VII* PROVINCE. CHEN-SI. CAPITALE
Si-tigan-fou.
Population en 1812: 10,207,256 h.
Aperçu général. La province du Chen-si ( ouest des limites difficiles à franchir) a pour capitale Si-ngan-fou, ville célébré, située a 265 lieues au sudouest de Pé-king ; elle a 93 lieues de l’est à l'ouest, et 212 du midi au nord. Elle comprend sept départements, cinq arrondissements ressortissant directement à la province de Tchi-li , cinq arrondissements ordinaires, et soixantetreize cantons.
Les départements sont :
1° Si-ngan-fou ;
2° Yen-ngan-fou;
3“ Foung - thsiang - fou ;
4° Han-tchoung -fou ;
5° Yu-lin-fou;
6° t/ing nganfou ;
7» Thoung - tchéou-fou.
Caractère physique. A l’est, cette province est bornée dans presque toute sa longueur par le fleuve Jaune; au midi parla rivière flan; à l'ouest par la Tartarie, et au nord par la grande muraille. C'est la province la plus occidentale de la Chine, et celle qui , selon les traditions historiques (voy. t. I, p. 56 et 109), fut la première habitée par une peuplade de race civilisatrice venue de l'occident de la Chine, laquelle peuplade conserva longtemps des coutumes qui accusent sou origine. C'est aussi dans cette province que l'ancienne dynastie des Tc/téou établit le siège de son empire, et c’est là aussi où était situé cet ancien État de Thsin , dont les rois, plus de 1,000 ans avant notre ère, eurent des relations avec l’Asie occidentale (circonstance qui fit donner à tout l'empire le nom de Thsin, dans les lois indiennes de Manou: 7'china, voy.
1. 1, p. 2 ) , et d’où sortit le fameux empereur incendiaire des livres, 249 ans avant notre ère.
Le» montagnes les plus renommées de cette province sont les montagnes Tchoung-nan, Taï-hoa, Ou-yo, ijoung - U et Loung-men; ses principaux fleuves sont le Hoang-ho ou fleuve Jaune ; les Han, H'' et, A ing et Lo-choul; ses passages les plus difficiles sont les Thoung, H-'ou et San - kouan. Il v a, dit -on, dans cette province, de riches mines d'or qu’il est défendu d’exploiter; le salde des rivières et des ruisseaux en est si chargé, qu’une population considérable subsiste du profit qu’elle retire en lavant le sable pour en séparer les parcelles d'or qui sy trouvent mêlées.
Capitale. Si-ngan-fou , la capitale de la province , est une grande ville fortifiée . de quatre lieues de circonférence, située dans une vaste plaine à quelque distance de la rivière ff'ei.
Elle a de magnifiques portes , qui rappellent qu'elle fut autrefois le séjour des empereurs des dynasties Sont et Thang. Lesmursd'enceinteonttr ( sodé hauteur; ils sont flanqués, à de petites distances d’une portée de flèche, de tours nombreuses , et entourés d’un fossé qui a 6“ 300"" de profondeur, et 26” 200"” de largeur. Crest In que réside le commandant en chef des huit bannières ou de l’armée tartare destinée a protéger les frontières, ia garnison oerupe, comme dans les autres villes chinoises, un quartier de la ville que l'on nomme le quartier tartare. Les environs de la ville sont embellis par des tours bouddhiques à neuf étages, appartenant à de riches monastères, et qui sont d’un effet des plus pittoresques.
Monument syrien. C’est dans le voisinage de la ville de Si-ngan-fou qu’en 1625, des ouvriers chinois découvrirent, en creusant les fondations d’un nouvel édifice, une inscription gravée sur une table de pierre, et accompagnée des insignes de la religion catholique.
Cette Intcription, dite de Si-ngan-fou, est bien connue en Europe par la publication qu’en ont faite les missionnaires jésuites, et par les traductions qu ils en ont données (voy. t. 1, p. 297 et suiv.), et peut-être plus encore par
la suspicion dont cette inscription ancienne a été l’objet dans le dernier siècle. Il faut convenir que jusqu’ici , sans avoir des motifs peut- être suffisants de révoquer en doute l'authenticité de cette célèbre inscription, on n’ayait, pour l’admettre, que le seul témoignage des missionnaires qui l’avaient publiée. Et, quelque respectable que fût ce témoignage , il n’avait pas pour certains esprits toute la certitude historique désirable. Personne, jusqu'à ce jour, ni parmi les partisans les plus prononcés de l’authenticité du monument , ni parmi ses adversaires , qu’ils aient été missionnaires, savants, philosophes ou historiens, n’avait fourni des preuves pour ou contre cette authenticité (*). Nous sommes heureux d’avoir été le premier Européen qui ait découvert, dans les livres chinois, un témoignage certain, irréfragable, de la réalité du monument eh question. Ce témoignage se trouve dans la grande Géographie impériale que nous avons analysée. Voici comment il est conçu :
“ MONASTÉBE DR LA VICTOIRE d'oB « ( Kin ching ssè). Ce monastère (boud- « dhique) est situé en dehors du fau- « bourg occidental de Tchang - ngan « (aujourd'hui Si-ngan)\ c’est le mo- « nas/ére de la sublime humanité « {thsoûng jin tsé) ; il fut fondé sous les * Thang. Ce monastère possède les « inscriptions (bouddhiques) de la pa- « gode du mattre de la toi, du temps « des Thang , gravées sur du bois de « santal; Il possède aussi Y Inscription « sur pierre, intitulée : K ing kidotieôu « htng tchoüng-koue pie : « Inscription « sur pierre de la religion de K ing (**),
(*) Nous n’en exreptons pas l'auteur de» lettres chinoises , qui fait (SCO nier gravement par un Chinois {Lettres et t\6) Il prétendue supercherie des jésuites relativement à (vite découverte. S'il y a quelque pari invention, c’est chei le marquis d'Argens; et nous ne sommes pas plos porté à approuver cette dernière invention , que nous n 'eussions approuvé celle des missionnaires, si elle eût etc réelle. Aucune cause, selon nous, ne peut s’autoriser de la supercherie et du mensonge, quel* qu’en puissent être les résultats.
(**)■ Ce caractère ne doit pas être traduit, comme l’ont fait les missionnaires pour qualifier le substantif kiâo, religion, lui, doctrine
L’UNIVF.RS.
• propagée dan» le royaume du Mi- « lieu. » Dans les années thién chûn
• (1467-1464) , les étrangers de T tu in la ■ réparèrent (*). »
Par pays de Tlisin ou de Td-thsin (grande Chine) , les Chinois entendaient l'empire romain de Constantinople, qui comprenait la Palestine, la Syrie, la Mésopotamie, etc., c'est-à-dire, les pays où la nouvelle doctrine religieuse portée en Chine avait pris naissance , et s’était d'abord propagée. C’est ce qui résulte clairement de la description que les historiens et les géographes chinois font du pays en question.
Selon les missionnaires (**), lors de la découverte de ladite inscription , le gouverneur de la ville de Si-ngan-fou ordonna que la pierre qui portait cette inscription (laquelle pierre avait dix pieds de long sur cinq de large) fût déposée dans l’enceinte d'une pagode ou couvent de bonzes , à un quart de lieue de la ville de Si-ngan-fou : ce qui s'accorde parfaitement avec la Géo-
(ils ont traduit i.s thIs-illc&tkc loi), parce que c'est la première sy llatie du nom propre  ing thsing, nom qui est donné eu tète de l'inscription', au prêtre d'un monastère du Tâ-thsin (là tlisin ssè sang) , qui apporta et propagea celle religion en Chine.
