‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 273 sur 292 · UM SUIT · texte numérisé non relu

UM SUIT

« Pour multiplier les plants de tchouma, on sépare avec un couteau des portions de racines de trois ou quatre doigts de longueur, et on les couche par deux ou trois dans de petites fosses éloignées l'uue de l’autre d’un pied et demi. On les entoure de bonne terre et 1 on arrose ; on renouvelle cette irrigation truis ou cinq jours après. Quand les nouvelles tiges ont acquis une cer-

taine élévation , on bine fréquemment.

. Si la terre est sèche , on arrose.

S’il s’agit de transporter ces plants au loin ,il faut que la racine conserve sa terre première, bien enveloppée de feuilles de roseau. On les enferme, en outre, dans une natte pliée de manière à les préserver de l’air et de la lumière. On peut alors les transplanter, en toute sécurité, à une distance de plusieurs centaines de lis (dizaines de lieues).

« La première année, quand la plante a atteint la hauteur d’un pied , on fait une récolte; on en fait une autre la seconde année. Les libres des tiges coupées sout bonnes à filer.

« Chaque année, dans le dixième mois , avant de couper les rejetons qui dépassent la racine, on couvre la terre d’une couche épaisse de fumier de bœuf ou de cheval. Dans le second mois , on enlève le fumier avec un râteau, afin que les nouveaux sujets puissent sortir librement. Au bout de trois ans, les racines se trouvent extrêmement fournies; si l’on ne transportait pas une partie des plants qui viennent en touffes serrées, ifs s’étoufferaient les uns les autres. »

EÉCOI.TE DO TCBOO- MA.

« Chaque année, l'on peut faire trois récoltes. A l'époque où l’on coupe les tiges , il faut que les petits rejetons qui sortent du pied de la racine aient environ un demi-pouce de haut. Dès que les grandes tiges sont coupées , les rejetons poussent avec plus de vigueur, et donnent bientôt une seconde récolte. Si les jeunes pousses étaient trop hautes, il ne faudrait pas couper les grandes tiges ; mais les rejetons ne pourraient prospérer et nuiraient au développement de ces grandes tiges.

« Vers le commencement du cinquième mois , on fait une première récolte; une deuxième au milieu du sixième mois ou au commencement du septième mois ; enfin, une troisième au milieu du huitième mois ou au commencement du neuvième mois. Les tiges de la deuxième récolte croissent plus rapidement que les autres; leur oualité est infiniment préférable.

* Aorès la récolte , on couvre de fu-

mier les pieds de tchou-ma, et l’on arrose immédiatement; il faut bien se garder d’arroser en plein soleil. »

TEILLAGE DES rfULMEXTS DU TCHOC-MA.

« Lorsque la récolte des tiges est finie, on prend un couteau de bambou , ou un couteau de fer, et on les fend à partir de l’extrémité. On enlève d’aWd l’écorce, puis, avec le couteau, on ratisse la couche inférieure qui est blanche et recouverte d’une pellicule ridée qui se détache d’elle-même. On trouve alors les fibres intérieures ; on les détache et on les amollit dans de l’eau bouillante. Si l’on teille le tchou-ma en hiver, on fait tremper d’avance les tiges dans de l’eau tiède ; ce qui les rend plus faciles à fendre.

« La première couche du tchou-ma est grossière et dure , et n’est bonne u’à faire de l’étoffe commune; la euxième est un peu plus souple et plus fine; la plus estimée est la troisième couche, qui sert à fabriquer une étoffe extrêmement fine et légère. »

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