‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 276 sur 292 · GIS · texte numérisé non relu

GIS

• *’ Celles qui «*oj«sent deux a deux:

ou doit ru uouper une;

a 4* Celles qui, bie uque croissant dans une bonne direct»», «ont trop épaisses et trop diffuses.

« Le dernier mois de l’année (janvier) est le plus favorable pour la taille; le mois qui suit l'est beaucoup moins.

Dans le derpier mois de l’année, la sève ne monte pas encore, et la cessation des travaux de la campagne laisse beaucoup de loisir aux cultivateurs.

Les personnes qui taillent au printemps n'ont pour but que d’écorcer facilement les branches ( pour faire du papier), mais elles font perdre aux mûriers une grande partie de leur sève. , .

« Si l’on veut faire usage de 1 eçorce de mûrier, on peut prendre les branches coupées dans le dernier mois (janvier) et les déposer, ou côté du midi , dans une fosse recouverte de terre. On les relire au second mois (pjars), et elles s ecorcent très-facilement. »

Greffe des mûriers. •*- Greffe en fente.

« On commence par aeier horizontalement la tige du sujet, à une petite distance de terre. A l’aide d’pn couteau bien tranchant, dont la pointe est tournée en haut, on fait à droite et à gauche, dans l’éeorce et l’aubier, deux entailles obliques d’un pouce et demi , qui vont en diminuant jusqu à ce que leur extrémité forme un angle aigu. On prend alors une greffe longue de cinq pouces et à peu près grosse comme le doigt ; on la taille en forme de prisme , à un pouce et demi de son origine; on la met dans sa bouche pendant quelque» instants pour la réchauffer, puis on l’insère dans l’entaille qu’on a pratiquée latéralement sur le sujet. .

« Il est très -important que I union des deux parties soit étroite et précise, de manière que le liber et l’aubier du vieil arbre coïncident parfaitement avec le liber et l'anbier de la greffe (qui est destinée à l'améliorer ou à le rajeunir). Le même sujet peut recevoir ainsi plusieurs greffes en fente, quand sa grosseur le permet.

« On prend alors de la bouse fraîche, que l'on pétrit avec de la terre,

et l’on en forme une enveloppe autour de la greffe ; ensuite on l’entoure solidement avec de l’écorce fraîche de mûrier. Ce n'est pas tout: on cache encore la ligature d’écorce avec le même emplâtre qu’auparavant; ensuite on recouvre la greffe de cinq pouces de terre humide; enfin, on attache tout autour de cette poupée de terre des branches épineuses pour protéger la greffe,

« Quand les nouilles pousses Seront sorties à travérg la terre humide, et qu’elles auront un OU deux pieds de longueur, on les coupera en en laissant seulement deux ou trois. Il est convenable 4e les rngiutenir par des tuteurs.

« Siu-kouanij-Ijâ dit : La profondeur de l’entaille doit être proportionnée à |a force de l'arbre et à la grosseur dgla greffe, fl est important que l’écorce et le bois de la greffe coïncident exactement avec fécorce et le Jaois du sujet; niais U y a une condition plus importante encore: c’est la correspondance parfaite du point où l’aubier se joint à l'écorce.

„ Lorsqu’on veut greffer de grands mûriers , il qonvient de faire usage de. la greffe en fente ou de la greffe par insertion. Quant aux petits mûriers, les greffes les plus favorables sont celles en oreille de cheval (c’est-à-dire |a greffe en flûte ) et par compression (c’est-à-djre U greffe en écusson).

* Lorsqu’on greffe un arbre rezterre, il faut l’entourer de terre glaise comme ceux dont nous venons de parler plus haut, et que l’on greffe en fente à moitié de leur hauteur; seulement on se contente d’entourer rentable avec du papier. Ensuite on l’enveloppe avec un vieux morceau de natte disposé comme une écuelle (c’està-dire en forme de cornet très-évasé) ; on y met de 1» terre faumide pour alimenter la greffe ; on doit faire en sorte qu’elle soit a l’ebri 4e l’air et du veut. Au lieu d’un morceau de natte, on pourra foire usage d’un vieux vase de terre sans fond. Quand on voit que la terre est seche, il faut l’arroser pour maintenir i’bumidité. Bientôt les rejetons sortiront à travers la terre humide qui enveloppe l’endroit greffé. Il faut bien se garder d’ôter cette terre ;

L’UNIVERS

mais à l’automne, lorsque les jets ont acqujs de la force et que la greffe est solidement soudée, cette terre devient inutile. Dès que les greffes sont bien prises et participent a la vie du sujet, on peut les laisser si la force de l’arbre et le nombre des branches horizontales le permettent. ■

Greffe en écusson.