On peut consulter, au sujet de la propagation delà religion chrétienne en Chine, une lettre intéressante de M. Kcinaud à M. Ch. Lenormant , sur plusieurs passages d'écrivains arabes qui v sont relatifs.
(*) Tai-thsing-i-thoung-tchi ; k. i3o, f*a3. Il y a ici une difficulté que nous n’avons pu lever qu’en supposant une faute d’impression dans le texte chinois, et qu'au lieu des années thién-chun , époque de la réparation du monument par les étrangers de Tlisin, on doive lire thién-klu (i6a|-i6aG), époque qui coïnciderait avec celle de sa découverte. Mais nous devons dire que rien ne noirs autorise à supposer une faute d'impression dans le teste chinois. La Géographie spéciale de la province du Chen-si,e n fio vol., publiée la 6' année KJtaug-hi (en 166;), ne parle pas du monument de Si-ngan-fou ; mais la a' édition de la grande Géographie impériale, publiée eu 1764, k. 180, f» 4 v°, porte la même date que l'édition de 174, que nous possédons.
(") Voy. .-1 U are z Semedo , Histoire universelle de la Chine, traduction française, p. 128, et le P. Le Comte, Lettre XIe.
graphie impériale. Le P. Le Comte ajoute que les bonzes de ladite pagode où se trouve le monument chrétien ont élevé vis-à-vis une longue table de marbre semblable à la première, avec un éloge des divinités au pays (c’est-àdire, des saints bouddhiques), pour » diminuer en quelque façon la gloire que la religion chrétienne y a reçue. »
C'est la une erreur;. les inscriptions bouddhiques que possédé la même pagode ne furent point gravées et érigées dans l’intention supposée, puisqu’elles datent de la dynastie des Thang , c'est-à-dire, de la même époque que l’inscription chrétienne.
Le département de Si-ngan est plein de vestiges de l'antiquité chinoise; on y remarque, à chaque pas, des restes de monuments qui rappellent le souvenir des faits historiques dont ce pays fut anciennement le théâtre , et du séjour de différentes dynasties. Parmi ces antiquités, nous ne citerons ici que
Y édition (si on peut l’appeler ainsi), sur tables de pierre , des h ing ou livres sacrés chinois (*), datant de l’année 714 de notre ère, et qui est conservée dans l’intérieur du collège de Si-ngan, et une autre inscription sur pierre, conservée dans le même college, appelée Koit-ple, inscription ancienne, tirée du temple de l'ancien philosophe Khoung-tseu.
To vt Ùkaux. On trouve aussi, dans ce département, les tombeaux de la plupart des aneiens empereurs de la dynastie des Tchéou; celui du célèbre Tchéou- koung (**); ceux des rois du petit royaume de Tlisin, qui existait déjà plus de mille ans avant notre ère; celui de Thsin-chi-hoang-H , l'incendiaire des livres , qui descendait de ces
(') Cette édition sur pierre comprend le
Y • king des Tchéou ; le Chang-chou on le Livre des annales de la dynastie des Chang; le Mao-chi on le Livre des fers; le Y-li et le Li-ki, «Livres des Hiles; » le Tchunthsieou. Annales du royaume de Lots, écrites par KHOinvii-rstu ; le Tso-chi-tchouan , nu Commentaire de Tso.chi sur le précédent ouvrage; les Commentaires de Khoung-yaug et de Kho-tiang sur te même livre; le tliàoking ou « Livre sur la piété liliale » ; enfin, le Lùn-yù et le Eul/tya.
(**) Voy. t. I, p. 84 et suiv.
Cil INK MODERNE.
mêmes rois ; ceux des empereurs de la dynastie des Han. On y trouve aussi les tombeau* d'un grand nombre d’hommes célèbres, entre autres celui de l'ancien philosophe Lao-tseti , lequel est situe au sud-est de la ville cantonale de Tchéou-wo.
Temples. Il y a , dans ce département, soixante-six temples dédies aux anciens empereurs des dynasties dont on voit les tombeaux, et à des personnages ou philosophes célébrés, comme I.ao-tseu. On temple dédié à ce dernier philosophe est situé au midi de la ville cantonale de Tchéou- tvo ; il fut érigé en l’honneur de Lao-tsbu par le célèbre empereur Thsin-chi-hoang-ti (plus de 200 ans avant .1. C.); il fut restauré en 295 de notre ere.
Monastères. Les monastères y sont au nombre de quarante-sept. Daiis ce nombre on compte le « monastère des « cent Pagodes - ou Tours bouddhiques, situé à cinq lieues au sud de Tchang-gan , ou Si-ngan-fou ; celui dont il a été question ci-dessus, et qui renferme l'inscription dite de Si-nganfou. La plupart de ces monastères sont bouddhiques.
VIII* province. Kan-soü. Capitale : Lan-tchéou-fou .
Population en 1812: 15, 193, 125b.
Aperçu général. La province de A an-soù, qui faisait autrefois partie de celle du Chen-si, a pour chef- lieu Lan-tchéou-fou (*), ville située à 404 lieues au sud-ouest de Pé-king ; elle a 212 lieues de l’est à l’ouest, et 241 du midi au nord ; elle comprend neuf départements , sept arrondissements , et cinquante et un cantons.
Les départements sont :
1“ Lan -tchéou -fou ;
2° Phlng-Uang-fou ;
3" Koung -tenang -fou ;
4” King-gangfou;
5° Xing-hia-fou ;
tt° Si-ning-fou ;
7° Uang-tcliéou-fou ;
8° Kan-tchéov-jou ;
' 9° Tchin-si-fou.
(* Cette ville est nommée l.in-ihao-fou dans I* Géographie impériale; Y Almanach uffiriet impérial de 1844 la nomme Lan-ichcau-fou.
Caractère physique. La province de Kan-sou forme le prolongement de celle du Chen-si dans la Mongolie et le désert de Kohi , où finit la grande muraille. C'est un pays montagneux et plein de délilés qui ont été appropriés à la défense de la frontière chinoise; à l'ouest, cette province confine au Thibet, et au nord aux Lieou-chà ou « sa- « blés mouvants ; » elle est traversée par le lleuve Jaune.
Capitale, tjm-tchéou-fou , la capitale, est une ville fortifiée , peu remarquable, d’environ une lieue de circonférence , située à quelque distance du lleuve Jaune. Son commerce consiste principalement en peaux de diverses sortes , provenant de la Tartarie , et en étoffes de laine grossière fabriquées dans le pays,
C'est dans la ville départementale de Koung tc/iang , entourée de montagnes presque inaccessibles, que l'on voit un temple élevé à Fou hi.
IX” PROVINCE. TCHÉ - KtANG. CAPI- TALE : Hang-tchéou-fou.
Population en 1812 : 20,256,784 b.
Aperçu général. Cette province est l’une des’ plus riches et des plus intéressantes à connaître pour un Européen.
C'est aussi l’une des plus fertiles de l'empire chinois, et où il se fait le plus de commerce. Elle a pour capitale Hang-tchéou-fou , ville située à 330 lieues au midi de Pc-king , et a 88 lieues de l'est à l'ouest, et 128 du midi au nord. Elle comprend onze départements, un arrondissement, et soixanteseize cantons.
