RÈGLEMENT CONCERNANT LES AMBAS- SADEURS ETRANGERS ET LEE TRI- BUTS
L’époque de la présentation du tribut doit être fixée à l’avance (*), ainsi que
sont te Portugal (Po-eurh-tou-iia-li-ra) , l'Italie (/■ ■ta-ti-ya ), H l'Angleterre ( Tiug-ki-li koue). ï.a nc année Khtwg-hi ( 1670), le roi du premier de ces royaumes, A-ftsung-sou (Alphonse VI ) , commença à ouvrir des relations, en envoyant un ambassadeur avec une lettre de créance et des tributs. Eu 1707, le roi Jou-wang (Juan ou Jean V) ensoya aussi un ambassadeur «sec des tributs. En I7a5, le roi d'Italie Pê-na-ti-to ( Benediclus ou Renoit XIV, pape) envoya un ambassadeur apporter un tribut. Eni7ÿ3, te roi d'Angleterre envoya aussi un ambassadeur apporter un tribut. -
(*) •< I.a Corée doit quatre tributs par an ; elle les fait présenter tous ensemble à la fin de l’aimée. — Les îles lùeou-khiiou ne doivent qo'1111 tribut aimuel. — Le Toung-king doit un tribut tous les deux ans; mais comme tous les quatre ans il envoie un ambassadeur à la cour, l'ambassadeur présente en même temps les deux tributs. — La Cochinchine doit tous les dix ans un tribut ; — Siam, tous les trois ans ; — les îles Philippines apportent de l’extérieur, tous les cinq ans, un tribut. — La Hollande n'a point d'époque déterminée pour apporter ses tributs. — A va apporte un tribut tous les dix ans. — Les royaumes de l'Europe n’ont point d'époque
L’UNIVERS
la route à suivre par les ambassadeurs ou envoyés (*). Chaque ambassadeur ou envoyé fera connaître exactement le nombre et la qualité de toutes les personnes de sa suite (•*).
Tout ambassadeur porteur de tribut, une fois arrivé h la frontière, doit en prévenir l’autorité (***). Parvenu à sa
déterminée pour apporter leurs tributs. » (Commentaire.)
(*) « Les routes que doivent suivre les porteurs de tributs pour entrer en Chine sont, jQ pour la Corée : de la ville de Fmung-hoang ou du Phénix, à Moukden en Tartane, l’ambassade doit passer par la douane de Chanhai; pour les îles Lieou-khuou , les tributs doivent passer par la province, du Fo-kicn; ceux du Totmg-lùng , par la douane de Tchinnan, de la province du Kouang-si ; ceux de la Cocbinchine , par P hou rut-fou du V annan ; ceux de Siam et des Hollandais passent par la porte du Tigre , de la province de Kouang-toung ; ceux des îles Philippines entrent en Chine par Hia-mcn (Amov) du Fokicn ; ceux d’Ava entrent par le Yun-nan , et ceux de tous les royaumes européens arrivent par Macao dans la pioiiucc Je Kouangtoung. » (Commentaire.)
(**) Le Commentaire chinois indique ici le nombre de personnes qui peuvent former la suite des ambassadeurs des pays éuumérés précédemment. Nous ne citerons que ce qui concerne les Européens: la Hollande (considérée toujours comme parlant de Java) a un ambassadeur en* premier et un ambassadeur en second; quelquefois ce n’est qu’un envoyé extraordinaire. Leurs principaux fonctionnaires sont des secrétaires il 'ambassade ou de légation ; les autres sont des gens de leur suite. Toutes les personnes qui conq>osent l'ambassade ou la légation apportant le tribut ne peuvent pas dépasser cent; et celles qui sont autorisées à se rendre dans la capitale ne peuvent dépasser le nombre de vingt, — « Les ambassadeurs des royaumes européens apportant des tributs 11e peuvent a\oir plus de trois vaisseaux, et chaque vaisseau ne doit pas avoir plus de cent homme/, d'équipage. L’ambassadeur en premier et les gens de sa suite, qui se rendent à la capitale, ne doivent pas excéder le nombre de vingt-deux. Le restant des hommes de sa suite est retenu à la frontière. » (T. ths. h. t. , k. XXXI , 1° 4,)
(***) Les ambassadeurs venant de Siam, des possessions hollandaises et des États européens, sc feront reconnaître par le lieutenant gouverneur de Kouang-toung , et |»ar le gouverneur des deux Kouang. Comme
destination, il présente ses lettres de créance (*) (tsin khlpiào thsièou) , et remet ses présents ou tributs ( ta khi honmj wë) (**).
c’est une faveur signalée dont les États étrangers doivent être reconnaissants, que celle d’apporter des tributs, les ambassadeurs doivent demander à chacun desdits gouverneur et lieutenant gouverneur l'autorisation de poursuivre leur route, en leur remettant une copie de leur lettre de créance originaire pour être envoyée au ministère des Rites, afin qu’il y soit statué sur son contenu.
Les ambassadeurs tributaires des royaumes étrangers une fois arrivés à Pé-king, il eu est donffé avis au surintendant des douanes ( T hsoting- Kvên-mén-kién-toü), qui vérifie les bagages cl autres objets appartenant À l'ambassadeur et à sa suite.
