‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 170 sur 238 · CH USE · texte numérisé non relu

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fait brdler les livres des Tao-sse de la Chine, c’était uniquement par un effet de la confiance qu'il avait dans les folies des Sang-men, ou Chamans; il ajoute qu’il enveloppa dans le même mépris les deux sectes des Tao-sse et des lettrés, et que, regardant la doctrine des Sang-men comme véritable , il abaissait Confucius au rang des sages du second ordre. L’auteur de Souhoimg-kian-lou (histoire de la dynastie mongole en Chine ) rectifie ce que cette assertion peut avoir d’outré, et remarque qu’en faisant briller les livres des Tao-sse, Khoubilaï ne donna aucune marque de ce prétendu mépris pour Confucius. Il n’en loue pas moins Temour, pour avoir, à son avènement au trône , ordonné de rendre à Confucius des hommages universels. Sous ce règne les traits caractéristiques des Mongols commencèrent à s’effacer, et leur histoire prend , si j’ose ainsi parler, une physionomie chinoise. Les mots mongols qui servent à désigner les dignités, les charges, les cérémonies , sont remplacés par des expressions chinoises. On peut, à partir de cette époque, étudier dans la partie biograpnique de l’histoire des Mongols un autre effet de cette révolution, propre à en augmenter encore l’influence. On y voit les familles chinoises rentrer successivement dans tous les emplois, et y remplacer les Tartares , dont les noms étrangers , sous les règnes des premiers successeurs de Tchinggis, rendaient en quelque sorte sensible le joug qu’ils avaient imposé à la Chine.

« la première annee du règne de fVou-tsoung, Phsmlo - temour , vice-

firésident et ministre de la droite, mit a dernière main à une traduction mongole du livre de l’ohéissance filiale, et la fit imprimer sous l’autorité impériale. Elle fut offerte à l’empereur.

Le décret qui en ordonna la publication, portait que cet ouvrage, qui contenait les préceptes admirables de Khoung-tseu, devait servir de règle aux actions des hommes, depuis les rois et les princes jusqu’aux dernières classes du peuple. On fit graver la nouvelle traduction avec les préfaces et les

sceaux qui servaient à en attester la fidélité, et on en distribua les exemplaires aux princes , ainsi qu’à tous les officiers de l’empire. L’annee suivante , le collège des Han-lln eut ordre de travailler à la composition de l’histoire des Mongols; et il rédigea en conséquence les annales du règne de Chun-tsoung et de Tching-tsoung . On composa aussi , en neuf mille articles , un code où se trouvaient rassemblés tous les règlements et dispositions, non - seulement des dynasties précédentes, mais des empereurs mongols, depuis Tchinggis-khafean.

» Le règne de Jin-tsoung fut encore plus favorable aux lettrés que ne l’avaient été ceux de Temour et de Khalsang ou tVou-tsoung. Peu apres son avènement , le nouvel empereur fit revoir le code de lois qui avait été publié sous la dynastie des Thang, de 62(i à 649 ; et , d’après le conseil d’un grand de sa cour, il résolut de le faire traduire en mongol , pour que ses sujets pussent le lire et en avoir une parfaite connaissance. Il augmenta ensuite de trois cents le nombre des élèves du collège impérial , y joignit une section supplémentaire cfe vingt élèves, et voulut que ceux qui sauraient expliquer l’un des livres classiques, fussent employés, suivant leurs talents, à des fonctions d’assistants ou de surnuméraires. Il régla aussi les rangs que devaient oi^cuper les mandarins mongols et chinois. On lui dut le rétablissement du collège impérial dans son ancienne forme; et, ce qui est plus important , celui du système des examens pour l'admission aux charges; système qui devait être plus favorable aux Chinois qu’aux Mongols, et que, pour cette raison , un empereur tartare n’edt peut-être pas dil remettre en vigueur.