Les départements sont :
1“ Hong - tchéou ■ fou ;
2° Kia-liing-fou ;
3° Hou-tchéoufou ;
4“ A ing-po-fou;
5" Chao - hing -fou ;
5» Tal-tchéou-fou ;
7“ Ktn-hoa-fou ;
8“ K hin- tchéou -fou;
9* Yen-tchéou-fou;
1 0“ tC en - tchéou -fou;
11° Tchou- tchéou -fou.
Caractère physique. Cette province est bornée, à l’orient, par la mer, qui baigue quatre de ses départements :
tio
L’UNIVERS
Kia-himj , Ning-po, Tài-tchéou et fVen-lehéou ; au midi, par la province de Fo-kien ; à l’ouest , par de hautes montagnes , et , au nord, par la réunion des cinq lacs que l'on nomme Tdi-hoû (*), le grand lac. Ses montagnes les plus renommées sont la montagne Hoel-ki , la montagne Th ién-moit, » l’Oreille du « ciel; » la montagne Ssc-mlng ou des « quatre clartés; «les montagnes Thientoi, et Kin-hoa , ou de la « fleur d’or. » Ses fleuves les plus considérables sont le Tché-kidng, qui a donné son nom à la province, lequel n’est lui-môme qu’un bras du grand Kiàng ; le Fou-gangkiâng, et le Yûn hô , ou canal Impérial. Tout le pays est couvert de montagnes dont le soulèvement semble n’avoir aucun caractère systématique ; mais ces montagnes sont presque aussi bien cultivées que les plaines ou les vallées les plus fertiles. Outre le grand nombre de cours d’eau naturels, l’industrie des Chinois a construit de nombreux canaux qui contribuent encore à répandre partout la fertilité et la vie.
Chef -lieu de l a. province. La capitale de la province de Tché-kiàng est Hang-tchéou-fou , situé près du célèbre lac Sl-hoû , qui a deux lieues de circonférence. Cette ville fortifiée a trois lieues et demie de circuit; dix portes par terre, et quatre par eau. La population a été estimée à plus d’un million par les missionnaires catholiques. « Cette population, dit Staun- » ton (**}, est immense, car on prétend « qu’elle égale presque celle de Pé king. « Cependant la ville n’a eu apparence « rien de grand que les murailles qui « l’entourent. Les maisons sont basses.
« Il n’y en a point qui ait plus de deux « étages. Les rues sont étroites et pa- « vées avec de grands quartiers de «pierre dans le milieu, et de petites « pierres plates sur les côtés. Toutes « les maisons des principales rues ont « des boutiques ou des magasins sur le «devaut; et plusieurs de ces magasins « ne sont point inférieurs aux plus « brillants de ceux qu’on voit à Lon-
(*) Voir ci-devant, p. OS.
(**) Relation de l'ambassade de lord Macartnejr.
n dres, dans le même genre. On fait, à « Hang-tchéou-fou. , un commerce très- « étendu et très -actif de soieries; on y « vend aussi beaucoup de fourrures et » de large drap d'Angleterre. » Ce sont des hommes qui tiennent les boutiques, et non des femmes ; celles - ci sont occupées en quantité immense dans les manufactures de soieries et d'étoffes brochées d’or, qui sont plus nombreuses à Hang-tchiou que dans aucune autre ville de la Chine.
Van Braam {*) décrit ainsi la même ville : « //oHj-fcÂéou a soixante /i (**)de circonférence ( six lieues). Sa forme est irrégulière; tantôt le rempart est circulaire, tantôt droit, tantôt encore il se courbe à cause de hautes montagnes.
L'intérieur de la ville est assez bien bôti , et renferme plusieurs belles maisons. Divers fossés la coupent. Les rues ne sont pas fort larges, mais elles sont bien pavées avec de fortes pierres de taille. En les traversant, j’ai remarqué de grandes boutiques bien assorties, et des magasins ae toutes sortes de marchandises, et, entre autres, à mon grand étonnement, trois boutiques (l'horlogerie, et un grand nombre d’autres remplies de jambons fumés.
« J’ai vu plusieurs arcs de triomphe de pierre très -jolis, et deux considérablement grands et magnifiques , placés immédiatement l'un à côté de l'autre, et en dedans de la porte de la ville. Près de cette porte , on a mis deux pièces de canon, d’environ six livres de balles, montées sur des affûts à trois roues.
« Dans l’une des rues, j’ai remorqué une mosquée mabométane. Sur la frise est peinte une inscription arabe, qui signifie :
« Ce temple a été élevé uniquement « pour prier Dieu. Tous ceux qui ij « entrent ne doivent penser qu'a lui.
« L’essence d’un temple est telle , que « tout lieu où l’on invoque et sert
(*) X'oyage de lanihassade de la Compagnie des Indes orientales hollandaises, vers l'empereur de ta Chine, dans les années 1794- 1 79) ; Philadelphie, 1797,3 vol. in-40; L I, p. 37O.
(**) La Géographie impériale que nous possédons ue lui donne que 45 li, ou 4 lieues et demie.
• Dieu devient un lieu saint. Il est « plus avantageux pour l'homme d'être
• sans cesse occupe de l'idée de Dieu ,
• que de celle des choses d'où peut
• naître le mal. >
Plusieurs écrivains , à commencer par le P. Martini et le P. de Magaillans, ont soutenu que la ville capitale, nommée Quinsal par Marco - Polo et Hachid - Eddin , était Hang - tchéoufou , capitale de la Chine sous la dynastie des Soung (qui fut renversée par les Mongols) , et que, pour cette raison, on surnommait King-sse, la / ille capitale , la Cour souveraine. Cela est très • vraisemblable; mais il y a une
grande, une immense exagération dans ! nombre de ponts que le voyageur vénitien donne à la ville chinoise, qu'il porte à 12,000. Ces douze mille ponts de Marco-Polo sont aussi vrais que les dix mille autres ponts donnés récemment à Sou-lchiou (*), rivale de Hang-
(*) Voy. ci-devant , p. 67-89. l a grande Géographie impériale de 1744 n’énumère que trente-sept ponts à arches \ mitres dans tout le département de Sou-tchéou . et dout l’un, construit en pierre sur le grand canal, a 90 arches. A propos de ce pont , que l’on pourrait croire aussi une invention des rédacteurs de la Géographie impériale, voici ce qu’en dit John Han ou , que I on n'accusera pas de crédulité, dans sou Voyage en Chine. - C’est dans les environs de Sou-tcUèoufou -qu’on voit, sur le bras d’un lac qui coinmu- - nique au canal Impérial, le pont de tjnarre- « vingt-onze arc/tes dont j’ai tait mention. Je « regrette beaucoup d’avoir passé pendant la « nuit devant re pont extraordinaire. Il attira - l'attention d'un Suisse qui était au nombre ■ de nos domestiques. Tandis que les yachts - longeaient le poul , cet homme se mit à - compter les arches; et, voyant que le nom- - bre allait toujours croissant, il courut dans • la efaambrc avec beaucoup de vivacité, et - nous dit: - Messieurs, venez, je vous prie , • sur le tillac; il y a là un pont comme je • n’en ai jamais vu ; il ne finit pas. — Nous ■ montâmes aussitôt sur le tillac , et , malgré • l’obscurité, nous distinguâmes assez bien, • du côté de l'est , les arches d'un pont qui «s'étendait, parallèlement avec le canal Im- - périal, sur le bras d'un vaste lac affluent. « (Voy. ci-devant, p. 69.) La même Géographie impériale o'énuméreque it ponts dans le dé-
C riraient de Hang lchcou , dont deux dans ville r'
tchéou, par un envoyé officiel français,
2ui lut attribue aussi une population e dix millions d'âmes (*) !
