XVII* DYNASTIE. LES HAN POSTÉRIEUAS
Les troupes tartares du Liao-toung, qui ne trouvaient nulle part de la résistance, ravagèrent toutes les provinces du nord de l’empire. Elles pénétraient déjà dans celles du midi ,
lorsqu’elles furent arrêtées ( 947 ) , par des bandes de malfaiteurs que le nouvel empereur, général distingué avait organisées pour les leur opposer.
« Je ne croyais pas, dit le chef des Tartares, qu’il était si difficile de vaincre les Chinois » ; c’est pourquoi , se contentant du riche butin qu’il avait fait, il s’en retourna dans le Liaotoung.
Le second et dernier empereur de cette dynastie fut Yn-ti ( 948-950), dont la jeunesse et le caractère faible donnèrent lieu au soulèvement des provinces occidentales. Les eunuques, quelque temps comprimés , relevèrent la tête; par leurs intrigues ils fomentèrent une sédition dans le palais , au milieu de laquelle l’empereur fut tué.
Un de ses généraux , nommé Ko-WEÏ , qui avait battu et repoussé les Tartares du Liao-toung, fut proclamé empereur, et clief d’une nouvelle dynastie.
XVlll* DYNASTIE. LES TCHKOD POSTËRIEDKS.
Le nouvel empereur, qui fut nommé Taï - Tsou , fixa sa cour à Lo - yang.
Dans la première année de son régné, il voulut visiter le tombeau de Khoung- TSEU,auquel il donna des titres royaux , pour mieux marquer aux yeux du peuple le respect qu’il portait à la mémoire de ce grand philosophe. Quelques-uns de ses courtisans lui repré.sentèreut que cet honneur ne convenait point à un homme qui avait été toute sa vie le sujet d’un petit roi de l’empire cliinois. « C’est précisément , leur répondit Taï-tsou, parce qu’il a été le maître et l’instituteur des rois et des empereurs, qu’il doit recevoir de pareils honneurs. •>
Cet empereur n’avait point d’enfants ; il en adopta un , qui fut son successeur sous le nom de Cm - tsoung (954-9.59); ce jeune homme joignait l’amour des sciences à la plus grande valeur , à une connaissance approfondie de l’art militaire, et à une plus grande simplicité encore. Il portait si loin la modestie, que, parvenu au trône , il fit placer dans son palais une
L’UMVERS.
charrue et un métier de tisserand, pour ne point perdre le souvenir de l’état de ses ancêtres.
Dans un temps de disette, il ordonna qu’on ouvrit les greniers publics, et que l’on donnât le riz à vil prix ; il voulut en même temps que ceux qui ne pourraient pas encore le payer, le reçussent à crédit, pour en acquitter le prix lorsqu’ils en auraient les moyens.
On lui représenta que la plupart de ceux qui le recevaient ainsi étaient si pauvres, au’ils ne seraient jamais dans ce cas. «Eh! ne savez-vous pas, répondit l'empereur , qu’ils sont mes enfants , et que je suis leur père? Avez- vous jamais vu qu’un père , sachant son tils pressé de la faim , l’abandonne et le laisse périr, parce qu’il prévoit qu’il ne sera jamais remboursé de ses avances ? »
En même temps il fit fondre toutes les statues des idoles , pour en frapper de la monnaie qui était devenue très -rare. Il encouragea la littérature , et il était versé lui • même dans la connaissance des meilleurs écrivains chinois. Il eut à soutenir une lutte assez sérieuse contre plusieurs chefs de petits États qui s’étalent rendus indépendants sous ses prédécesseurs, et qu’il voulait faire rentrer dans la ^ande unité de l’empire. Plusieurs d^ntre eux se soumirent à lui ; et les Tartares du Liao-toung, qui avaient fait des incursions en Chine , furent repoussés au delà de la frontière septentrionale. Sa mort prématurée (à 39 ans) vint tarir cette nouvelle dynastie dans sa source. La jeunesse extrême de son fils , qu’il avait placé sous la tutelle de son premier ministre, homme éclairé et très-distingué dans les armes , qui avait rendu de grands services à l’État, décida les grands de Tempire et les généraux commandants des troupes à Te nommer empereur à la place de son pupille. La nécessité d’avoir une main nabile et ferme au pouvoir pour repousser les irruptions incessantes des Tartaresdu Liao-toung, et pour maintenir les gouverneurs des provinces dans l’obéissance, fut sans doute un motif politique suffisant pour autoriser cette nomination élective du
chef de l’empire , au détriment d’une dynastie héréditaire encore dans les langes.