ADOPTION DE L’ANCIEN CÉRÉMONIAI
Les maîtres des rites et des cérémonies présentèrent une requête à l’empereur, la seconde lune de la première année de son règne (13CS), par laquelle , après avoir dit que , n’ayant rien trouve de plus auguste que les cérémonies qui avaient lieu sous les anciens souverains de la monarchie, c’est à ces cérémonies qu’ils avaient cru devoir s’en tenir; ils ajoutaient qu’ils suppliaient Sa Majesté de fixer
CHINE
par son autorité que le sacrifice du solstice d’hiver s’offirirait sui: un autel rond, et celui du solstice d’été, sur un autel carré; qu’on remettrait en vigueur l’usage des sacrifices des quatre mers et dîes cinq montagnes (fîtes yo : qu’à chacune des quatre saisons de l’année , l’empereur sacrifierait dans les chapelles particulières où sont les tablettes de ceux de sa dynastie, et qu’à la fin de l’année il ferait le sacrifice ou les cérémonies respectueuses dans le Tal-miao, temple ru^éme, en l'honneur de tous les ancêtres en général ; enfin que deux fois l’année il y aurait un sacrifice solennel en l’honneur des esprits de la terre ; l’un au printemps et l’autre en automne.
L’empereur mit à ces différents articles et aux autres qu’on lui présenta , le sceau de son approbation « pour achever d’ôter de 1 esprit des peuples jusqu’au souvenir de la dynastie sur les débris de laquelle il établissait la sienne. > Il porta un édit par lequel il obligeait tous ses sujets à s’habiller entièrement à la chinoise, comme on s’habillait sons le règne de la dynastie des Thang.
A la quatrième lune de la même année, il ordonna que l’on ferait un précis historique de la vie de tous ceux qui , depuis l'antiquité la ^lus reculée jusqu’à lui, s’étaient distingués dans quelque genre. Il voulut qu’on y ajoutât leurs portraits. Il onfonna encore que l’on mettrait en tableaux toute rhistoire de sa vie, en la prenant depuis son obscure naissance jusqu’au jour où il fut solennellement proclamé empereur. « Ne croyez pas, dit-il aux personnes de sa cour, que l'ordre que je viens de donner de peindre toute l'histoire de ma vie, m’ait été inspiré par la vanité. Je ne suis originairement qu’un homme de la campagne, que le simple fils d’un laboureur. Mon ]^re et mes ancêtres n’avaient pour tout bien que beaucoup de vertus, et c’est leur vertu que le ciel a récompensée dans ma personne, en me donnant l’empire. Ainsi je n’ai aucun sujet particulier de m’enorgueillir; je veux, en faisant peindre l’histoire ne toute
ma vie, laisser à la postérité un monument de l’obscurité de son origine, et un souvenir toujoura présent de ce qu’il m'en a coûté <fe peines et de travaux pour parvenir enfin jusqu’au terme où je suis arrivé. Je compte (ju’elie en fera son profit; du moins, c^est mon intention (*). »
On a dit précédemment que le nouvel empereur qui avait détrôné la dynastie mongole, avait fait démolir les palais somptueux que les empereurs mongols avaient fait construire à Péking, et avait fait remplacer par des ornements de cuivre les figures d’or et d’argent qui étaient prodiguées partout; il fit plus, il ordonna que tout cet or et cet ar^nt, ainsi que les pierreries et les étoffes précieuses, seraient déposés dans le trésor public pour être employés aux besoins de l’État et au soulagement du peuple; en outre, il permit à toutes les femmes qui se trouvèrent dans le palais impérial , lorsque la ville fut prise, de se retirer ebéz leurs parents, ou de prendre tel autre parti qu’elles jugeraient à propos.
L’ordre qu'il avait donné de mettre dans le trésor public tout ce qui serait trouvé de précieux dans le palais ne fut pas exécuté à la rigueur; on avait cru devoir laisser les chars, où il v avait des ornements d’or, tels qu’ils étaient. L’empereur fit ôter l’or et mettre du cuivre en place. On avait cru devoir conserver encore une machine trèscurieuse et très-riche , qui représentait des hommes battant les veilles de la nuit(“) au temps précis, suivant les différentes saisons, et exécutant plusieurs autres mouvements par le moyen de quelques ressorts qui étaient caiinés dans son intérieur, le tout enrichi d'or et de pierreries. On pria l’empereur de conserver cette machine en faveur de sa singularité et de sa beauté. L’empereur l’examina avec beaucoup d’attention; puis, se tournant vers les Mrsonnes de sa suite, il leur dit : • Cest pour avoir aimé de pareilles bagatelles que le dernier empereur des Youan a
(*) Amiol , lieu rilc.
('*) Yof. p. 3:5.
L’ UNI VERS
iicgdgé le soin du guuvernenient et iterdu l’empire; c’est pour pouvoir les lui procurer que les mandarins ont épuisé la substance du peuple. Qu’on détruise cette machine inutile, et que les matériaux en soient déposés dans le trésor public. »