Lac Si-hou, ou «lac occidental ('*).»
Ce lac , l’un des plus célèbres de la Chine, est situé à une petite distance de Hang-tchéou-fou ; il est peu d’ouvrages d'imagination dans lesquels ce lac ne ligure ou ne soit cité. Il a été le sujet d'une foule de traditions plus ou moins extraordinaires, qui ont défrayé l'imagination des poètes et des romanciers chinois. Situé à une petite distauce à l 'ouest de Hang-tchéou-fou, il est entouré de trois côtés par des montagnes.
A l'époque où le célèbre Sou-che était préfet de Hang-tchéou , il fitconstruirc une longue digue au milieu du lac, pour servir rie voie de communication, laquelle voie comprend six ponts. On la nomme maintenant la digue du grand Sou. Voici de quelle manière en parle M. Bnrroxv :
« Après avoir navigué une grande partie de la journée, a travers une forêt de mûriers , plantés avec beaucoup de régularité, nous arrivâmes, le tO novembre (1793) , à Hang-tchéou-fou, capitale de la province de Tché ■ kiâng.
Ici , le bras du canal Impérial qui communique avec le lang - tsé -kiâng , se termine en un bassin vaste et commode, qui , à notre passage , était rempli de jonques et de bateaux. De ce bassin sortent plusieurs petits canaux qui passent sous des arches, traversent la ville dans différentes directions, et se jettent, au delà des remparts , c'est-à-dire , du côté du couchant , dans un lac qu’ou appelle le Si-hou.
- La beauté naturelle et artificielle de ce lac surpassait de beaucoup tout ce qui avait jusqu’alors frappé nos regards en Chine. Les montagnes qui l'environnaient étaient fort élevées, variées dans leurs formes et extrêmement pittoresques; et les vailees remplies d’arbres
(*) La plupart des journaux français ont , à propos d’une exhibition d'articles chinois, répété ces fables, ce que l'on n'aurait plus cru possible de nos jours.
(*") Voir la planche XV, tirée de l'ambassade de lord Marartney. Cette belle vue re-
Çrésenle, sur le premier plan, la vallée des ombeaui, et, dans le loiutaiu, le tou 1foUMg-thai ou « la Tour des vents tonnants. •
L'UMVKRS.
je différentes espèces . parmi lesquelles nous en remarquâmes trois singulièrement frappantes, non-seulement à cause de leur beauté intrinsèque, mais par le contraste qu'elles formaient avec le reste de la forêt. Ces trois sortes d’arbres étaient le camphrier ( laurus camphora) , l’arbre à suif ( croton sebi- J'erum ) , et l'arbre de vie (thuya orientalis). I,e feuillage clair et brillant du premier, entremêlé avec les feuilles pourprées du second, et dominé par le vert très-foncé du grand et majestueux arbre de vie, produisait un effet trèsagréable à la vue. Ce qui nous rendait ce paysage encore plus intéressant, était la variété singulière de plusieurs monuments consacrés au repos des morts, et placés sur la déclivité des coteaux voisins. Là, ainsi qu’on le voit ailleurs , le cyprès mélancolique croissait près des tombeaux. Plus liant, on avait ouvert des allées dans les bois où étaient construits des rangs de petits édifices peints en bleu, avec des colonnades blanches. Nous reconnûmes , en les examinant , que c'étaient aussi des demeures des morts. Des cercueils nus, etd’uneépaisseurextraordinaire, étaient déposés cà et là sur la terre.
- Le lac s'étend des murs de la ville au pied des montagnes, et forme divers bras qui arrosent de nombreuses vallées couvertes d’arbres. Non -seulement il procure de grands avantages aux habitants de Hang-tchéou-fou , mais il est le théâtre de leurs amusements. A la vérité, ces amusements qui consistent, en grande partie, à se promener en bateau , n’appartiennent guère qu’à l’un des sexes. Peu de femmes , excepté celles qui trafiquent de leurs charmes , se joignent à ces parties. »
Exclusion slk lk lac Si-hou.
« Nous finies avec notre excellent compagnon de voyage , IP'ang-ta-jin , une partie de plaisir sur le lac Si-hou. Nous nous embarquâmes dans un superbe yacht, auquel on en avait attaché un autre pour nous servir de cuisine. Le dîner commença au moment où nous mimes le pied à bord, et ne cessa que lorsque nous descendîmes a terre. On nous ser< vit successivement au moins cnil plais différents, parmi lesquels il y avait d’excellentes anguilles, pêchées dans le
lac, et préparées tout de suite, de diverses manières. L’eau du lau était aussi claire que du cristal.
« Nous rencontrâmes un nombre infini de bateaux qui allaient ou venaient, tous agréablement ornés de peintures, de dorures , de pavillons et de banderoles ilottantes. Les bords du lac étaient couverts d’édifices très-légers, parmi lesquels on en distinguait un plus solide et plus considérable, qu’on nous dit appartenir à l’empereur. Les terrains étaient entourés de murs , et, pour la plupart, couverts de légumes et d'arbres fruitiers. Il y en avait où l’on cultivait les fleurs et les arbustes les plus estimés dans le pays.
« Parmi les arbustes les plus remarquables du lac Si-hou, étaient la ketmie changeante ( hibiscus mutabilis ), la ketmie de Syrie { hibiscus syriacus), le lilas ( syringa culgaris), et le mûrier à papier. Nous y vîmes aussi une espece d’acacia [mimosa), la crotalaire ( crotularia ), l’alisier ( cralægus ), le rosier, le nerprun (rhamnus) , le sureau (sambucus), le genévrier et le cotonnier.
« Il y avait des pavots doubles, couleur de pourpre , dont la beaute nous frappa; des lotus lleuris ( nelumbium) , qui croissent dans tous les lacs et les étangs, et une espèce de pivoine (pæonia) dont les Chinois peignent souvent la Heur sur les grands papiers avec lesquels ils tapissent leurs appartements.
Nous remarquâmes plusieurs sortes de jolis baumes, une espèce d’amarante, une immortelle ( xeranthemum ) et le gnaphulium. »
On compte, dans ce département, 34 grands temples et 30 monastères.
Ning-po. La ville la plus importante de la province de J'che-kidng , après Hang-tchéou, est Ning-po , appelée par les Portugais lAam-po , de près de deux lieues (18 /f) de circonférence. C’est une ville maritime située à six lieues (60/1) du rivage de la mer, au confluent de deux petiles rivières dont la jonction forme le canal navigable qui relie Ningpo à la mer Orientale , et fait de cette ville un excellent port de mer. Aussi est-il un de ceux qm ont été ouverts aux Européens par le traité anglais de Nduking, en date du 27 octobre 1842. C'est
Die
je port principal du commerce chinois avec le Japon, Nangasaki n’en étant qu’à deux journées de navigation.
Ting-haï. Le canal de Ning-po est assez large et assez profond pour porter des vaisseaux de deux eents tonneaux.
L'embouchure de la rivière est défendue par une forteresse et par une petite ville nommée Tmg-hal , située dans une petite île à 20 lieues (260 li) à l’est-nord de Nina-pà , autrefois chef-lieu de canton {hien), niais maintenant (d'après l' Almanach impérial dé 1844) chef-lieu d’un district ( ting )) ressortissant directement au gouvernement central de l’empire. Cette ville est environnée de fortes murailles de 3,830'" 400"”" de circonférence, lesquelles furent reconstruites en pierre la 28" année khanghi (1689).