Il fit transporter dans le collée les tambours de pierre de l’empereur SUman-wang (*), donna des ordres pour la composition d’une histoire de sa dynastie , et voulut qu’on fît choix , pour cet objet , des docteurs les plus renommés pour leurs talents et leurs

(•) Voy. l'i-ilovanl p. io4-io5.

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vertus. Il fit , en outre , traduire en inongoi le Ta-hio, le Hiao-king, et l’histoire des femmes célèbres; et, uand on avait imprimé ces sortes 'ouvrages , il les faisait distribuer aux officiers de sa cour. Il s’occupait sans cesse des examens et des autres affaires littéraires qui sont regardées par les Chinois comme la partie essentielle du gouvernement. Il fit aussi rétablir le collège des Hoel-hou; et, à cette occasion , l’histoire remarque que les lettres de ces peuples sont singulièrement propres aux opérations d’arithmétique , et rappelle que la première institution d’une école musulmane eut lieu sous KhoubilaT. Enfin l’empereur lui-méme s’occupa à prendre, dans le Thmng-kian , ce qui pouvait éclairer sur les causes de l’élévation et de la chute des dynasties qui avaient précédé la sienne, sur le bon et le mauvais gouvernement ; et il fit de ces extraits un recueil qui fut traduit et transcrit pour lui être présenté.

« Au nombre des savants qui travaillaient sous les ordres de Jin-Uoung , était un homme d’un rare mérite , né dans la ville de Baikh , et connu sous le nom de Tchagan, qui signifie en mongol blanc J parce que la nuit où il était né avait été remarquable par un clair de lune aussi brillant que le jour. Doué d’un esprit vaste et pénétrant, il possédait a fond les langues de tous les peuples connus des Chinois. Il avait commencé à être employé dans les armées de Khoubilaï, et s’était avancé par degrés sous le règne de ses successeurs. Dans l’année 1311 , il prit le surnom chinois de Pe-yun (nuage blanc) , du nom d’une montagne où il s’était fixé, et pour faire en même temps allusion à son nom mongol de Tchagan. Ce fut alors qu’il se fit connaître à la cour, et que sa réputation littéraire devint plus étendue. Quand il eut offert à l’empereur le commencement de sa traduction mongole du code de la dynastie des Thang, Jintsoung, qui en fut très-content, lui ordonna de l’achever, et la fit imprimer et distribuer à tous les grands. Il le chargea ensuite de traduire un ou-

vrage historique, qui contenait les belles actions des empereurs et les affaires des dynasties depuis l’ouverture du ciel, c’est-à-dire, depuis la création du monde à l’époque de Phan-kou, jusqu’à la soumission de la dynastie des Ain, par Tchinggis-khakan.Le livre ue composa Tchagan portait le titre 'Àbrégé chronologique de l’histoire des empereurs.

« Malgré tous ces travaux qui semblaient indiquer dans l’empereur régnant un goût décidé pour la littérature chinoise, ce prince n’en fit pas moins continuer avec ardeur la traduction des livres indiens, qui avait été commencée sous Khoubilaï. Le principal auteur qu’il chargea d’y travailler fut un Tartare natif du pays de Kan-mo-lou, dans la province de Pething. Dès sa plus tendre Jeunesse, ce savant possédait à fond les livres ouigours et ceux de l’Inde ; il était initié aux plus secrets mystères du bouddhisme, et entendait toutes les langues de l’Asie orientale. En 1301, il avait été attaché au grand lama ( qui avait alors le titre deTi-sse, ou maître de l’empereur) , et employé dans le palais Kouang-han. Sous le règne suivant , il embrassa la vie monastique , et ce fut alors qu’il se fit.appeler d’un nom qui parait d’origine indienne, Pilan-oiorchi-ti. Ensuite il eut ordre de traduire tous les livres indiens relatifs à la religion ou à la morale. On lui donna, pour prix de ce travail, des appointements considérables , un titre honorable, et un sceau d’argent. A cette époque , un grand nombre d’ambassadeurs étrangers vinrent payer le tribut à l’empereur. On cite de lui plusieurs autres traits qui tous tendent à prouver sa perspicacité et la vaste étendue de ses connaissances. Aussi sa réputation alla-t-elle toujours en augmentant, et il reçut, en 1332, le sceau de pierre de iu, et le titre fastueux de Maître de l’empire pour les trois sciences mystérieuses; il étaitdouéd’un savoir universel , de lumières parfaites, d’une intelligence immense , d’un discernement sans bornes. Les livres dont on doit la traduction mongole à