« Lorsqu'on greffe par compression (en écusson), on coupe une branche horizontale à un pied de la tige. (On ne

fieut pas déterminer rigoureusement la ongueur qu'on doit laisser ; il faut avoir egard à la force de l'arbre.) Sur la greffe, à un demi-pouce en avant d’un oeil, on incise en carré la peau et la chair (l’écorce et l’aubier) jusqu’à ce que la pointe du couteau soit arrivée à l’os (au bois) ; ensuite on enlève légèrement une plaque d’écorce et d’aubier portant un œil.

• Au-dessous de l’œil et sur le bois , il y a un petit cœur (que nos agriculteurs appellent corculum) qui est gros comme un grain de riz : c’est le principe vitald’une petite pousse. Lorsqu’on lève l’écusson, il faut l’arracher avec la pointe de l’ongle , de manière qu’il reste attaché à la petite plaque d’écorce et d’aubier.

« On met quelques instants dans sa bouche la plaque d’écorce, et on l’applique sur la branche horizontale, où elle laisse une empreinte humide. On la reprend, et on la remet de nouveau dans sa bonche ; puis , en conduisant la pointe du couteau sur la ligne carrée qu’a laissée l’écusson humide, on incise Pécorce et l’aubier, et l’on en enlève une portion de même largeur, de manière à dénuder l’os (le bois). On prend alors l’écusson et on l’insère à la place de la partie qu’on vient d’enlever (sur la branche horizontale). Il est nécessaire que l’œil de l’ecusson soit tourné en haut.

« On liera en haut et en bas les parties greffées avec de l’écorce fraîche et mince de mûrier. La ligature doit être serrée d’une manière convenable. Si elle l’était trop, la vie du sujet ne pourrait se communiquer a la greffe; si elle était trop liche, les deux parties ne seraient pas assez rapprochées, et l’opération ne pourrait réussir.

«On pétrit de la bouse avec de la terre glaise, et on en couvre les quatre côtés de la greffe en laissant l’œil libre.

« On proportionnera le nombre des écussons à la grosseur de chaque arbre ("). »

ÎDOUTlOJt DU VU» A. SOIS..

Le beau travail dont nous venons d’extraire quelques passages, au sujet de la culture des mûriers , nous fournira des renseignements trèsprécis sur l’art d’élever les vers Oleurs. On sait que les Chinois ont consacré tous leurs soins au perfectionnement de la sériciculture, et si cette grande industrie, comme l’observe avec raison M. le baron Léon d’Hervey, paraît être arrivée chez nous depuis quelques années à un point tel , que l’on ait désormais peu de chose a emprunter aux Chinois , c’est surtout par l’étude approfondie de leurs méthodes et de leurs minutieuses pratiques que l’on est parvenu à rivaliser avec eux , après être demeuré si longtemps en arrière (**).

Logement des vers à soie.

« Les vers à soie aiment naturellement le repos et craignent les cris bruvants ; leur maison doit être tranquille et exempte de tout bruit. Ils aiment la chaleur et craignent l’humidité ; leur logement doit être construit en planches". Dans une maison tranquille et retirée, ils ne seront point importunés par les cris et les clameurs des hommes. Dans une maison bien close, ils seront à l’abri des atteintes imprévues du vent du sud. Dans une maison construite en planches, ils seront à l’abri des exhalaisons et des vapeurs humides de la terre

« La maison des vers à soie doit étee éloignée des fumiers et des immondices (et de tout ce qui exhale une mauvaise

(*) Pour les extraits qui précèdent, voyez l’ouvrage intitulé : Pésumé des principaux traités chinois sur ta culture des mûriers et l'éducation des vers à soie , traduit par Stanislas Julien, p. ri, ta, »8, 39, 3o, 3t> 58, 59, 60, 61 et 6a.

(*•) Recherches sur l’agriculture et l’horticulture des Chinois, par le baron Léon d’Hervey Saint-Dcnys, p. i5o.

odeur, comme les écuries, les étables, etc.). Ayez soin que, pendant la nuit , la lueur d’aucune lampe ne s’insinue à travers les fentes des croisées , et ne vienne à rayonner subitement dans la demeure des vers à soie. N’éteignez pas, dans l’atelier, de ces allumettes en papier qui répandent beaucoup de fumée. »

Construction de t éture.