C’est là que l’autorité chinoise reconnaît les vaisseaux qui entrent dans la rivière de Ning-po. Les passes du port de Ting-hai sont difGciles, à cause de la violence des vagues et du peu de largeur du port. L’entrée qui contourne la colline de la Tour, et qui passe entre les îles de la Cloche et du Thé, est celle dans laquelle on n’a pas encore découvert d'écueils cachés.
Soieries de Ning-po. On fabrique à Ning-po des soieries extrêmement estimées dans les pays étrangers, et surtout au Japon, où les Chinois vont les échanger pour du cuivre, de l’or et de l'argent. On en exporte également dans toutes les provinces de l’empire.
Tchéou-chan. Dans le departement de Ning-po, et en quelque sorte dans les eaux de Ting-haï, se trouve le groupe d’îles que les Anglais ont nommé l 'Archipel de Tchou-san, du nom de l’île qu’ils ont occupée plusieurs années par suite du traité de Nàn-klng (*).
Cette île n’est éloignée que d'environ deux lieues des cdtes de Ting-hai. Elle fut visitée, en 1793, par lord Macartney, lors de son ambassade à Pé-king , et l’on peut présumer que , dès cette époque , ce fut la pensee constante de la politique anglaise de s’en emparer pour
O Ce nom de Tchou-ian ou Chou-ian est uoe altération de Tctucou-ciiàn , - montagne “ en forme de navire , » qu’elle porte dan» les livres et les cartes géographiques chinoises.
8* Livraison. (Chine moderne.
en faire une de scs innombrables stations dans les mers des deux mondes , stations destinées à soumettre à son empire jaloux l’industrie et les ressources de toutes les nations.
Chao-hing-fou. La ville départementale de Chao - hing mérite d'être mentionnée ici comme offrant une grande ressemblance avec Amsterdam et Venise. Elle est située, au dire de ceux qui l'ont vue , dans une des plus belles plaines du inonde. Chacune de ses rues est formée par un canal revêtu en pierres de taille blanches, et accompagné des deux côtés d’un large trottoir pavé des mêmes pierres, beaucoup de pouts fort élevés, et presque tous a’une seule arche, facilitent les communications. Les murailles de la ville ont deux lieues de circonférence.
Tombeau de Yu. Au sud-ouest de la ville cantonale de Hoei-ki , sur la montagne de ce nom , est un tombeau que l'on dit être celui du grand Yu (*). A côté de ce tombeau fort modeste, le célèbre empereur Khang-hl , lors de son voyage dans la partie méridionale de l'empire, la 28* année de son règne, fit élever un superbe édifice pour honorer la mémoire de ce grand homme, qui fut le premier ingénieur de la Chine, et peut-être du monde
X' PROVINCE. KlANG-SI. CAPITALE ;
Nan-tchang-fou.
Population en 1812 : 23,046,999 habitants.
Aperçu général. La province de Kiâng-sï (occident du h'idng) a pour chef-lieu Nan-tchang-fou, ville située à 385 lieues au sud-ouest de Pé-king , elle a 97 lieues de l’est a l’ouest et 180 du midi au nord ; elle comprend treize départements , un arrotmissement et soixante-quinze cantons.
Les départements sont :
1° Nan-tchang-fou,
2° Jao-tchéou-fuu,
3° Kouang-sin-fou,
4° Nan-khang-fou,
5° Kiéou-kiang-fou ,
6° Kien-tchang-fou,
7” Fou-tchéou-fou ,
(*) Voy. 1. 1, p. 40 et sim .
-.rnr
L’UNIVKRS.
8" Un-kiang-Jou ,
9* Ki-gan-fnu,
10° Soui-tehiou-fou,
11° ) ouan-tchéou-fou 12° Kàn-tchéou-fou ,
13° Nan-gan-fou.
Caractère physiqüb. Cette province est bornée à l’est par les provinces de Tché-kiâng et de Fo-kien , au midi par celle de Kouang-toung, au couchant par celle de Ilou-kouang, et au nord elle s’étend jusqu’au grand fleuve Kiàng. Elle est montagneuse, mais fertile, et a toujours été renommée pour sa nombreuse population.
Ses montagnes les plus 'importantes sont la montagne lMi, la montagne occiden taie (Si-chân), située à l'occident du chef-lieu de la province; la montagne Jangyu. Ses principaux fleuves sont : le Kiéou, qui, au nord de la ville départementale de Kiéou-kiâng , n’est autre que le grand Kiàng ; le Koung ou Kàn-chotâ, el enfin legrand lac Po-yang , situé au nord-est de la ville cantonale IA-kien , et à 15 lieues aussi au nord-est de Nan-tchang-fou. Ce lac a 30 lieues (300 li) de longueur, et 4 lieues (40 II) de diamètre.
Au dire de John Harrow, qui le visita en 1793, le lac Po-yang peut être considéré comme l’égout de la Chine, dans lequel viennent se jeter les rivières de toutes les parties de l’horizon. Il est presque impossible à l’imagination de se représenter un désert plus triste et plus horrible que les environs du Po-yang. Dans un rayon d’environ dix milles autour de ce lac, on n’aperçoit que des roseaux et de grandes herbes, au milieu desquels sont beaucoup d’étangs et de flaques d’eau, sans la moindre trace d’habitation.
Capitale. Nan-tchang-fou , cheflieu de la province, de forme ovale, a des murs de C kilomètres 520 mètres de circonférence; elle n’est remarquable que par le grand commerce de porcelaine qu’elle entretient avec toutes les provinces de l’empire. — Jao-tchéoufou, chef-lieu du département de ce nom, est une ville fortifiée d’environ une lieue de circonférence, située à une petite distance du lac Po-uang; elle a dans sa juridiction la célèbre manufacture impériale de porcelaine de Kin-te-
tchin, située dans le canton de Féouliang, et où se trouve agglomérée, dit-on, une population active de plus d’un million d’habitants. Nous reviendrons sur cette célèbre manufacture, à l’article Porcelaine.
Kiéou-kiàng-fou est une ville riche, marchande et fort peuplée, située sut la rive méridionale du fleuve Kiâng , à peu de distance de l’endroit où ce grand fleuve entre dans le lac Po-yang (comme le Rhône dans le lac de Genève), qu’il contribue à former.
Il existe dans cette province plusieurs ponts de bateaux flottants, dont l’établisscmeut remonte à la dynastie des Soung.
XI* province. Hou-pé. Capitale :
fFou-tchang-fou.
Population en 1812 : 27,370,098 habitants.
Aperçu général. La province de Iloti-pé ( nord du lac ) qui, avec celle de Hoii-nàn ( midi du lac), formait autrefois une seule province, sous le nom de Hoû-kotiâng ( province du grand lac), a pour chef-lieu IV outchangfou, ville située sur la rive méridionale du grand Kiâng, à 315 lieues au sud-ouest de Pé-king ; elle a 214 lieues de l’est à l’ouest, et 08 du midi au nord ; elle comprend dix départements, sept arrondissements el soixante cantons.
Les départements sont :
1° IV ou-tchangfou,
2° Han-yangfou,
3" Hoang-tchcoufou,
4° Gan-lou-fou,
5° Te-ganfou,
6 King-tchéou-fou,
7° Siang-yang-fou,
8° Yun-yang-fou,
9° Yi-tchangfou,
10" Chi-nan-Jou.