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ce savant tartare, sont: 1° le Livre courir, tous les livres bouddhiques révéléàLankha(Cevlan), en sanskrit: qu'il pourrait se procurer. Il fit en-

LankAvatara; 2° l'Histoire du per- suite placer dans un temple qu'il vesonnage majestueux et souverainement nait d'élever à Fo , une grande quantité précieux; etc. dechapelets,dekia-cha,oumanteauxde

«Dans l'année 1316, un docteur du lamas, et le livre de Bouddha, inticollége des Han-lin, nommé Lteou- tulé: /’/to-yo, en langue du Thibet, et kheng, offrit à l'empereur une traduc- en caractères d'or, tion du Tai-hio, et de son graud « En 1321 , le tribunal des historiens commentaire intitulé: Yan-i. En le donna une nouvelle édition de l'hisrecevant, l'empereur dit que ce livre toire des Mongols, et, en particulier, était un répertoire d'excellents con- de celle du règne de Khoubilaï. A la seils pour ceux qui gouvernent, et or- sixième lune, l'empereur avait ordonné donna qu'on le distribuât aux ofliciers la rédaction d'un grand corps d'oude sa cour. Jin-tsoung répétait sou- vrage sur le gouvernement oe la dyvent que la parfaite connaissance de nastie des Youan (Mongols). Il fut fait notre entendement et des opérations sous le titre de La sainte science du de la nature, était ce qu'il y avait de gouvernement sous la grande dynastie plus profond dans la secte de Bouddha , Youan ( Tal youan ching tching tian). et que la philosophie morale et politi- Cet ouvrage eut soixante kiouan ou lique était la base de celle des lettrés, vres. A la même époque, on publia le L'année suivante ( 1317), il ordonna grand ouvrage de A/o-foua»-/in de PAola publication d’une nouvelle édition yang soush titre de /L'enhianthoung des livres sacrés de Bouddha , en let- khao, ou Recherches approfondies très d’or, édition pour laquelle on des monuments laissés par les saemploya trois mille neuf cents onces vants, en trois cent quarante-huit de ce métal. On ne dit pas en quelle kiouan ou livres, langue ces livres furent écrits ; mais « Ma-louan4in mit vingt ans à achel'histoire fait entendre ailleurs qu’ils ver cet ouvrage; la préfacé qu’il a étaient en caractères fan, ou sans- placée au commencement est un chefkrits. d’oeuvre de raison et de critique (*).

« Sous le règne de Yng-tsoung, la fa- Il examine et juge avec impartialité les veur du prince resta encore partagée travaux du meme genre qui ont été faits entre les lettrés et les bouddhistes; avant lui, et il expose les motifs qui aussi nous voyons publier en mongol , l’ont dirigé dans la composition de son et sous l’autorité impériale, les ou- ouvrage. Les historiens qui ont le yrages de ces deux sectes , en nombre mieux réussi à tracer le tableau des réà peu près égal. On acheva , dans le volutions qui ont causé la chute ou collège des ê/an- An, la traduction du l'élévationdesdifférentesdynastieslais- Tatrhio et de son commentaire, que sent beaucoup à désirer sur les détails l’empereur reçut en donnant de grands des événements, les faits relatifs à la éloges à la doctrine de ce livre , et qu'il littérature, à l’histoire physique, et à fit imprimer pour en faire présenta celle des mœurs et de l’administration, tous les mandarins ; mais en même Confucius se plaignait déjà du défaut temps il comblait de ses largesses les de monuments authentiques, qui l'emsectateurs de Fo. Il envoya aux bonzes péchait de connaître à fond les usages du pap de Va-sse-kia plusieurs mil- des deux dynasties de //A> et de CAono. liers d"^onces d’or et d’argent , et vingt II est donc bien important de recueillir mille kia-cha , sorte de manteaux qui et de conserver tous ceux que le temps font l’habillement ordinaire des lamas, a épargnés, et dont la substance aa Il fit partir en même temps un prêtre