« Il faut creuser au milieu de la maison une fosse dont la largeur et la profondeur soient proportionnées aux dimensions de l’atelier. La grandeur ordinaire de cette fosse doit être de quatre pieds sur chacun de ses côtés ; on élèvera des quatre côtés un mur carré de deux pieds de haut, en briques liées entre elles avec du ciment. On prendra de la bouse de vache bien sèche et réduite en poudre, et l’on couvrira le fond de la fosse d’une couche de cette poudre, épaisse de trois à quatre pouces. On étendra par-dessus un lit de morceaux de bois bien secs, ayant au moins cinq pouces de diamètre, qu'on aura coupés dans le dernier mois de l’année. On pourra prendre du mûrier, de l’acacia, de l’orme, ou tout autre bois dur et solide. Sur ces morceaux de bois on étendra une seconde couche de bouse sèche et pulvérisée. Dans les endroits vides entre chaque pièce de bois, on battra fortement la bouse pulvérisée, de manière à ne pas laisser le plus petit vide; car, s’il y avait des vides, le feu produirait une flamme qui pourrait endommager la maison, et, en outre, ce feu ne pourrait durer longtemps. Quand on a complètement rempli la fosse , et qu’on a Bien battu la bouse pulvérisée qui courre les morceaux de bois et en remplit les interstices, on y répand encore une couche de même matière. Sept ou huit jours avant la naissance des vers à soie, on place sur la bouse sèche des charbons allumés qu’on couvre de cendre chaude. La bouse sèche prend feu, et dégage, pendant cinq à sept jours, une fumée noire et jaune. Un jour avant la naissance des vers à soie, on entr’ouvre la porte pour dissiper la fumée, puis on la referme soigneusement. Dès ce moment le bois et la bouse sèche se

trouvent complètement embrasés jusqu’au fond de la fosse. »

Bains que ion donne à la graine de t vers à soie.

« Dans le district de Yong-kia, on compte huit espèces de vers à soie :

« t° Les vers à soie appelés hangtchin-tscm. Ils forment leur cocon dans le troisième mois (avril);

« 2* Les vers à soie appelés tche-tsssn, c’est-à-dire les vers que l'on nourrit avec les feuilles de l'arbre tche. Ils forment leur cocon au commencement du quatrième mois (mai) ;

« 3“ Les vers à soie appelés hang-tsan.

Ils forment leur cocon dans le quatrième mois (mai);

« 4° Les vers à soie appelés aï-tchintsan , c’est-à-dire vers à soie chéris et précieux. Ils forment leur cocon dans le cinquième mois (juin);

« 5° Les vers à soie appelés ai-tsan, ou vers à soie chéris. Ils forment leur cocon vers la fin du sixième mois (juillet) ;

« 6° Les vers à soie appelés han-tchin- Isan , c’est-à-dire vers à soie froids et

firécieux. Ils forment leur cocon dans e septième mois (août) ;

« 7° Les vers à soie appelés sse-tchoutsan , c'est-à-dire vers à soie qui viennent d’une quatrième ponte. Ils forment leur cocon au commencement du neuvième mois (octobre);

« 8° Les vers à soie appelés han-lsan, c’est-à-dire vers à soie froids. Ils forment leur cocon dans le dixième mois (novembre).

« Il y a des personnes qui arrosent la graine avec de l’eau salée. Cette opération s’appelle sien-tsan, c’est-àdire bain des vers à soie. Cette graine ainsi lavée produit les vers à soie les plus estimés.

« Les vers dont on ne lave pas la graine s’appellent ho-tsan , c’est-à-dire vers à soie ardents (ce sont ceux d’automne). Ils sont moins estimés que les précédents.