Caractère physique. La province de tluiï-pé est une des provinces les plus arrosées et les plus fertiles de la Chine. Elle forme, avec celle de IIoùnàn, un immense bassin, traversé de l’ouest à l’est par le grand fleuve Kiâng , et que les Chinois nomment communément le Grenier de t’empire.
bv (iO
ogle
Capitale. H’ou-tchang-fou , cheflieu de la province, est une ville fortifiée de deux lieues de circonférence.
Sa position sur la rive droite du Kiàng la rend une des plus commerçantes de l’empire. Le fleuve en cet endroit a une lieue de largeur et assez de profondeur pour porter de forts bâtiments, quoiqu’il soit à 150 lieues de la mer.
On n’y compte jamais moins de huit à dix mille bâtimentsdc toutes grandeurs.
Le département de If 'au-lchangfou, qui n'a que 53 lieues de l’est à l’ouest, et 47 du midi au nord, est assurément l’un des plus accidentés de toute la Chine. On y compte 235 montagnes, 8 fleuves ou grandes rivières, et 48 lacs. On y compte aussi 30 grands ponts, dont quelques-uns à bateaux flottants, et la plupart d’une construction très-remarquable.
XIIe province. Hou-n an. Capitale :
Tchang-cha-fou.
Population en 1812 : 18,652,507 habitants.
Aperçu général. La province de Hoti-nâri ( midi du lac ) offre à peu près le même aspect de montagnes, de fleuves, de rivières et de lacs, que la province précédente. Son chef- lieu, Tchang-cha-fou, est situé à 455 lieues au sud-ouest de Pcklng ; elle a 142 lieues de l’est à l’ouest et 116 du midi au uord ; elle comprend neuf déjiartements , trois arrondissements , et soixante cantons , plus quatre arrondissements et trois districts , ressortissant directement au gouvernement central de l'empire.
Les départements sont :
1* Tchang-cha-fou,
2” Pao-kingfou ,
3" Yo-lchéoufou,
4” Tchang-tefou,
5° Ueng-tchéoufou,
6” Young-tchioufau ,
7” Tchitirtchéoufou,
8° Youan-tchéoufou,
0' Young-chunfou.
Caractère physique. Cette province est limitée, du côté du midi et du côté du couchant, par des chaînes de montagnes dont les versants dirigent leurs eaux vers legrand lac Thoungltng,
3ui est le point central le plus déprimé e cette province et de la précédente.
Ce lac, qui est situé dans le département de Yo-tchéoufou, a 80 lieues et plus de circonférence (*). Les lettrés de la dynastie des Soung regardaient ce lac comme celui où le grand Vu avait fait écouler les eaux du déluge, lequel lac porte la dénomination des neuf Kiâng , dans le chapitre i'u-koung du Chôu-king.
Outre ce lac, on en compte encore trente autres de moindre étendue , dans ie seul départeinentde Yo-lchéou.
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XIIIe province. Ssb-tchouai» . Capitale : Tching-toufou.
Population en 1812 : 21,435,678 habitants.
Aperçu général. La province de Sse-tchouan (ou des quatre fleuves) a pour chef-lieu Tching-toufou , ville située à 570 lieues au sud -ouest de.
Pè-klnq ; elle a 300 lieues de l’est à l’ouest , et 320 du sud au nord ; elle comprend douze départements , onze arrondissements , cent onze cantons et trois districts ; plus huit arrondissements et six districts ressortissant directement au chef-lieu du gouvernement de l’empire.
Les départements sont :
1“ Tching-tou fou,
2“ TchoungkJiingfou,
3° Paonlngfou,
4° Chun-kingfou,
5“ Siietchéoufou,
6“ Ahouei-tchéoufou,
7“ Loung-ganfou,
8" Aing-uuuan-Jou,
9u Ya-tchéoufou,
10“ Kia ting-Jou ,
11" Thoimg-ichouanfou,
12” Soui-ting-fou.
Caractkue physique. Cette province est bornee à l’est par celle de J/oû-koudng, au midi par celles de Kouei-tchiou et de Yûn-ndn, à l’ouest par les peuplades du Thibet, et au nord par le Chen-si. Ses montagnes les plus renommées sont : la montagne Minchan , les montagnes Go-mei, Thsing-
(*) Sou ti et plut. Voy. le Tai-dising-t-
ihowiff-tchi , L. 22-, l” 12.
Diaitized
lie
LliMVKRS.
tching et II où-chdn. Ses principaux lletives sont le Min-kiâng , le l.o-kidng , le Féou-kiâng, le Kia-ling-kidng , le Pa-kidng , tous affluents du grand Kidng , qui traverse toute la province ; le Liu-aioul et le Ta-thou-hO , ou « fleuve au grand gué. »
Celte province, l une des plus étendues de toutes celles qui forment l’empire de la Chine, est aussi l’une de celles où le sol et les productions de ce sol sont le plus variés. Elle est très-riche en mines d’or, de cuivre, de fer, de plomh et d'étain. Placée sur les confins du Thibct, elle participe déjà , par ses nombreuses chaînes de montagnes, dont quelques-unes sont couvertes de neiges perpétuelles, à cette formation des soulèvements himilayens, sous lesquels l’imagination la plus audacieuse reste comme ensevelie !
Capitale. La capitale de la province est Tching-tou-fou, ville fortifiée de deux lieues de circonférence, qui fut autrefois le siège de In principauté de Chou (depuis les premiers Han jusqu’aux Thang), et plus tard (de 891 h 925 de notre ère) le séjour des princes de l’État de Chou , où l’art de I imprimerie prit naissance. C'était autrefois une des plus belles villes de la Chine; mais elle fut presque entièrement détruite pendant les guerres qui précédèrent l’élévation de la dynastie tartare régnante (*).
Le département de Tching-tou est le plus uni et le plus fertile de la province, quoique l’on y compte encore 9G montagnes, dont quelques-unes sont l'objet de légendes merveilleuses.
Il est coupé et arrosé par de nombreux canaux artificiels qui portent partout la vie et la fécondité.
On compte, dans le département de Tchoung-khing , 125 montagnes , sur l'une desquelles, nommée « la montagne de la porte du dragon » {lotingmén-cMn), située à sept lieues au nordest de la ville cantonale de Thoungliang, existe une institution littéraire dans laquelle on conserve une biblio-
(') Tching-tou-fon est la cité dont parle Marco-Polo , sous le noui de Sindofu . Sindifu, et dont il fait une si brillante description.
thèque chinoise qui comprend trente mille kiouan (ou divisions de livres chinois}.
C'est dans le département de Paoning qu’existe un pont qui, s'il faut en croire la Grande géographie impériale (*), est composé de quinze mille trois cent seize entrecolonnements (**).
Il est situé au nord de la ville cantonale de Kouang-youan , au midi du précipice des dix mille Fo ou Bouddhas. On nomme ee pont « le pont des balustrades de pierre » ( chi-làn - khiào).
Cette province renferme beaucoup de sources jaillissantes, des sources intermittentes, dues sans aucun doute à sa constitution géologique et à sa nature montagneuse. Il y a aussi un grand nombre de mines.
XIV' PROVINCE. Fo-KIEN. CAPI- TALE : Fou-tchéou-fou.
Population en 1812: 14,777,410 habitants.