nommé Tordji, qui avait le titre de (*) il en a paru une traduction tronquée maître des prières, et le chargea de et souvent peu intelligible dans le Abuvean recueillir, dans les pays qu'il allait par- journal asiatique, juillet et août i83i.

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pu entrer en entier dans les livres et dans les mémoires historiques des différentes dynasties.

•> Par ces considérations , que Matouan-lin développe dans sa préface, on juge déjà de quel intérêt doit être sa collection; mais il faut l’avoir parcourue et en avoir fait usage, pour apprécier le plan de l’auteur et le mérite de l'exécution. Sous le rapport de l'étendue, du nombre et de la diversité des matières , on ne saurait mieux comparer les Recherches approfondies qu’avec les Mémoires de l’Académiedes Inscriptions; mais on y trouve de plus un arrangement et une méthode que ne comporte pas la nature de nos collections academiques. En effet, l’auteur y a réuni, suivant l’ordre des matières, une suite d’extraits des livres les plus curieux sur toutes sortes de sujets, des mémoires, des dissertations dans lesquelles il a conservé, autant que cela lui était possible, les termes mêmes des écrivains originaux, et, par-dessus tout, la bibliographie la plus exacte et la plus étendue.

« Le mérite de ce plan est rapporté , par Ma-touan-lin , àl’auteurdu Thounq- Uan, nommé Thou-yeou , lequel écrivait au huitième siècle; quelques autres auteurs avaient déjà essayé de le remplir. Thou-yeou avait traité, dans autant de parties séparées, des contributions et des redevances des terres, des monnaies métalliques et autres moyens d’échange, de la population, de l’administration civile, de la justice, des foires et du commerce des grains, des tributs payés par chaque province , de l’emploi des fonds publics, du choix et de l’avancement des magistrats, des études et des examens, des attributions de tous les ofQciers de l'État, des sacrifices et rites solennels en l’honneur des dieux, du culte des ancêtres des différentes dynasties impériales, des rites de la cour, de la musique, de la guerre , des supplices , de la géographie, et des différentes divisions et subdivisions du territoire de l’empire, de la éographie et de l’histoire des peuples trangers; mais ce bel ouvrage unissait en 1 an 7S5. Ma-touan-lin entreprit de

le revoir, de le corriger, de l’amplifier, de le compléter pour l’espace de tempe qu’il embrassait, et de le continuer, pour toutes les parties dont il était formé, jusqu’en 1224; de sorte qu’il j enferma tout ce qui est relatiA «s différents sujets, depuis Yao et Ckm, jusqu’à la dynastie des Soung méridionaux, c’est-à-dire, depuis le vingtuatrième siècle avant J. C. jusqu’au ouzièrae siècle de notre ère.

» Non content de cet immense amas de matériaux, il y ajouta, d’après le même plan , et pour le même espace de temps, une série complète d’exh^its et de mémoires sur les livres classiques et autres , sur la succession et la généalogie des empereurs , sur l’institution des principautés et des terres féodales , sur les phénomènes célestes, et sur les singularités remarquables de toute espèce. Avec cette addition , l’ouvrage forme vingt-quatre classes, précédées d'autant de dissertations ou préfaces particulières à chaque classe, et trois cent quarante-huit livres, qui sont reliés à la manière chinoise, en cent volumes, dans les deux exemplaires que possède la Bibliothèque du roi, et qui contiennentia matièred’au moins vingt à vingt-cinq volumes in-4“ ordinaires.