• Beaucoup de personnes con-

servent la graine de vers à soie dans des boites de bambou , où elle est exposée à tous les changements de température humide, tiede , chaude ou brûlante. Si elle passe subitement du

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froid à uns chaleur excessive, elle ea est affectée d'une manière funeste. Les habitants delà province de Tche-kiang appellent cela tching-pou. Cette expression veut dire que les versa soie contractent une maladie lorsqu'ils sont encore dans l'œuf (littéralement sur la toile, ou *ur les feuilles de papier). Les vers de cette graine «ont jaunes eu naissant : or, les verts naissante qui sont jaunes ne valent pas ja peine d’être élevés. Oo peut les comparer à un enfant qui a contracté une maladie dans le sein de sa mare. A sa naissance, il est faible et débile. Il est difficile de le quérir de cette maladie innée. Kn général, lorsqu’on veut conserver de la graine de vers à soie, on étend les feuilles sur des planches de bambou, en faisant en sorte qu’elles ne soient pas exposées au vent ni au soleil. Le plus, on les couvre avec une étoffe de soie, de peur que les papillons ou les insectes du coton ne les mangent.

• On attend qu'il y ait beaucoup de neige, soit le premier jour de la dernière lune, soit dans le courant de la dernière lune, et l'on étend au milieu de la neige les feuilles couvertes de graines. Au bout d’un jour on les retire et on les étend de nouveau sur les plonclies de bambou, et on les couvre comme auparavant avec une étoffe de soie

« Lorsque les vers ne sont pas encore éclos, on pèse la graine, et on en écrit le poids sur le dos de ia feuille où elle est attachée. Lorsque les vers sont éclos, gardez-vous de les balayer pour les séparer du papier. Il y a beaucoup de personnes qui, dès qu'elles voient les vers éclore, les détachent du papier avec un petit balai ou avec uu petit plumeau ; niais ces petits êtres, si délicats et minces comme un cheveu ou un brin de soie, ne peuvent supporter les blessures que leur fait le balai ou le plumeau. Il faut couper des feuilles de mûrier en filets extrêmement fins, et les semer d’une manière égale sur une grande feuille de papier. On applique le côté du papier où sont les vers éclos sur celui qui est couvert de filaments de feuilles de mdrier. Les vers, qui aiment l’odeur des feuilles de mûrier, descendent d’eux-mêmes sur le papier destiné à les recevoir.

« Pour faire éclore les vers à

spie, il faut connaître exactement les degrés de chaleur ou de froid qui leur conviennent, et la manière de hâter ou de retarder leur éclosion, de sorte qu’il n'y en ait lias un seul gui naisse avant ou après les autres.

■< Voici le procédé qu’il faut suivre :

« Quand les œufs ont tous pris uno couleur cendrée, on réunit deux à deux les feuilles couvertes de graine et on les étend sur une claie parfaitement propre. Ensuite on les roule d’une manière serrée, on les lie des deux bouts avec une ficelle (de coton ou d'écorce de mûrier), et on place les rouleaux debout dans une chambre propre , fraîche et OÙ il n’y ait point Je fumée.

« Le soir du troisième jour on retire les rouleaux, on les déploie et on les étend sur des claies. L'est une chose très-heureuse, si aucun ver n'est éclos, Mais si par hasard il y eq a quelquesuns qui soient éclos avant les antres, on les enlève et on les jette. Ensuite on prend les feuilles trois à trois, on les roule ensemble d’une manière lâche, et ou les dépose dans la chambre nouvellement chauffée pour les vers à soie.

On observe avec attention le moment du lever du soleil ; alors on déroule les feuilles et on les ctend une à une sur des claies au milieu de la cour. S'il y a de la rosée, on placera les claies dans une chambre fraîche ou sous une espèce de tente. Quelque temps après, nu transportera les feuilles dans la chambre préparée pour les vers à soie, et on les étendra une à une sur des claies placées à terre. Au bout de quelques instants, les vers à soie naîtront tous ensemble, sous forme de petites fourmis noires.

Il n’y en aura pas un seul qui naisse avant ou après les autres. On jpesera alors les vers éclos, avec les feuilles de papier, pour connaître le nombre de vers à soie qu’on aura à nourrir, et calculer d'avance la quantité de feuilles dont on aura besoin.

« Le succès de l’éducation

des vers à soie dépend de» précautions que l'on prend dans l'origine, afin qu’à l'avenir iis ne soient exposés a aucun danger. Si les vers à soie ne s’éveillent pas tous ensemble de leur premier sommeil , cela vient de ce qu'ils n’ont

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point change ae copieur et ne sont pas eclos tous ensemble. S'ils ue changent pas de couleur, et ne naissent pas tous ensemble , cela vient de ce qu'on n’a pas suivi exactement les règles prescrites pour bien conserver les œufs. »

Nourriture des vert à eoie.