Aperçu général. La province de Fo-kiai (établissement heureux) est l'ime des moins étendues, mais cependant l'une des plus riches de la Chine. Elle a pour chef-lieu la ville de Foutchéou-fou, située à GIS lieues au midi de Pé-king ; elle a 95 lieues de l'est à l’ouest, et 98 du sud au nord; elle comprend dix départements, soixantedeux cantons et trois districts ; plus deux arrondissements ressortissant directement au gouvernement central.
Les départements sont :
1° Fou-tchéou-fou ,
2” Tsiouan-lchéou-fou,
3° Kien-ning-fou.
4° Y en-ping -fou,
5“ Ting-tchéou-fou, fi° King-hoa-fou,
7° Chao-wou-fou,
(•) Tai-thsing-i-dunutg-tchi , k. 240, f° 1 7 v».
(") En chinois kièn, littéralement intervalle, entre-colonnement, et non arches de ponts ou arcades , comme l’ont écrit quelques missionnaires. Le monumeut en question, (les arrhes ou arcades , ainsi romprises comme des interstices offrant un passage à l’eau), n’en serait pas moins extraordinaire, et le plus extraordinaire peut-être du monde entier.
OUI N K MODFRNK.
8° Tchnng-trhéou-fou,
9° Fou-nhng-fou,
10° Thal-wan-fou (île Formose).
Cahactèrk physique. I,a province de Fu-kien est boruée à l’est et au sud par la mer, à l'occident par les provinces de Kidng-si et de Kouangtoung, au nord par celle de Tché-kidng. On la nommait autrefois Màn, « principauté ou gouvernement de Màn ; »
c’est encore maintenant le nom poétique de la province de Fo-kien. A l'é-
rue de la conquête de la Chine par Mongols, les troupes du dernier empereur des Soung >s’étant retirées dans la province actuelle de Fo-kien (voy. 1. 1. p. 349-350;, les Mongols et Marco-Polo , qui fut à leur service, appelèrent les Chinois « hommes de ildn, de la province de Màn ( Mdnjin ); c’est la l'origine de cette appellation de Mangi, qui a tant embarrassé les géographes dans la célèbre relation du voyageur vénitien.
Il y a beaucoup de ports sur les eûtes du Fo-kien ,■ la plupart sont spacieux, commodes et surs. Deux d’entre eux, celui de Fou-tchéou-fou et celui d’Amoy, en chinois llia-men, ont été ouverts au commerce européeu par le traité de Nàn-klng. Ses montagnes, par l'effet de l’industrie des Chinois, sont presque partout disposées en es pèce d'amphithéâtres et de terrasse,, placées les unes au-dessus des autres et toutes couvertes de riz. Une de ces chaînes de montagnes s’étend du sud au nord, et forme une ligne de démarcation presque infranchissable entre le Fo-kien et la province de A idng-si.
Capitale. Fou-tchéou-fou-, la capitale de la province, est une ville fortifiée, d’une lieue de circonférence, située sur le -fleuve Min (ou Màn , selon la prononciation fo-kinoise, qui diffère beaucoup, comme nous le verrons plus tard, de la prononciation de Piking et même de JVàn-king). Son commerce avec le Japon , les îles Liéou-khiéou, Formose, les lies Philipines, Java, etc., est très-considérale -, les étoffes de soie, les pierres précieuses et le thé forment les principaux objets d’exportation.
Pont de Fou-tchkou. C'est à Foutchéou, dans le faubourg de Mon, que
se trouve le » |x>nt des dix mille années » ( H'én-chéou-khiâo), jeté sur le.
bras du fleuve que l’on nomme « fleuve de la tour méridionale • ( nàn-thai • kiàng), et qui a 945 mètres de longueur et trente-neuf portes ou arches, pour laisser passer les eaux. Ce magnifique pont de pierre, qui a des balustrades aussi en pierre , fut construit en 1303 de notre ere, au commencement du règne de la dynastie mongole.
On en voit encore beaucoup d’autres d’une grande beauté dans toute la province, mais surtout dans le département de Tsiouan-tchéou. Nous ne citerons que celui qui est au sud-ouest de cette dernière ville et qui a 2,520 mètres de longueur. Ce pont, construit aux frais d'un gouverneur de la ville, forme 362 passages à l’eau. Il est supporté par des piliers de pierre noirâtre, taillés à angles aigus pour rompre plus aisément la violence du courant.
C'est aussi dans cette dernière ville que l’on remarque un magnifique monastère bouddhique , nomme Kalijnttan (*) , fondé sous les Thang, et qui présente à la vue deux tours, de chacune sept étages d’élévation et de la plus grande beauté.
Pobt d’Amoy ( llia-men). Amov, Émouv, est une Ile dépendant du canton dé Thoung-gon , département de Thsiouan -tchéou (**). Son port, qui n’est proprement qu'une rade, est un des meilleurs ports du mondo. Il peut contenir plusieurs milliers de vaisseaux. La mer y est si profonde, que les plus gros navires peuvent s'approcher du rivage avec, toute sécurité.
Ce port, déjà ouvert aux F.uropéens au commencement du dernier siècle, fut ensuite abandonné pour celui de Canton.
L’ile d’Amoy ou d’fimouy est célèbre aussi par" la magnificence d’une pagode bouddhique.
Cette pagode , dans laquelle on voit une statue colossale de Fo, qui y attire toute l’année de nombreux adorateurs,
(*) Nom des années île régne de l’empereur Ming-hoang-ti , des Thang (713-74*), sous lequel il fut fondé. I.e monastère se nommait d’abord le - Monastère de la fleur - tien ou du Lis d’eau. »
(*•) Géographie impériale, k. 364.
L’UNIVERS
se distingue de loin par ses tours caractéristiques du culte bouddhique, qui sont d’une grande élévation.
Aïnou ou Hia-men est la résidence de nombreux marchands chinois, qui y possèdent plus de 300 grandes jonques, et qui font un commerce étendu, nonseulement avec tous les ports de la Chine , mais encore avec ceux de l'archipel Indien et du Japon. Ce port est considéré comme le grand marché de la province de Fo-kien. La plus forte partie du commerce de Formose, qui est très-étendu, se fait avec les ionques appartenant aux négociants d Arnoy.
Ces dernières se rendent dans tous les ports occidentaux de Formose, et elles s’en retournent chargées de riz, ou elles sc rendent dans le nord de la Chine avec des cargaisons de sucre.
K Thaîwan (la Baie de la tour), nommée par les Européens Ile de Fobmose.
Ce département, placé à une certaine distance des côtes de la Chine, n'a fait partie intégrante de l'empire que vers la fin du xvi* siècle. La capitale de la partie occidentale de l'ile, qui est soumise au gouvernement chinois (la partie orientale, séparée de la précédente par une forte artère de montagnes, appartenant encore aux indigènes), et de tout le groupe d'iles connu sous le nom d' « Iles des Pécheurs, » est Thai-wdn, éloignée de 725 lieues de Pé-king, et distante de 54 lieues de Fou-tchéou-fou. La partie chinoise de l’ile, vis-à-vis les îles Pheng-hoü « îles des Pécheurs, • a 10 lieues de largeur de l'est a l’ouest, et 281 lieues du sud au nord (*); c'est là,
( *)Tai-tlising-i-toung-tcUi , k. 37 1 , f® I; et Tsio-tchi-tluiôuan-làn, province de Fokicit, f* 35. Celle grande étendue parait difficile à admettre ; cependaut les deux autorités rliiuoises citées dans te texte, autorités officielles, donnent bieu 3,845 U et 3,800 U d'étendue à Thai-wdn dans sa plus grande longueur. Mais, d’un autre côte, les meilleures cartes géographiques européennes ne donnent pas à l’ile de Furmose plus de 4 degrés et demi de longueur, c'est-à-dire, 113 lieues et dénué d’ctendue, de a5 au degré. Fions répéterons ici, a ce sujet, une remarque que nous avons déjà faite ailleurs : c'est que les mesures géographiques indiquées
du moins, l’étendue que lui donne la grande (iéographie impériale chinoise (édit, de 1743). h' Almanach impérial de 1844, imprimé.à Pé-king, lui attribue 2800 /tou 280 lieues. F.lle est divisée eu uatre cantons, et le préfet de ce épartement reçoit 1,600 liàng ott 12.800 fr. de traitement.
