‹ Chine moderne, ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinoisChapitre 278 sur 292 · MIROIRS MAGIQUES · texte numérisé non relu

MIROIRS MAGIQUES

On lit dans l’encyclopédie intitulée :

Ke-tchi-king-youen , liv. LVI, fol. 6 et suiv. :

« Theou-kouang /tien, ou miroirs qui se laissent pénétrer par la lumière (expression qui vient d'une erreur pomlaire). Si l'on reçoit les rayons du so-

eil sur la surface polie d’un de ces miroirs , les caractères ou les fleurs en relief qui existent sur le revers se reroduisent fidèlement dans l’image (reétée) du disque. Tchin-kouo (écrivain qui florissait au milieu dn onzième siècle) en parle avec admiration dans ses mémoires intitulés : Mong-ki-pitan, liv. XIX, fol. 5. Le poète Kinina les a célébrés en vers ; mais jusqu’au

(*) Yoy. le Nouveau Journal asiatique, cahier de mars il(3o, p. »o8 à an.

temps des empereurs mongols, aucun auteur n’avait pu expliquer ce phénomène. Ou-tseu-liing , qui vivait sous cette dynastie (entre 1260 et 1341), a eu le premier ce mérite. Voici comment il s'exprime à ce sujet:

« Lorsqu'on place un de ces miroirs « en face du soleil et qu’on fait reflé- « ter, sur un mur très-rapproché, l’i— « mage de son disque, on y voit appa- « raître nettement tes ornements ou les « caractères en relief qui existent sur « le revers. Voici la cause de ce phéno- « mène, qui provient de l'emploi dis- « ti net de cuivre fin et de cuivre grossier.

• Si, sur le revers du miroir, on a pro- « duit, en le fondant dans un moule, « un dragon disposé en cercle, sur la «face du disque on grave prof ndé- « ment un dragon exactement sembla- « ble. Ensuite, avec du cuivre un peu « grossier, on remplit les tailles pro- « fondes de la ciselure; puis on incor-

• pore ce métal au premier, qui doit « être d'une qualité plus pure, en sou- « mettant le miroir à l’action du feu;

• après quoi l’on plane et l’on dresse la « face du miroir, et l'on y étend une lé- « gère couche de plomb étain).

« Lorsqu’on tourne vers le soleil le « disque poli d'un miroir ainsi préparé , « et qu'on reflète son image sur un

• mur, elle présente distinctement des « teintes claires et des teintes obscures « qui proviennent, les unes des parties « les plus pures du cuivre . les autres « des parties les plus grossières. •

« Ou-tseu-hing , à qui nous devons l'explication qui précède, nous apprend qu’il a vu briser, en menus fragments, un miroir de ce genre, et qu’il a reconnu par lui-même l'exactitude de sa description (*). »

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