« La lecture des titres de ces livres est seule un sujet d’admiration, et ins-

fiire le plus vif intérêt. Il serait trop ong de les rapporter ici , et l’on aime mieux renvoyer à la table sommaire qui en a été donnée (*). Il faut seule-

(*) Mémoires sur les livres cliinsis de b Bibliolhèque du roi , p. 48 et suiv. , el Mélanges asiatiques,!. U, p. 486. Nous pensoai que le lecteur verra ici avec plaisir celle table sommaire :

I™ sacrios. Du partage des terres eide leur produit sous les différentes dynasties, 7 livres.

2*. Dos monnaies , soit métalliques, soit fictives, des papiers-monnaies, etc., 2 Unes.

3”. De la population et de ses variationi, 2 livres.

4*. De l’administration , a livres.

5*. Des péages et des douanes, et en gé néral de tous les droits que l’on perçoit pour les lacs et étangs poissonneux , les

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ment observer que l'arrangement des matières n’est pas le seul auquel l’auteur se soit attaché, et qu’il ne suit pas avec moins de rigueur l'ordre des temps pour toutes les parties ; de sorte qu’on est certain de trouver, sous chaque matière, les faits qui y sont relatifs, disposés chronologiquement, suivant l’ordre des dynasties et des règnes,

planlations de Ihé , les salines , les inini'S et les usines , ainsi qu'aux barrières, foires, eic. , 6 livres.

6°. Du commerce et des échanges , s livres.

7*. Des impositions territoriales, ou tiibiils sur les terres, i livre.

8'. Des dépenses de l'État , 5 livres.

9*. De l’élévaliou aux charges , et du rang des magistrats, la livres.

lo*. Des éludes et des examens des lettrés, 7 livres.

II*. Des fonctions des magistrats, ai liv.

la*. Des sacrifices, a 3 livres.

i3‘. Des temples, des ancêtres, i5 livres.

i4*. Du cérémonial de la cour, aa livres.

i5v. De la musique, i5 livres.

i6*. De la guerre, i3 livres.

17*. Des châtiments et des supplices, la livres.

i3*. Des livres classiques et autres, -fi livres.

Nota. L'étendue de cette section vient de ce qu'on y a fait entrer l'analyse d'une foule de traités curieux sur toutes sortes de sujets et d'ouvrages de toutes les sectes : c’est une véritable histoire littéraire.

19'. De la chronologie des empereurs et de la généalogie des familles qui ont possédé le trône, 10 livres.

ao*. Des principautés tributaires et des fiefs érigés sous les différentes dynasties , 1 8 livres.

ai*. Des corps célestes et de leurs accidents , comme les éclipses , les conjonctions, etc., 17 livres.

aa*. Des prodiges et des calamités, comme les inondations , les incendies, les tremblements de terre , les aérolithes , les pluies de sauterelles, etc., ao livres.

a 3*. De la géographie de la Chine et de toutes les divisions de l'empire, aux différentes époques de la monarchie , ao livres.

a4* et dernière section. De la géographie étrangère, et de tous les peuples qui ont été connus des Chinois , aS livres. En tout 348 livres, distribués en 100 volumes.

année par année et jour par jour. On ne peut se lasser d'adtnirer l’immensité des recherches qu’il a fallu à l’atttair pour recueillir tous ces matériaux, la sagacité qu’il a mise à les classer, la clarté et la précision avec lesquelles il a su présenter cette multitude d’objets dans tout leur jour. On peut dire que cet excellent ouvrage vaut à lui seul toute une bibliothèque, et que, quand la littérature chinoise n’en offrirait pas d’autres, il vaudrait la peine que l’on apprft le chinois pour le lire. Ce n’est pas la Chine seule qu’on apprendrait à y bien connaître, mais une très-grande partie de l’Asie, sous tous les rapports les plus importants, et dans tout ce qui est relatif aux religions , à la législation , à l'économie rurale et politique , au commerce, à l’agriculture, à l’nistoire naturelle, à l’histoire, à la géographie physique et à l’ethnogra^ie.