« Il faut absolument donner b manger aux vers à soie le jour et la nuit. Si leurs repas sont multipliés, il en résultera nécessairement qu’ils arriveront vite à l’époque de leur vieillesse; mais si leurs repas sont rares et peu nombreux, ils vieilliront lentement.

«Quand les vers à soie vieillissent en vingt cinq jours, une claie peut donner vingt-cinq onces de soie. Quand ils vieillissent en vingt-huit Jours, on n’en obtient que vingt onces. S’ils vieillissent eu un mois ou en quarante jours, une claie ne donnera qu’une dizaine d’onces de soie.

« Les personnes oui nourrissent les vers a soie doivent tacher de ne point dormir; la paresse a de graves inconvénients.

« Chaque fois qu’on a donné à manger aux vers à soie , il faut faire le tour des claies et les visiter avec la plus grande attention; il est essentiel que les feuilles soient réparties d’une manière égale. Si le temps est couvert et pluvieux, si l’air extérieur est froid, avant de donner à manger aux vers à soie, on prend des branches sèches de mûrier ou bien une poignée de paille de riz dépouillée de ses feuilles ; on y met le feu, et l’on promène cette flamme autour et au-dessus des claies, afin de dissiper le froid et l’humidité qui engourdissent les versé soie. Après cette opération, on leur doune à manger. De cette manière ils ne contractent aucune maladie. Au moment de leur sommeil, on observe le temps où ils sont tous endormis, et alors on suspend la nourriture. Ensuite on ne leur doune à manger que lorsqu’ils sont tous éveillés. Si on leur donnait de la nourriture lorsqu'il n’y en a que les huit ou neuf dixièmes d’éveillés, ils ne pourraient arriver lotis ensemble à l'époque de leur vieillesse; en outre, il y en aurait un grand nombre de perdus.

« Depuis le second sommeil jus-

qu’au grand sommeil (le troisième sommeil), lorsque les vers prennent une teinte d'un jaune luisant et qu’ils se disposent a dormir, suspendez la nourriture et transportes les sur d’autres claies. Lorsque ensuite ilpsont loua éveillés, nourrissez -les lentement (c’està-dire donnez-leur des repas éloignés), et répandez les feuilles sur eux en couches très-légères. Si les feuilles etsient distribuées avec trop d’abondance, ils mangeraient sans appétit et tomberaient malades. Or, nomme c'est la nourriture qui donne aux vers à soie la force et la vie, il faut apporter la plus grande attention pour uu’elle ait toutes les qualités convenables. Les vers à soie redoutent beaucoup les feuilles imprégnées de pluie ou de rosée; s'ils en mangent, le plus grand nombre d’entre eux tombent immédiatement malades. »

Choses nuisibles aux vers à sole.

« 1° Les vers à soie n'aiment pas à manger des feuilles humides;

• 2* Ils n’aiment pas à manger des feuilles chaudes;

« 3° Les vers naissants n’aiment pas l’odeur du poisson qu'on fait frire dans la poêle:

« 4° Ils n'aiment pas à être dans le voisinage des geus qui pilent le riz dans des mortiers;

« 5° Ils u’aiment pas à entendre frapper sur des corps sonores;

• 6° Une fenune qui est accouchée depuis moins d'un mois ne doit pas être la mère des vers à soie , c’est-à-dire être chargée d'elever les vers à soie;

« 7° Ils n’aiment pas qu’un homme qui sent l’odeur du yiu leur donne de la nourriture, les transporte d'un lieu à l’autre, ou les répande sur les claies;

« 8° Depuis leur naissance jusqU'a leur vieillesse, les vers à soie redoutent la fumée et les exhalaisons odorantes ;

« 9° Us n'aiment pas que l’on brûle près d'eux de la peau, des poils ou des cheveux;

• 10*115 u’aiment nas l’odeur du poisson, du musc, ou rôdeur qu’exhaleut certains animaux herbivores (comme le bouc, etc.);

« tl* Ils n’aiment pas que . peudaut le jour, on ouvre une croisée exposée au vent;

L’UNIVERS

• 12° Ils n'aiment point à recevoir les rayons du soleil couchant ;

« 13° Ils n’aiment point que, lorsque la température de leur habitation est chaude, on y introduise un froid vif ou un vent violent ;

• 14° Lorsque leur habitation est fraîche, ils n’aiment pas qu'on v répande tout à coup une chaleur excessive;

« 15° Ils n’aiment pas que des personnes sales et malpropres entrent aans leur demeure ;

« 16° Il faut avoir soin d’éloigner du logement des vers à soie les miasmes et les ordures.»