(*) « L’ambassadeur tributaire (Kdung-ssè) arrivé a Pé-king présente d'abord ses lettres de créance au ministère des Rites. I/auihassadeur tributaire, avec toutes les personnes officielles de sa suite, revêtus des habits de cour ou de cérémonie de leur pays, partent de riiôlci de l'ambassade |>our se rendre au uiiuislèic, montent les degrés, puis font tous* une génuflexioa (khoiieï). L'ambassadeur en premier lient à la main ses lettres de créance qu’il remet au chef du bureau général des interprètes (Ssé-Ï -koûan-khing) , lequel , après en avoir fait une version, la remet à l’intendant de riiôtel du ministère des Rites. L’nrnbassadeur en premier et toute sa suite accomplissent le cérémonial des trois génuflexions et des neuf prosternements (hing-sonkhoiiri kiebu-khebu-ti), La cérémonie accomplie, l'intendant de l'hôtel remet la lettre de créance à l'ambassadeur, et le reconduit ainsi que sa suite.
« Le second jour est celui de la présentation des objets apportés en tribut, (les objets sont transportes, couverts d'étoffes «à franges d’or, à l'hôtel du conseil des ministres. l)e l’hôtel du conseil des ministres (tVeî-kd), où ils ont été reçus , ils sont repris, et transportés de nouveau à l'endroit où ils doivent être definitivement présentés à l'empereur, apres les avoir étalés aux regards du public.
« Du ministère des Rites, l’ambassadeur et sa suite sont accompagnés à l'hôtel de l'intendance de la cour {A et- wou-fou), où l’ambassadeur est présenté aux princes du sang , auxquels il expose le sujet de sa missiou, et auxquels il présenté, s’il le désire, des objets de son pays. »
(**) • Les objets destinés à être offerts en tribut (koûng-tvâ) étant arrivés à Pé-king ,
CELINE MODERNE.
On s’occupera d’arrêter les dispositions de l’audience impériale (é). Ou remettra ensuite les présents donnés par l’empereur (**), en les distribuant, selon les rangs, à toutes les personnes qui composent l’ambassade. On fera un emploi judicieux, et conforme à leurs intentions, des libéralités ( tcheôu siuë) des ambassadeurs et de leur suite.
J/assistance la plus active, la protec-
apràs avoir été examinés et vérifiés par le chef du bureau général des interprètes , à l’ exception des tributs ou présents ordinaires, sont enregistrés et reçus, avec les rcmcrcinients et compliments d'usage, par le chef du bureau des interprètes, qui eu exprime, au nom de l'empereur, toute sa satisfaction... >»
(Après avoir donné la liste détaillée des tributs de différentes natures, produits manufacturés ou antres du pays, que doivent apporter les ambassadeurs de la Corée , du Toung-king , de la Coehinrhiric,* etc. , les Statuts disent) : «* Les tributs des royaumes A'Ava et de l’Océan occidental , ou de l’Europe, ne sont point déterminés et spécifiés ; ceux d'Ava consistent principalement en étoffes d usage, en feuilles d'or, et en dents dYléphants. *» — Ceux de la Hollande sont énumérés. — Les listes des tributs de la (Torée, du Toung-king , de la Corhinchitte, etc., données pur les Statuts , sont curieuses. Je conseille aux gouvernements européens qui voudront, par la suite, envoyer des ambassades à Pé-king, de les consulter, alin de les égaler au moins en magnificence. Ils feront bien aussi de consulter les listes des présents offerts en retour, par l'empereur, aux ambassadeurs et aux gens de leur suite; ces listes n’offrent pas moins de magnificence.
(*) Le Commentaire dit que l'ambassadeur étant arrivé à Pé-kt’ng , on doit faire eu sorte que le jour de l’audience solennelle de l’empereur coïncide avec un jour heureux, tel que U* jour de la naissance de l’empereur, le premier jour , de Tan, le solstice d'hiver , etc. Ou voit par là que les délais pour obtenir leur audience de l'empereur, dont se sont plaints plusieurs ambassadeurs européens , délais qu'ils attribuaient à de tout autres causes, se trouvent ici , expliqués.
(**) Les Statuts énumèrent tous les présents qu'il est d’usage d’accorder eu retour aux ambassadeurs de la Corée , du Tottngklng, de la Cocbinchinc , etc.; ces présenta sont brillants et nombreux. Ils consistent principalement en pièces d’étoffes de soie de loule espèce, en arcs, en flèches, eu carquois d’or, eu fourrures, etc.
tion la plus entière, leur seront accordées pendant tout le temps de leur séjour et de leur vovage dans l’empire.
Voilà le texte des Statuts concernant les ambassadeurs étrangers porteurs de tributs à l’empereur de la Chine, tel que l’a rédigé le ministère des Rites. Comme le sujet n’est pas sans importance pour les relations à venir des États européens avec la Chine, et qu’aucun écrivain ou sinologue de l'Europe n’a encore donné des éclaircissements à ce sujet, nous croyons devoir reproduire ici la traduction complète du Cérémonial usité en ces circonstances, que nous avons publiée en 1843 dans la Revue de l'Orient.