MASIÈRE DE RECUEILLIR LU MEILLEURES GRAINES UE TCHOU-MA
« Lorsqu’on veut recueillir des graines de tchou-ma pour le semis, on doit préférer celles qui proviennent des premières pousses . Dans le neuvième mois, après l’époque choang-kiang (après le î octobre), on recueille les graines et on les fait sécher au soleil ; ensuite on les mêle avec une égale quantité de sable humide , et on les met dans un panier de bambou que l’on recouvre soigneusement avec de la paille. Cette précaution est nécessaire, car si elles gelaient, elles ne ermeraient pas. Les graines de la euxième et de la troisième pousse ne.
sont pas bonnes à semer. Au moment de faire des semis, on les éprouve avec de l’eau ; l’on emploie celles qui ont été au fond , celles qui flotteut a la surface n’ont aucune valeur. »
Même ouvrage, fol. 4.
<1 On sème avant la première moitié du premier mois. Les meilleures graines sont celles qui sont tachetées de points noirs. Après les avoir semées , on les recouvre avec de la cendre. Si on les sème dru , les plants de tel tourna viendront faibles et grêles; ils acuerront , au contraire , de la force et e la vigueur si les graines sont clairsemées. Dès que les feuilles ont paru , l'on arrose avec du fumier liquide.
Dans le septième mois , on récolte les graines , on les met dans une toile de chanvre et on les suspend dans un lieu exposé au grand air : cela facilite et hâte la germination. »
CULTURE DES mCriEHS.
En 1837, M. Stanislas Julien, de l’Institut, publia, par ordre du ministre des travaux publics, de l’agriculture et du commerce, un ouvrage qu’il intitula :
Résumé des principaux traités chinois sur la culture des mûriers et t éducation des vers à soie. Traduit en allemand, en italien, en grec moderne, en russe, en anglais, dans la Caroline du Sud, jamais ouvrage de ce genre n’obtint un succès plus éclatant. Nous croyons donc que nos lecteurs nous sauront gré de trouver ici un aperçu des méthodes adoptées à la Chine pour
L’UNIVERS
la culture des mûriers. Le sujet nous est étranger ; niais nous avons consulté, sur l'ouvrage de M. Stanislas Julien, un des juges les plus oompétents, et M. Robinet, dont tout le monde connaît les intéressants travaux , a bien voulu nous indiquer les passages à extraire. C’est d'après lai que nous citerons :
Plantation des mûriers.
« Dans le cinquième mois (en juin), on prend des mures et on les met dans l’eau, on écrasé la pulpe avec les mains et on la lave à plusieurs reprises. Quand on a séparé la graine, on la fait sécher à l'ombre.
« On prépare par le labour dix arpents de terre fertile, ou, ce qui vaut mieux, des terres incultes, qui n’ont point été cultivées depuis longtemps.
On sème, dans chaque arpent, trois ching (espèce de mesure) de graine de millet et de mûres mêlées ensemble. Le millet et les mûriers doivent naitre en même temps. On bêche, et l’on fait en sorte que les mûriers se trouvent à une distance convenable les uns des autres.
Quand le millet est mûr, on le moissonne; en [poussant, les mûriers atteignent une nauteur égale h celle du millet; on les enupe rez-terre avec une faucille ou une serpe bien tranchante; on les laisse sécher au soleil, et, lors- ’il fait un bon vent, on y met le feu. ur cela, il faut toujours choisir le moment où le vent souffle en sens contraire. »
Manière de tailler Us grands mûriers.
« Il faut uniquement éclaircir les branches, et surtout tailler à temps.
On doit faire en sorte que les brandies rennent de la force, et poussent de onne heure, afin que les vers à soie ne soient point exposés à manquer de feuilles.
,, Si l’on éclaircit les branches, celles qui restent acquerront de la force, et les feuilles deviendrontplus épaisses et plus nourrissantes. Si cette année on taille en temps convenable, les longues branches deviendront fortes et vigoureuses ; les feuilles de l'année prochaine pousseront de bonne heure, et, de plus, elles seront épaisses et luisantes,
« Il faut couper toutes les branches qui partent du centre, afin qu’un homme puisse s’y tenir debout, se retourner et se servir aisément de la hache. J. es brandies et les feuilles tombent en dehors de l'arbre ; cela vaut beaucoup mieux que d’être oblige de transporter tout autour de l’arbre un escabeau lourd et élevé. L'u homme placé ainsi au centre de l’arbre peut faire autant de besogne que deux personnes qui travailleraient en dehors. On ne doit pas laisser croître les brandies en trop grand nombre, autrement on ne pourrait les couper sans un travail long et pénible; de plus, les feuilles seraient minces ei dépourvues de saveur
« La méthode suivie dans le pays de Tksin s'appelle losang. Dans le dernier mois de l’année .janvier), on coupe toutes les brandies surabondantes, et ou éclaircit beaucoup celles qu'on laisse ; ensuite, sur ies brandies que l'on conserve, on laisse tout au plus quatre yeux, et ou enlève tous les autres. L'année suivante, les branches u’on aura laissées, seront devenues e forts rameaux ; les scions noirs qui sont sortis du milieu des yeux pourront avoir trois pieds de longueur ; ies feuilles seront deux fois plus épaisses qu’à l’ordinaire, et présenteront une surface lisse et brillante. Pendaut toute l'éducation des vers a soie, ou les cueillera avec la main ; on laissera seulement les branches qui se jettent en dehors. Après avoir poussé abondamment jusqu’à l’automne, elles pourront avoir atteint une longueur de huit à dix pieds. Dans le dernier mois de l’année (en janvier), on les coupera de nouveau comme par le passe. Au bout de plusieurs années, si les branches qu’on avait laissées paraissent trop surcharger l’arbre, on les coupera encore à leur base.
« Lorsque l’arbre a atteint son
maximum de force et de croissance , ou doit couper dans le centre la tige et les brandies.
« Il y a quatre sortes de branches qu'il faut nécessairement retrancher :
« 1° Les branches qui pendent vers la racine ;
« 2” Celles qui se jetteqt eu dedans et tendent vers le tronc;
CHINE MPDERNE.