On n’a qu’â choisir le sujet qu’on veut étudier, et traduire ce qu’en dit Matouan-lin; tous les faits sont rapportés et classés , toutes les sources indiquées , toutes les autorités citées et discutées; ce sont autant de dissertations toutes faites qu’il sufQt de faire passer dans nos langues européennes, et avec lesquelles on peut s’épargner bien des recherches et se donner, si l’on veut, un grand air d’érudition.

« On peut juger de l’importance des mémoires qui sont contenus dans les Recherches approfondies, par divers échantillons qui en ont été tirés. Ce livre est un de ceux sur lesquels le petit nombre d’Européens qui se sont occupés de la Chine ont le plus travaille. Visdelou y a pris les notices sur différents peuplés oe la Tartarie, lesquelles font partie du Supplément à la £ü)liothèque orientale de d’Herbelot , et c’est aussi l’ouvrage qui a fourni à de Guignes le plus grand nombre des matériaux qu’il a mis en œuvre dans son Histoire des Huns. On a tiré de la même source le catalogue des comètes observées à la Chine, que Pingre a inséré dans s&Cométoqraphie , celui des bolides et des aérolithes (*); les frag-

(') Journal de physique de mai 1819, et Mélanges asiatiques , t. I , p. 184.

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menU de géographie et d’etlinographie contenus dans le premier volume de ce recueil même (‘), et beaucoup d’autres documents précieux. Les missionnaires les plus instruits y ont puisé abondamment, et quelques-uns, tels que le P. Cibot, se sont procuré l’apparence d’une lecture prodigieuse en tait de livres chinois, seulement en rapportant les noms des auteurs et les titres des ouvrages que cite Ma-touanlin, et en oubliant de le nommer; de sorte qu’à vrai dire, c’est à ce lettré seul qu’on doit rapporter l’origine de la plupart des connaissances positives qu^on possède en Europe sur l'antiquité ctiinoise; et l’on ne saurait trop regretter ou’au lieu de tant de recherches mal dirigées, entreprises par des écrivains malhabiles, de tant de compilations, où les notions les plus oiseuses sont répétées jusqu’à satiété, de tant de relations insigniflantes, telles que sont la plupart de celles qui ont la Chine pour objet, on ne se soit pas encore occupé d’exploiter cette mine précieuse, ou toutes les questions qui peuvent concerner l’Asie orientale trouveraient les réponses les plus satisfaisantes ((*) ** (***)).

«L’année 132b vit paraître leTraité des Institutions de la dynastie Youan (**), intitulé Tdi-youan-thoung-tchi, en deux mille cinq cent trente-neuf articles, compris sous trois chefs. La première partie contenait les sentences et arrêts ; la seconde , les lois et règlements; et la troisième, les décrets et ordonnances. Quelques mois après on publia le rituel impérial ou le recueil de toutes les cérémonies en usage sous la dynastie des Youan. L’empereur voulût aussi qu’il y eût dans tout l’empire des bonzes chargés de réciter les cent mille classes de prières usitées dans leur culte.

« On remarque , comme une chose contraire à l’usage, que Yesoun-temour, à son avènement, publia dans

(*) Nouveaux mélanges asiatiques, t. II.

(**) M. Abel Rémusat,ViedeMa-louan-lin.

(***) Le même. Recherches sur les langues tartares , t. I , p. aog.

tout l’empire un manifeste eu langue mongole. L’année 1324 , il fit traduire en cette langue le recueil des institutions et des instructions des anciens , ainsi que celui des institutions de sa dynastie. Ces ouvrages furent, comme à l’ordinaire, imprimés et distribués aux mandarins. On ouvrit devant l’empereur une de ces conférences littéraires, que les Chinois nomment Kingyan, et où les hommes les plus instruits sont admis à discuter les endroits les plus difficiles des livres classiques. Une assemblée pareille eut lieu l’année suivante.