Les cantons sont :
1" Thai-u-dn-hien, 13 écoles, 20 villages chinois, 3 villages indigènes.
T Foung-chan-hien, 13 écoles, 73 vil lages.
Situé à huit lieues au midi du précédent.
3° Kia-i-hien , 13 écoles, 4 villages chinois et 32 villages indigènes.
Situé à douze lieues au nord de ThaUrdn-fou.
4“ Tchang-hoa-hicn, 13 écoles, 13 villages chinois, 132 fermes chinoises et 5i villages indigènes.
Situé à quarante lieues au nord de Thalwân-j'ou.
La ville de Thai-wdn fut enceinte de murs la troisième année young-tchtng ( 1725 de notre ère). Ces murs ont 6,763 mètres de circonférence; ils sont percés de sept portes, au-dessus de chacune desquelles est une tour crénelée.
Les autres villes, chefs-lieux de cantons, sont aussi fortifiées.
Population. La population de l'tle Formose était, en 1743 , de 19,822 chefs de famille contribuables insrrits aux rôles (*).
Impôt FONCIEB. Enarg., 245,760 fr.
— En H z , 1 69,440 hect.
Ces impôts ont été diminués de beaucoup, par suite d’un grand ouragan qui, en 1782, ravagea tontes les côtes de l’ile. Voici, d'après Y Almanach impérial de 1844, le chiffre actuel des divers impôts que paye chaque canton :
par les Chinait, lorsque ces mesures ne sont pas le résultat d'opérations Irigonomél t iques faites par les aueiens missionnaires jésuites, sont très-peu exactes, et ne doivent inspirer que très-peu de confiance.
(’) C'est par erreur que, dans le t. Ht de l'Océanie, p. 577, la population de Furmose n'est portée qu’à 1,748 individus, pour la population chinoise seulement ; c’e.l à peine la population d'un village.
Chi na fnrto(itm
Impi’t en /tin*.
Hfttc/itrrs
Salaires en hùng
de ri*.
valant N fr.j
de grains.
valant 8 fr.
1” Thnï-wiin-hien.. . .
2° Foung-chan-hien .
3” Kiu-i-hien
,<• Tchuntj-hoa-hien .
Totaux . .
Le premier de ces impôts est un impôt foncier proportionnel ; le second est un impôt indirect, dont sont frappés les marchandises et objets de consommation de diverses natures : ils s’élèvent à 58,408 fr. de notre monnaie ; le troisième est une charge lise et déterminée pour l'entretien des fonctionnaires publics ; et le quatrième est le traitement en argent de ces mêmes fonctionnaires: il se monte à 27,200 fr.
Lile7'Aa{-twl>i,ou Formose, fut visitée par l’infortuné La Pérouse en 1787, ainsi que plusieurs parties des côtes orientales de la Chine. Cette île a eu tour à tour quelques-uns de ses ports occupés par les Japonais , les Hollandais et les Anglais. Selon la Géographie impériale (*), elle fut, dans l'antiquité, comprise par les Chinois dans ce qu'ils nommaient « le territoire nommé Hoang-fou , — le do- « moine vague de t empereur, » qui n’avait aucune communication avec la Chine. Plus tard , les Chinois nommèrent les habitants de l’île Thai-wân, « barbares orientaux. » Sur la fin de la dynastie des Ming (de 1621 à 1624), alors qu’elle appartenait aux Japonais, et que les étrangers aux cheveux rouges, les Hollandais, en occupaient un port, elle fut nommée Ki-loung , du nom môme du port.
Les principales productions de l’IIe Formose sont le riz, le sucre, dont une grande quantité est expédiée dans toutes les provinces de la Chine, même à Pé king ; les différentes espèces de grains ; presque tous les fruits des Indes, tels que les oranges, les bananes. les ananas, etc.; plusieurs de ceux d’Europe, tels que les pêches, les abricots, les figues, les raisins, les châtaignes', les grenades et les melons d’eau. Le lhe vert y vient aussi en abondance; le sel y suffit à la consom-
(*) Tai duùig-i-lhowig-tchi , k. 371, f" 1.
mation ; le soufre y est abondant et de bonne qualité; on èn expédie beaucoup en Chine. La nature volcanique de l’ile fait qu’on y trouve peu d’eau bonne à boire, .du moins pour les étrangers, sur lesquels celle des sources et des rivières a un effet dangereux, et quelquefois mortel.
Dans un projet de conquête de Plie Formose, présenté au gouvernement anglais, on lisait : « La possession de « Formose et des Pescadores, ou « îles « des Pécheurs » ( Pheng-hoù j , parait « devoir assurer, à ceux qui l’obtien- « dront, le commerce de la Chine.
« Cette île est située sur une partie « vulnérable de l’empire, et sa position « insulaire la met a l’abri de toutes « les tentatives de ce pays.
« Le commerce de Formose est né- « cessaire à la Chine, car cette Ile four- « nit à deux des provinces de cette
■ contrée une grande partie de leurs « subsistances ; elle est à trente lieues
■ de Fo-kien, province qui fait tout le « commerce extérieur de la Chine, « excepté avec les Européens, et la « plus grande partie du commerce de « cabotage de l’empire.
« Vinsi, étant maîtres de Formose, « m.iis le serions aussi directement « ou indirectement d’une grande « partie du commerce du Japon , de « la Corée , de la Cochinclune , de « Siam, et des îles de l’archipel In- « dieu; et même l’avantage décidé de « la position pour le commerce de la • Chine nous mettant en état de vendre « à meilleur marché, nous en aurions, « par conséquent, un plus grand dé- « bouché, et de même nous obtien- « (Irions le thé et les autres objets à « plus lias prix... Il n'y a pas dans « tout le jnonde un point a occuper « qui, sous te rapport des entreprises « commerciales , offre un champ si « caste et si important.
L’UNIVF.RS.
« Formosc possède tant d'autres « avantages, que l'on a peine à conce- « voir comment les idées ont pu se « porter sur un autre endroit , etc. »
Il faut bien que le gouvernement anglais (qui, on doit lui rendre cette justice, s’occupe assez bien des intérêts de sa nation) n’ait pas trouvé la réalisation du projet exposé ci-dessus sans inconvénients, puisqu'il ne l’a pas encore mis à exécution. Il est probable toutefois qu’il n’est pas resté complètement dans l’oubli ; mais il est probable aussi que le gouvernement chinois, qui a su se faire rendre Tchéou-chan ( Tchou-san ), malgré les journaux anglais qui voulaient conserver cette île en dépit du traité de Afin - king, a aussi l’œil ouvert sur Formose (* (**)).