Entrée des vers à soie dans ta coconnière.

« On fait le fond de la coconnière avec des planches de sapin , longues de six pieds et larges de trois pieds. On construit avec des bambous minces, dont on fait des Oèches, un châssis dont la membrure est percée de grands trous.

Dans ces trous on passe des roseaux ;

fiuis on croise par-dessus en long et en arge des brandies de bambou dépouillées de leurs feuilles. On recouvre le dessus de la coconnière avec une claie de roseaux tressés.

* Les vers à soie ont alors un endroit où ils peuvent s’établir en sûreté, sans craindre de tomber. Lorsque l’intérieur de la coconnière est bien disposé, qu’il offre la profondeur et la sécurité convenables, et que la claie ne présente aucun interstice, on y répand de suite les vers à soie. D’abord on inclinera un peu cette claie, jusqu'à ce qu’ils se soient vidés des matières excrémentielles ; ensuite on les chauffera doucement avec de la braise. Quand ils auront commencé à entrer dans leur filet (c’est-à-dire lorsque leur coque formera déjà un léger filet), on augmentera peu à peu la chaleur. Il ne faut point qu’ils s'arrêtent au milieu de leur travail; s’ils éprouvent un peu de froid, ils se romenent sur leur soie et cessent de 1er. I orsqu’on la dévidera, elle se rompra fréquemment. En général, on sera obligé de faire bouillir les cocons et d'en faire de la bourre de soie, parce u’il est impossible de les dévider d’un out à l’autre. »

Chois des cocons.

« Lorsqu’on veut garder les cocons pour en obtenir de la graine, il faut absolument prendre ceux qui se trouvent au milieu de la coconnière. Ceux qui sont près du haut donnent très-peu de soie (ou une soie très-mince); ceux qui sont près du bas donnent de la graine qui ne peut éclore.

« Il faut un grand nombre de

personnes pour choisir en même temps tous les cocons dont on a besoin ; on les étend par couches de l’épaisseur d’un seul cocon , et on les conserve dans un endroit frais. Les papillons sortent très-tard. De cette maniéré, on n’est point obligé de se presser pour dévider la soie. »

Manière <t étouffer les chrysalides au moyen de la vapeur de Ceau touillante.

« On prend trois corbeilles de bambou et un couvercle tissu en paille molle, que l'on applique sur l’ouverture d’une marmite remplie d’eau bouillante.

« On place sur le couvercle deux corbeilles, où l’on a étendu trois à quatre pouces de cocons. On explore la température en mettant souvent le revers de la main sur les cocons de la claie supérieure. Si la main ne peut endurer la chaleur, on retire la corbeille de dessous, et l'on en met une autre sur la première. Il ne faut pas que la vapeur soit trop forte, car elle ramollirait trop la soie ; il ne faut pas non plus qu'elle soit trop faible, car les papillons ne manqueraient pas de percer les coques.

« Si le dos de la main ne peut endurer la chaleur, la température de l’eau est au degré convenable pour le but qu’on se propose. Alors on transporte les corbeilles dans l’atelier, et l'on verse les cocons sur une claie ; puis on les remue légèrement avec la main. Si les cocons remplissent la claie et commencent à former un monceau, on les partagera, et on étendra le reste (c’està-dire la seconde moitié) sur une autre claie.

» On attendra que les cocons soient entièrement refroidis, ensuite on les couvrira avec de petites branches de saule.

> Il faut exposer tous les cocons à lavapeur dans le même jour; car si l’on ne pouvait étouffer tous les papillons, ceux des coques restantes ne manqueraient pas de sortir le jour suivant.

• Il y a trois manières de

faire mourir les chrysalides :

* 1» En exposant lés cocons à l’ardeur du soleil ;

a 2° En les humectant avec de l'eau salée;

« 3° En les exposant dans des corbeilles de bambou à la vapeur de l’eau bouillante.

« Cette dernière méthode est la meilleure, mais il y a beaucoup de personnes qui ne savent pas la pratiquer. Le séchage au soleil endommage les cocons ; le plus sûr parti est de conserver les cocons dans des jarres de terre, sous des couches alternatives de sel et de feuilles (*). »

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