‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 274 sur 292 · ROUISSAGE ET BLANCHIMENT DU TCHOU-MA · texte numérisé non relu

ROUISSAGE ET BLANCHIMENT DU TCHOU-MA

« On réunit les tiges et l’on en forme de petites bottes que l’on place sur le toit de la maison pour qu’elles soient humectées par la rosée de la nuit, et séchées ensuite par la chaleur du soleil. Dans l’espace de cinq à sept jours, elles acquièrent d’elles-mêmes une blancheur parfaite. Si le temps est couvert ou pluvieux, on les met sécher dans un lieu couvert et exposé à un courant d’air. Si elles étaient mouillées par la pluie, elles deviendraient immédiatement noires.

« Un autre auteur dit : « Après le teillage des filaments, on les lie en écheveaux, on les arrondit en cercle, et on les fait tremper pendant une nuit au fond d’un terrine pleine d’eau , puis on les file sur le tour. Cette opération achevée, on les fait tremper encore dans une eau de cendres de bois de mûrier.

* Après les avoir retirés du vase, on les divise par paquets de cinq onces; on prend alors, pour chaque paquet, une tasse d’eau pure que l’on mêle avec une égale quantité de chaux pul-

vif risée, et on les dépose, dans un vase, au milieu de ce mélange pendant une nuit.

• Le lendemain, on les débarrasse de la chaux et on les fait bouillir dans une eau de cendres de tiges de blé :

ils deviennent ainsi blancs et souples.

Après les avoir bien séchés au soleil , on les fait bouillir encore une fois dans de l'eau pure; en outre, on les agite dans une autre eau pour achever de les nettoyer, et enfin on les fait sécher au soleil.

« Cela fait , on les soude bout à bout sur le tour pour obtenir de longs fils , on en forme la chaîne et la trame , et l'on en fabrique de l’étoffe par les procédés ordinaires. »

« lin autre auteur dit : « Après avoir filé les filaments du tchou-ma, on les fait bouillir dans de l'eau de chaux, et, quand ils sont refroidis, on les lave avec soin dans une eau pure. Ensuite , à l’aide d'un treillis de bambou placé à la surface de l’eau, on les étale par couches égales, afin que, pour ainsi dire , ils soient à moitié humectés par en bas, et à moitié séchés supérieurement. A l’approcbe de la nuit, on les retire , on les égoutte et on les fait sécher; on continue de même le lendemain et les jours suivants, jusqu'à ce nue les fils aient acquis une parfaite blancheur. C’est alors seulement qu’il convient de les employer au tissage. »

« Suivant un autre procédé , il y a des personnes qui , après le rouissage ordinaire, filent le tchou-ma et en fabriquent de la toile. Elles diffèrent en cela de celles qui ne rouissent le tchouma qu'après le filage.

« Il y en a d'autres qui prennent les filaments bruts, les exposent la nuit à la rosée , et le jour, aux rayons du soleil; puis, quelques jours après, les filent au tour, et ne blanchissent qu’après le tissage.

« D’autres enfin , à l’exemple de ceux qui travaillent la plante ko, coupent les tiges, ne tissent les filaments qu'après les avoir ramollis par la vapeur de l’eau bouillante, et ne s’occupent plus de les blanchir. De tels filaments donnent une toile plus souple et plus nerveuse. »

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