« L’empereur Wen-Ucnmg rendit son règne recommandable aux yeux des lettrés, en instituant, aussitôt après son avènement, un nouveau tribunal sous le titre de Kouel-tchangko, dans les attributions du collège des Han-Un. Les lettrés qui y étaient admis avaient pour fonction d’expliquer les King et les livres historiques, et d’examiner les ouvrages soumis à leur approbation. L’édifice qu’on assigna à ce tribunal était composé de trois corps de logis : un au midi, pour les livres, les peintures et les objets d’antiquité qu’on y devait réunir ; un au milieu pour les mandarins, et le dernier au nord, où se trouvait le trône impérial , et où le prince pouvait se placer pour y donner les leçons que les Chinois regardent comme rexerace d’une des prérogatives du pouvoir suprême. Un des premiers travaux dont fVen-Uoung chargea cette académie naissante, fut la rédaction d’un ouvrage sur les Mongols , d’après le modèle de ceux qu’on avait déjà pour les dynasties des Tchang et des Soung.

On ne laissait ps en même temps de continuer les travaux dont les livres sacrés des Bouddhistes étaient l’objet.

On mit au jour vingt-sept volumes de théologie, et l’on fit passer dans la ville de Hang-tchcou deux mille onces d’or pour y être employées à écrire les livres de Fo.

« En 1331, on acheva la composition des annales du règne de l’empereur Y^-tsoung. En 1332, les savants du tribunal Koueî-fehang-ko demandé-

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rent qu’on leur coramuniwât, du collège des Han-Un. et du tribunal des historiens, les mémoires secrets recueillis pour servir de matériaux aux annales de la dynastie présente. L’un des principaux docteurs et historiens, nommé ya-bmga, s’y opposa, en déclarant que ces mémoires devaient rester secrets, et qu’il était impossible de les mêler avec les ouvrages historimies des auteurs étrangers au tribunal. A la même époque, un décret de l’empereur ordonna que l’on écrirait en lettres d’or et en caractères ouigours un livre bouddhique en mille sections sur la kmgévité de Bouddha , ainsi qu’un autre ouvrage de théologie intitulé la Gratide histoire. En 1333, on traduisit en mongol le code de la dynastie des Thang, et l’édition fut distribuée aux mandarins. Il en avait déjà été fait une traduction sous le règne de Jin-isoung.

« Le règne du dernier empereur mongol fut troublé par trop de révoltes, et l’attention du gouvernement distraite par trop de soins étrangers aux lettres , pour que nous puissions espérer de recueillir dans les annales de cette époque beaucoup de faits de la nature de ceux qui attirent en ce moment notre attention. Cependant Chun-ti, en 1335, chargea le collège des Han-Un de composer une histoire des Mongols et des autres dynasties , en y joignant les vies des reines et des im^ratrices, celles des hommes célèbres , et tout ce que l’on pourrait réunir de l’histoire clés peuples étrangers. A la fln de la même année on acheva la reconstruction du collège impérial mongol.

« En 1345, l’histoire des dynasties Soung, Liao et Kin fut achevée, et l’empereur, en la recevant, adressa aux mandarins un discours sur les avantages que les princes et les sujets peuvent se procurer chacun de leur côté en étudiant les actions des hommes et les annales des temps passés.

On termina aussi le code des Mongols.

L’année suivante, l’empereur enjoignit à tous les grands de sa cour, aux magistrats et ofliciers de toute espèce, ‘iô’ IJeraison. (Chine.'

de s'appliquer à faire chaque jour une explication tirée des A'tnÿ ou clés livres historiques. En 1347 on lit par ordre de Chun-ti une collection de jurisprudence, intitulée : I.ou thiao cning loul, ou Collection sur l’administration d'après les six codes. En 1350, les arrêts de la cour suprême, nommée Li-pou, s’étant beaucoup multiplies, on lit un choix de ceux qui devaient avoir force de lois, et on les publia avec des commentaires destinés à en faire saisir l’esprit. »

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