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içrevez, disent-ils, le peuple, vous opprimez vos sujets, TOUS en faites les malheureuses victimes de vos caprices.
J a discrétion, ou plutôt le respect que je vous dois, me défend d’entrer dans un plus grand détail. Ce peu de mots vous fera comprendre le reste. Rien de ce que vous faites , rien de ce que vous dites n’est à leur gré; et leur accusation ordinaire est que ce n’est pas ainsi que se conduisaient les sages emreurs des dynasties qui ont précédé vôtre.
< De pareils discours, répétés sans cesse , éteignent dans le cœur de vos sujets toute affection pour vous. Ce sont des semences de révolte qui germent insensiblement, qui poussent de profondes racines , et qui ne tarderont pas, si vous n’y mettez bon ordre, de prendre tout leur accroissement au dehors.
< Les lettrés forment dans l’empire une classe d’hommes à part. Pleins d’eux-mémes et infatués de leur prétendu mérite , ils ne voient de bien que ce qui se fait conformément à leurs idées; ils ne voient le beau que dans des usages surannés , que dans des cérémonies antiques, qui ne peuvent avoir lieu de nos jours ; ils ne trouvent (le véritablement utile (]ue cette vaine science qui les élève si fort à leurs propres yeux, et qui, dans la réalité, les rend inutiles a tout le reste du genre humain.
« Oserais-je, seigneur, vous proposer ici sans détour ce qu’il me parait que vous devriez faire? Les voies de douceur et de condescendance n’ont rien pu produire jusqu'ici sur l’esprit de ces hommes impatients du joug :
tous les égards que l’on a eus pour eux leur ayant persuadé qu’ils étaient redoutables, ils n’en sont devenus que plus insolents. Essayons d’autres moyens, ou plutôt, prenons, de tous les moyens , celui qui est le seul efficace , pour couper jusqu’à sa racine un mal qui serait bientôt incurable si on ne se hâtait d’y remédier.
« Ce sont les livres qui inspirent à nos orgueilleux lettrés les sentiments dont ils se glorifient; ôtons-leur les