sous le rapport de la convenance) est celle où les nouvelles pousses paraissent; la troisième époque ( c’esta-dirc la moins convenable) est celle où les tiges sont déjà grandes.

* On espace les nouveaux plants d'un pied et demi . et quand ils ont été bien entourés de terre, on les arrose.

« En été Pt en automne, il faut profiter du moment où la terre vient d’être humectée par la plaie. On peut aussi transplanter le* jeunes tiges dans des lieux voisins , mais il est essentiel de conserver une motte de terre autour de chaque pied. »

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